Petit préambule nécessaire...
La photographie du ciel, au delà de notre environnement direct comme les nuages et les phénomènes météorologiques
ne se pratique pas de la même façon que pour nos sujets bien terrestres. Les images qui suivent ont donc été obtenues au moyen de techniques bien spécifiques,
telles des caméras électroniques plus spécialisées, courantes en astrophoto.
L'opportunité de participer à des associations disposant du matériel que je n'aurais pu acquérir facilement, ou à des missions entre amateurs dans des observatoires avec du matériel de niveau professionnel, tout cela m'a ouvert l'accès à une forme d'imagerie particulière tout en me permettant de continuer à assouvir ma passion pour l'observation du ciel .
Certaines des images présentées ici sont souvent le résultat de compositages de prises de vues réalisées au moyen d'une petite webcam Philips, la Vesta Pro, qui a eu son heure de gloire chez les astronomes amateurs.
Il s'agit aussi parfois d'un travail collectif, ce ne sont pas toujours des images dont j'ai l'exclusivité (auquel cas ce sera signalé !), car réalisées en groupe, souvent à l'observatoire du Pic de Châteaurenard, à Saint Véran (Hautes Alpes). Ainsi ces images sont elles signées également 'Astroqueyras' !
Enfin, comme vous le constaterez, l'utilisation d'un petit appareil maintenant totalement dépassé tel le Coolpix 4300 Nikon permet en astrophoto de faire un certain nombre de choses, vous verrez qu'on peut en tirer de belles images du ciel nocturne... Bonne balade céleste !
Mes images astro...
Système solaire
Le système solaire est un sujet très vaste en lui même pour qui s'intéresse aux corps célestes qui perturbent l'apparente (et fausse) immuabilité du ciel nocturne.
Et le premier de tous les acteurs de la voute céleste qui peut nous intéresser, c'est bien celui grâce à qui le photographe doit tous car il dispense la lumière donc ce dernier a absolument besoin pour produire ses oeuvres... et bien qu'il ne soit par définition pas un astre nocturne, le Soleil est l'un des astres les plus faciles à observer avec quelques précautions simples mais indispensables pour préserver sa vue et son matériel.
La Lune et les phénomènes situés à l'interface atmosphère - espace que sont les étoiles filantes représentent les premiers objets, car les plus évidents et les plus accessibles comme vous le verrez dans les lignes qui suivent.
Viennent alors les planètes et les comètes qui peuvent exiger des moyens plus spécialisés pour l'observation et la prise de vue, mais avec lesquels là encore, nombre de belles choses peuvent être faites sans avoir à sa disposition de matériel très lourd.
Le Soleil
Retour aux images 'webcam'... Ici est présenté le résultat d'un compositage de plusieurs images Vesta pro au foyer d'un télescope de 250 mm.
Quelques artefacts dûs à des dépôts de poussières sur le capteur sont visibles... Voila ce qui arrive quand on oublie de faire un flat !
La Lune
Cette image est le résultat d'un compositage réalisé avec Iris. L'idée de départ a été d'utiliser une webcam Vesta pro Philips montée au foyer d'un téléobjectif de 300 mm avec doubleur de focale. En absence d'entrainement, la vidéo obtenue a été traitée avec regitax pour aligner les cadres vidéo de manière à produire trois images en bande, orientées selon le sens de la rotation terrestre.
Comme quoi, il n'est pas absolument nécessaire de disposer d'un matériel lourd et couteux pour réussir quelques images simples ;)
Chapelet réalisé au moyen d'une webcam Vesta Pro philips. Vidéos traitées avec Registax puis chapelet composé sous Photoshop, une nouvelle fois.
Là aussi, les nuages sont venus jouer à cache-cache avec la Lune, qui a perdu la partie, finalement !
Chapelet réalisé au moyen d'une webcam Vesta Pro philips. Les vidéos ont été traitées avec Registax puis le chapelet composé sous Photoshop
Les nuages sont venus interrompre cette belle soirée au milieu des festivitées... Dommage.
Chapelet réalisé au moyen de mon Coolpix 4300. Comme quoi il n'est pas nécessaire de disposer d'un matériel lourd et couteux pour réussir ce genre d'image.
Chaque vue hors phase de totalité n'a demandé qu'une pose de 1/500 sec à 100 ISO, 24 mm pleine ouverture. Pour la totalité, le temps de pose a grimpé à 2 sec. C'est tout!
Post traitement sous GIMP 2.2 (réalisation du chapelet).
S'il est bien un phénomène qui permette de comprendre de la Lune est une boule et non un disque, c'est bien le changement de ses phases au cours de sa révolution autour de la Terre... Et s'il en est un autre qui montre que la Lune est bien une boule et non un croissant, c'est bien l'observation de la lumière cendrée !
La Terre est éclairée par le Soleil et elle est très brillante grâce à la présence de ses mers et ses nuages : elle réfléchi une grande part de la lumière reçue. Et comme elle est brillante, elle illumine la partie nocturne de la boule qu'est la Lune : moins fortement que ne le fait le Soleil du côté qu'elle expose aux rayonnements de notre étoile, mais tout de même suffisamment pour que même l'oeil la perçoive déjà au crépuscule.
Chapelet d'images réalisé autour du début de la phase de totalité de l'éclipse en seconde partie de nuit.
Il s'agit d'un montage de 7 images finales sélectionnées parmis plusieurs dizaines obtenues avec un téléobjectif de 300 mm sur Nikon D300. Comme pour la plupart des images de ce type sur cette page, aucun suivi du déplacement de la voute céleste n'a été requis.
Les planètes
Compositages d'images acquisent au foyer du T620 du pic de Châteaurenard de Saint Véran (04) lors d'une mission avec Cassini-Astronomie, au moyen de la webcam ToUCam Philips, la grande soeur de la Vesta pro. Compositage avec le logiciel Registax et post-traitement Iris. Cette opposition exceptionnelle eu lieu le 28 août 2003, alors que la planète ne se trouvait qu'à 55,9 millions de kilomètres de nous. Son diamètre apparent de plus de 25 secondes d'arc nous permis de faire, grâce à de bonnes conditions d'observation, quelques belles images et vidéos à la webcam.
- La même année, quelques jours après l'opposition martienne, ce fut au tour de Saturne de tomber sur notre caméra. Image réalisée exactement de la même manière que pour Mars !
La tentative fut également faite sur Uranus à la fin de cette même scéance, mais le résultat fut moins probant, cette planète présentant moins de détails facilement identifiables...
- De nouvelles captures réalisées le 16 mars 2004. Au foyer d'un Meade 254 mm et traitement des vidéos au moyen des logiciels registax puis iris.
- Ce chapelet d'images retrace un bref historique de ce transit. Il s'agit là encore d'images réalisées à partir de vidéos webcam traitées avec registax, puis Gimp. Vous pouvez aussi visionner cette vidéo (vidéo DivX 5, 1,28 Mo), prise peu de temps avant le quatrième contact et montrant les effets liés à la turbulence produite par le passage d'un avion de ligne devant le champ du télescope ! C'est impressionnant, et très pédagogique je trouve...
C'est un beau rapprochement qui se produit cette mi janvier, alors que la comète ZTF vient lentement mais reste encore inaccessible à mes moyens de prise de vue. Histoire de patienter avant l'arrivée de la comète, Mars s'invite dans le voisinage des Pléïades. C'est aussi l'occasion pour moi de voir si les nébulosités du joyau du Taureau peuvent imprimer le capteur de mon boitier malgré la pollution lumineuse due à Paris.
Pari réussi pour ce premier essai avec le D300 Nikon + Tamron 90 mm, et tout ça sans suivi ! Mars reste bien sûr un point (enfin, je devrais plutôt dire une tâche ici) très brillante, mais les voiles bleutés autour des principales étoiles de Pléïades sont nettement visibles. Vue la qualité du ciel nocturne à 40 km de Paris, je ne m'attendais pas à ce que ce soit si "facile"...
Difficile bien sûr de ne pas enchainer le même soir sur un champ un peu plus large, au 50 mm... Une préparation avant l'arrivée de la comète ZTF en somme, et également une façon de figer un beau panorama entre tous les amas ouverts visibles sur cette petite région du ciel.
Les comètes
La comète ZTF était annoncée comme un bel astre à observer dès le mois de janvier 2023. La météo en aura décidé autrement pour ma part, le ciel étant bouché sur l'Ile de France pendant toute la période la plus favorable à son observation.
Mais pendant le mois de février s'ouvre enfin une fenêtre de ciel dégagé d'une quinzaine de nuits, malheureusement pas toujours consécutives, mais suffisantes pour me permettre de suivre ZTF dans son déplacement entre les constallation du Cocher et du Taureau
Je parviens ainsi à l'immortaliser la nuit du 5 alors qu'elle passe à l'ouest de Capella, belle nébulosité d'un vert marqué dont le déplacement sera tout à fait perceptible tout au long de l'heure de prise de vue, comme en témoigne à droite la composition alignée sur la comète.
(prise de vue Nikon D300, tamron 90 mm)
La nuit suivante, le 6 février, on constate aisément son déplacement en direction du Taureau (à gauche, vue au 50 mm)
La nuit du 12 au 13 voit la comète ZTF mleinement entrée cette fois ci dans la constellation du Taureau. Elle offre sur ce champ éleste l'opportunité d'une très belle image car le ciel est très riche sur cette région. Outre les Hyades et le Pleïades dont on commence à voir les nébulosités malgré le ciel pollué par les lumières de Paris au nord, deux amas ouverts NGC1647 et 1746 sur la gauche de l'image, ou encore la nébuleuse obscure B22 en haut sont bien visibles.
Enfin une nouvelle fenêtre m'est offerte le 13 février au soir alors que ZTF approche des Hyades et frôle l'amas ouvert NGC1647. Je décide de serrer un peu le champ avec le 90 mm Tamron pour profiter de ces rapprochements au mieux.
La comète Neowise est l'une des plus belles visiteuses accessibles aux observateurs de l'hémisphère nord que l'on ait eu cette dernière décennie. Bien visible à l'oeil nu et très étendue, elle était bien visible même dans des conditions d'observation assez peu favorables comme ce fut le cas ce 19 juillet alors que je me trouvais à proximité de la frontière espagnole côté basque.
Malgré la pollution lumineuse proche de Hendaye, de Saint Jean de Luz ou encore plus directement de Urrugne, la comète était déjà bien lisible sur le ciel même sur une unique pose comme c'est le cas des images présentées ici.
Les deux premières permettent ainsi d'apprécier l'éclat de l'astre, d'un éclat comparable voire surpassant celui de nombreuses étoiles autour. Rien besoin d'autre pour l'immortaliser qu'un simple 50 mm, avec un recadrage sur la seconde.
La vue au 18 mm en dessous donne une très bonne idée de ce à quoi ressemblait le ciel, avec les principales étoiles de la Grande Ourse en haut et le Lynx juste sur l'horizon.
A noter que cette belle comète m'a également donné une magnifique occasion une fois de retour chez moi, grâce à l'arrivée des nuages noctulescents... A voir dans la rubrique Nightscapes un peu plus bas...
Saurez-vous trouver cette comète Lovejoy dans cette image ? Sa teinte verdâtre devrait permettre de la localiser sans trop de difficulté... Sinon, ce petit gif animé permet de localiser la comète grâce à son déplacement par rapport aux étoiles environnantes. La qualité du ciel en Ile de France ne permet pas toujours de faire de belles images nocturnes de comètes lorsqu'on à pas de gros moyens d'observation.
le compositage cumulatif par somme a cependant donné les meilleurs résultats en terme de rendu final et c'est cette version qui est présentée ici, obtenue avec ...
C'est une belle visiteuse céleste qui revient après 5 ans nous rendre une nouvelle visite dans le ciel nocturne, et j'aurai enfin la possibilité de la photographier fin décembre 2018.
Elle apparait dans ces trois vues, tâches nébuleuse verdâtre perdue proche du centre des images toutes résultantes de compositages médians de photographies prises au 50 mm (encore une fois en suivi manuel sur un trépied photo classique), sous forme d'une tâche nébuleuse verdâtre au noyau brillant.
Deux comètes facilement observables la même année ! 2013 fut pour ma part hors norme sur ce plan. La comète ISON fut certes moins spectaculaire que ne le fut Panstarrs et il est vrai qu'elle est plus difficile à trouver, légèrement au dessus du centre de l'image.
L'image présentée ici correspond de nouveau à un compositage par somme de plusieurs photographies réalisées au 50 mm, sans aucun suivi automatique... tout à la main, comme quoi, il n'est vraiment pas nécessaire d'avoir de matériel couteux pour réussir des images tout de même sympathiques du ciel nocturne.
Je n'avais encore jamais eu l'occasion en presque 30 ans d'observation du ciel nocturne d'observer une aussi belle comète. Même la comète de Halley en 1986 ne m'a pas marqué autant, avec le souvenir d'un astre très faiblement visible à l'oeil nu.
Cette vue de gauche a été prise avec un objectif de 70 mm monté sur un Nikon D200, elle permet de bien se faire une idée de ce à quoi ressemble un tel astre à l'oeil nu, bien visible alors que le crépuscule ne fait que débuter et que les étoiles visibles sont encore rares.
A droite, un compositage médian de plusieurs images prises au 300 mm le même soir. La grande queue de gaz est étendue et bien visible, malgré le fond de ciel encore lumineux peu après 21h, et dépasse sans doute allègrement en dimension le diamètre de la Lune.
Ciel profond
Détail d'une image réalisée en 2002 lors d'une mission entre amateurs de l'association Cassini-Astronomie de Villeneuve saint Georges (94), à l'observatoire du pic de Châteaurenard de Saint Véran (04).
La prise de vue fut réalisée en utilisant la méthode de drift-scan, qui consiste à lire le capteur à une cadence régulière pendant que le ciel défile devant. La caméra travaille donc un peu comme un scanner de bureau, ce qui est très avantageux puisque ne nécessitant aucun suivi pour compenser le mouvement de rotation terrestre ! L'image résulte de l'assemblage de 3 bandes drift scan réalisées avec une caméra CCD SBig ST8 sous contrôle du logiciel WinScan, au foyer du T620 de l'observatoire. Ceci pour les 3 couleurs rouge, vert et bleu... Le compositage a été fait sous Iris, l'excellent logiciel de traitement d'images astronomiques de Christian BUIL. Au final, le champ capturé était beaucoups plus important, cette image n'en est qu'une petite partie !
Une image drift-scan, une fois de plus, réalisée dans une zone de la voute céleste qui permet de bien exploiter cette méthode de prise de vue, puisque le centre de la Voie Lactée est truffée d'objets divers, amas globulaires, nébuleuses gazeuses et même galaxies !
Il s'agit ici du compositage médian de 3 bandes noir et blanc : traitement Iris. De nouveau une image réalisée lors d'une mission entre amateurs de l'association Cassini-Astronomie de Villeneuve saint Georges (94), à l'observatoire du pic de Châteaurenard de Saint Véran (04).
Une image réalisée en drift-scan (en bas) au moyen de la caméra SBig ST8 d'Astroqueyras, placée au foyer du T620 et sous contrôle du logiciel WinScan.
3 bandes en scan pour chaque couleurs ont été compositées.
Image réalisée au moyen d'une caméra CCD Audine placée au foyer d'un télescope Meade de 254 mm.
3 images furent capturées en drift scan, celle présentée ici consiste en un compositage médian de ces 3 prises initiales, réalisé sous Iris.
La démonstration que les systèmes d'imagerie pilotés à distance via l'internet fonctionnent plutôt bien ! Cette image correspond au compositage de plusieurs images sources obtenues via le IRO telescope basé dans l'état de l'Iowa au Etats-unis.
A l'époque, il s'agissait d'un 300 mm équipé d'une caméra CCD SBig ST8. Traitement Iris.
C'est l'une des plus célèbres régions du ciel d'hiver, impossible de passer à côté pour quelque observateur que ce soit... L'idée était ici de me faire une idée de ce qu'il était possible de faire dans un environnement urbain proche, puisque la constellation d'Orion se trouvait alors juste au dessus de Montélimar, les images brutes ayant été prises depuis les hauteurs de Rochemaure (07).
Les images brutes prises au 90 mm avec un D300 Nikon furent donc assemblées avec le logiciel Siril. Le résultat fut au final bien supérieur à ce que j'imaginais car outre l'ensemble des nébulosités environnant M42, la nébuleuse de la Flamme (nord est de IC434, connue sous le nom de tête de cheval) est bien visible, juste sous Alnitak, l'étoile la plus basse dans l'image du baudrier.
A noter que l'original semble aussi présenter les lueurs rougeâtres beaucoup plus faible de cette tête de cheval, mais le niveau lumineux est trop faible pour être visible après compression jpeg. Ces objets semblent cependant accessibles avec de petits moyens en astrophographie même dans une zone de pollution lumineuse assez conséquente.
Nightscapes
Voici une discipline photographique à laquelle je me suis encore très peu consacré. Non pas qu'elle ne présente aucun intérêt à mes yeux, bien au contraire
mais les choix que j'ai fais en matière de sujets photographiques m'ont éloigné de ceux très directement accessibles dans les paysages nocturnes.
Mon environnement quotidien, en pein centre de l'Essonne, ne se prête malheureusement pas franchement à cet exercice, car il y a peu de sujets esthétiquement facilement exploitables à proximité de la Beauce.
La comète C/2020 F3 Neowise a eu le bon goût de nous approcher en plein mois de juillet, la meilleure période sous nos latitudes pour observer ces magnifiques nuages noctulescents qui viennent régulièrement l'été peupler la haute atmosphère.
Images réalisées au téléobjectif avec un D200 et un D300 Nikon peu avant l'aube.
Un time-lapse réalisé au matin du 20 juillet depuis Cheptainville.
Le ciel en lui même suffit parfois à remplir une image nocturne dans un paysage peu flateur, comme ce fut le cas lors de cette prise de vue réalisée la nuit du 14 décembre 2014 pour une observation des Quadrantides.
L'étoile filante visible en haut à gauche n'est d'ailleurs visiblement pas issue de cet essaim, et la proximité de Paris dont le halo lumineux était cette nuit-là fortement atténué par le brouillard est tout de même bien visible sur cette pose de plus de 2 minutes réalisée avec un objectif grand angle.
Cette vue a été prise à quelques kilomètres à l'ouest de Toury (45), dans l'un des rares et derniers endroits où un ciel encore relativement noir persiste côté sud de l'Ile de France.