Un autre point de vue...


Après l'usage du Coolpix 4300 pour les chasses aux orages de ce début d'année 2007, le Nikon D70s, avec son objectif Nikkor 18-70 arrivent enfin !
Il y a donc énormément de changement dans mon 'travail' de photographe amateur. Ma [petite] habitude du reflex (grâce à l'utilisation occasionnelle d'un vieux Zenith EM) va m'aider beaucoup dans mes débuts, aidé par une prise en main plutôt facile.
La plupart des images qui suivront donc dans ces pages sont donc réalisées avec ce matériel : la différence ? Je vous laisse juger en images... C'est nécessairement perfectible et donc loin d'être parfait (merci monsieur de La Palice ;) ), mais je suis rapidement surpris par la facilité avec laquelle je parviens à maitriser les principales commandes et fonctions de la bête. Aussi, ma saison et mes chasses prennent une autre tournure.

Ainsi, 'Ciel ! ma Nature !', initialement dédié à la photographie au Coolpix 4300, subit une profonde mutation, et il me faut remanier le site, dont la philosophie première va devoir être partiellement revue !





Ciels de traine des 15 et 17 juin - Cheptainville (91)



Une fois de plus c'est au retour du travail que le ciel décide de se donner en spectacle ce 15 juin. Une traine active suivant une perturbation dans un flux modéré de sud-ouest va produire un petit orage faiblement électrique.
De belles enclumes se succédèrent, avec des contrastes dignes des lumières de giboulées...



Une autre traine un peu moins active sur l'Essonne suivi 2 jours plus tard et délivra aux lumières du couchant une vision féérique des mammas pendant sous une vaste enclume lointaine.


Traque aux orages nocturnes dans le sancerrois (18) - nuit du 13 au 14 juin

Cette séance commence en fin d'après-midi, alors que j'arrive chez moi en tentant de passer entre les gouttes ! Un premier petit orage vient d'abord me chatouiller, arrivant par le sud-est. Le temps de filer dans le pré dernière chez moi...



... puis de contacter quelques amis traqueurs du coin ! Les modèles sont favorables, je pars finalement pour la Beauce chartraine rejoindre un petit groupe de collègues assoiffés de foudre et de tonnerre, et alors qu'une situation prometteuse d'orages frontaux se mettait en place sur la moitié ouest de la France, ce fut dans le sancerrois que la nuit se poursuivi. Une séance en groupe (6 personnes y participèrent), qui commença difficilement avec l'impossibilité de trouver un point de vue intéressant pour photographier les premières cellules orageuses alors que nous étions à l'ouest de Montargis. Après avoir tourné pendant plus de 45 minutes, nous décidons de partir pour Sancerre.
Deux arrêts pour observer enfin tranquillement 2 systèmes orageux, un premier vers Cosnes-sur-Loire assez vaste mais en évacuation vers le nord-est...





... et un second, au dessus de Bourges, plutôt vaste et relativement cyclique, observé lui depuis les hauteurs à quelques kilomètres à l'ouest de Sancerre... Enfin l'ambiance spéciale mais très sympathique qui règne lors de ces poursuites météo, et surtout pour moi la satisfaction de pouvoir enfin éprouver ma capacité à utiliser mon nouveau reflex !








Traque orageuse nocturne entre Coulommiers et Meaux (77) - nuit du 19 au 20 juin

Une soirée pas comme les autres... Quelque chose que je croyais complètement impropable va annoncer cette soirée que je croyais au départ plutôt mitigée.
Pour une fois les choses vont prendre le temps de se mettre en place et me laisser ainsi la possibilité d'observer tout à loisir l'évolution de la situation. Arrivé tard du travail, je vais même avoir le temps de faire mes 2 kilomètres à pieds de la gare à ma maison, en admirant les structures nuageuses évoluant au dessus de Cheptainville.
Aussi, ne me doutant de rien et alors que j'en étais encore au repas, l'aspect du ciel d'un coup m'interpelle... De loin, je crois voir comme un liseré clair persistant dans un ciel lisse et gris-vert ! Je cours voir ça de plus près et là par la fenêtre... Un arcus multicouche somptueux ! Magnifique ! Quelque chose que je n'espérais pas beaucoup plus qu'une tornade F5 dans les environs (et là pas pour la même raison) approchait à relativement vive allure !
Première réaction, bien sûr, vite mon APN !! Et de le photographier sous toutes les coutures pendant une bonnes dizaine de minutes, le temps de le laisser passer et de prendre quelques gouttes.




Le monstre s'approche rapidement, son passage au zénith le rend imposant :



Celui-ci passa cependant sans grande fanfare ni feu d'artifice, et les précipitations furent faibles. Même le vent dédaigna la fête et je rentrai me mettre à l'abri un peu frustré (mais de quoi se plaint il ?), me disant qu'il en manquait quand même un peu pour faire vraiment le compte.

Mais la soirée n'en était qu'à son début. Mon maintenant invétéré compagnon de traques orageuses Henri BUFFETAUT m'avait donné rendez-vous à Versailles pour que nous partions ensemble en traqueobserver les cumulonimbus remontant vers l'Ile-de-France.
Nous partîmes ainsi en direction de la Seine et Marne, et finirent par nous poster, après avoir été copieusement arrosés par de prolixes enclumes nuageuses, entre Meaux et Coulommier. Le site choisi nous permis d'observer l'évacuation d'une cellule faiblement orageuse au nord. Ce qui nous surpris aussi, c'est l'arrivée sur notre spot d'une voiture avec 2 fêlés comme nous à bord, rencontre pour le moins improbable et insolite, même (et peut être même, surtout) quand on fait partie de cette population "étrange"... Cette chasse se poursuivie donc en groupe un peu plus conséquent.




Ayant épuisé le potentiel (électrique) local, nous partons ensuite rejoindre un autre groupe de chasseurs d'orages, plus au sud, vers Provins. L'occasion de faire une nouvelle halte photos entre temps, pour observer un nouvel orage lointain encore plus au nord... Un peu trop lointain d'ailleurs pour mon 18-70.



Finalement, les deux groupes de chasseurs se rejoignent vers Rozay en Brie. Echanges de récits et de photos pendant quelques minutes, puis direction... dodo !

Traque aux orages nocturnes à Rochemaure (07) - nuit du 8 au 9 juillet 2007

Il me fallu ensuite trois longues semaines pour enfin pouvoir retrouver des conditions orageuses prometteuses. Et quels orages ! Les modèles météo s'accordaient tous pour voir une dégradation importante de type caniculaire, je ne pouvais me permettre, étant dans le sud de la France en plus, de laisser passer ma chance !
L'après midi déjà, un grand nombre de passages orageux se manifestèrent à l'ouest et au nord de Rochemaure où je passais une semaine de vacances en famille. C'est en début de soirée à partir de 19h-19h30 que les formations actives commençèrent cependant à concerner le nord de la Provence, me laissant ainsi le loisir de me préparer tranquillement.



Une première vague d'orages avec des cumulonimbus à base élevée traversèrent la plaine Montilienne vers 20h : une belle représentation se joua alors par des acteurs colossaux droit vers le sud, avec un beau point de vue vers Viviers.




J'eu ensuite peu de temps avant la vague orageuse suivante. Ces premiers passages électriques et faiblement pluvieux furent talonnés par un système beaucoup plus conséquent que je voyais prendre de l'ampleur au sud-ouest, et qui montait progressivement sur l'horizon, sans dévier d'un poil... C'était pour moi ! Le temps de prendre un peu de hauteur en grimpant en direction du hameau des Videaux, au dessus de Rochemaure, et la première cellule commençait déjà à se manifester.
Le pic du Chenavari se détachait sur un fond tourmenté régulièrement illuminé par les intranuageux et coups de foudre fréquents qu'elle délivrait.



La cellule passa légèrement au nord, me premettant de faire de nombreuses images sans risque de pluie conséquente.





Une fois passée, une seconde cellule, légèrement plus au sud, pointant le bout de son nez... de son gros nez devrais-je dire, car elle fut intense en électricité et peu pluvieuse, mais surtout, elle décida de me passer droit dessus ! Et là, plus question de rester exposé, je dû me retrancher dans la protection (toute relative) de ma voiture pour pouvoir suivre l'événement.
Les éclairs tombaient régulièrement et fréquement à moins d'un kilomètre, parfois 500 mètres peut être, pendant au moins 10 ou 15 minutes. L'émetteur au sommet de la colline surplombant les Videaux fut à quelques reprises pris pour cible.
La lumière produite par les décharges de foudre éclairait parfois le paysage alentour comme le soleil l'eut fait en plein jour !



Un impact se produisit pile devant mon appareil, peut être à 600-700 mètres de là !!



Cela dura un petit quart d'heure. Puis cette cellule passant aussi, moins vite que la précédente, et je pu prendre le temps de photographier les nombreux avatars électriques qu'elle délivra de longues minutes durant, partant à l'assaut du Vercors une demi-heure plus tard.





Une dernière vague d'orages, frontaux cette fois, vint frapper le sud de l'Ardèche et les Cévennes dans l'heure qui suivie... De grosses pluies, qui rendirent la photographie peu intéressante, avec de plus une activité qui se cantonna principalement dans la masse nuageuse, eurent raison de ma soirée de chasseur d'images, mais pas de mon envoutement, puisqu'il me fallu encore une bonne heure supplémentaire pour que je me décide enfin à prendre un peu de repos, avec les derniers flashes lumineux qui éclataient au dessus du diois et du gapençais.


Traque nocturne en Essonne (91) - nuit du 19 au 20 juillet 2007
Une grosse semaine va suivre sans la moindre péripétie orageuse. Puis une remontée d'air instable liée à la classique situation d'été (dépression ibérique) va enfin me sortir de ma torpeur estivale (d'ailleurs pas si estivale car cet été fut plutôt automnal :p ).
Trois cellules orageuse remontent en début de soirée depuis l'orléanais et semblent vouloir enfin tenir le coups et me laisser le temps d'y aller voir de plus près ! Je décolle vers 22h en direction d'un de mes points d'observation favoris, les hauteurs d'Orgemont à Boissy le Cutté.
Des trois cellules observées sur les images radars, il n'en reste qu'une active électriquement à mon arrivée, à l'est, qui continuait de délivrer, toutes les 30 secondes environ, un flash lumineux ou un coups de foudre bien visible, avec parfois un roulement de tonnerre lointain. Trop loin cependant pour mon équipement. Après quelques photos médiocres, je décide de partir à sa poursuite, me disant que je pourrais le rattraper par le sud-ouest.
Mais une fois à Milly la forêt, 20 minutes plus tard, je me rend compte que cela ne va pas être facile. La pluie se généralise un peu, même si elle reste faible. Détour donc en direction de Soisy sur Ecole pour trouver un point de vue dégagé. Là je constate que la cellule qui s'était épuisée avant d'arriver sur Versailles semblait avoir repris de la vigueur sur la limite nord de l'Essonne, et de temps à autre de beaux rampants zèbrent temporairement le plafond nuageux. Je m'installe.
L'exercice est difficile, et pas évident de fixer son attention sur une cellule en particulier tant les foudroiements sont herratiques et dispersés sur l'horizon nord. Peu de clichés convenables, de belles occasions ratées, ça ne se passe pas comme je l'aurais voulu.





J'observe cependant la formation d'un cellule très vigoureuse au dessus de la forêt de Fontainebleau, peut être plus au nord-est même. Un congestus explosif apparaît rapidement et son sommet est très fréquemment et fortement éclairé par des intranuageux. J'attends 10 minutes et sait on jamais... ça semble tenir, je décide donc d'aller voir de plus près : direction les environs de Mennecy.
Mais là encore déception : la cellule, que je croyais immobile m'échappe et s'étouffe d'ailleurs rapidement. Je n'ai plus droit qu'à des bonnes pluies, il ne me reste plus qu'à rentrer. Bilan décevant, peut être 3-4 photos intéressantes, mais rien de fracassant.


Traque aux orages de nuit dans le Sancerrois (18) - nuit du 1 au 2 août 2007

Mon dernier épisode orageux de type estival de l'année 2007, dans un classique flux de sud-ouest, encore ! Une fois de plus parti avec Henri BUFFETAUT, et une nouvelle fois en retard suite à une estimation un peu juste par rapport au retard qu'on pouvait anticiper sur les prévisions des modèles numériques.
C'est à hauteur de Montargis que nous voyons nos premiers éclairs de la soirée. Visions magnifiques de décharges rampantes étendues, partant d'un point du ciel, se répendant rapidement et déclenchant une avalanche d'éclairs sous les bases nuageuses élevées des enclumes encore très activent qui surplombaient le sancerrois.
Installation sur les hauteurs à l'ouest de Sancerre, devenu l'un de nos terrains de prise de vues favoris. Après quelques cafouillages, je parviens à caler mon appareil photo... s'ensuivra une floppée de beaux moments photographiques avec une activité électrique d'altitude principalement, comme en témoignent ces images.








De temps à autres, le ciel entier s'embrase. Evénements imprévisibles, ces déchainements kérauniques éblouissent malheureusement les capteurs et crament littéralement les prises de vue. Mais quel plaisir pour l'oeil !





Fin de l'épisode vers 2 heures du matin... Je l'ai savouré celui-là et il fallait. C'était le dernier de l'année...


Mes chasses aux orages... révision de la méthode !

Et oui, changement radical pour moi, fini les traques galères à espérer que les éclairs vont attendre que mon bon vieux coolpix soit prêt pour montrer le bout de leurs traceurs. Le passage au reflex ça change tout ! Et de ma quinzaine de photos d'éclairs satisfaisantes avant mai 2007, je viens de passer à plus d'une centaine en 3 mois !! Il y a donc un gouffre géant entre ces 2 antimondes !
L'apprentissage et l'usage des outils disponibles pour affiner les prévisions (en particulier sur le net), tout comme le fait de traquer les orages en groupe sont pour beaucoup dans l'amélioration de mon travail de photo d'orages.
Mais avec ce nouvel outil qu'est le reflex, il m'a fallu revoir mon organisation et ma méthode de prise de vue.
D'ailleurs, les choses ne sont pas si compliquées qu'elles n'y paraissent de prime abord. Ce qui me manquait sur le coolpix est maintenant accessible : une bonne ouverture et un objectif lumineux, un angle de prise de vue suffisamment grand, plus de souplesse sur les possibilités de vitesses d'obturation et un mode rafale performant avec un enregistrement rapide des images... Tout y est !
Ma nouvelle recette pour la prise de vue de décharges de foudre est donc grosso modo la suivante maintenant :

De nuit :
Impérativement, disposer d'un trépied pour avoir un appareil stable, cela ne change pas. La commande (de préférence filaire) aide aussi beaucoup pour éviter les bougés au déclenchement. Sensibilité sur 200-250 ISO pour les orages proches, il m'est arrivé de devoir pousser à 800 ISO pour des orages plus lointain lorsque je prenais des focales tr-s supérieures à 18 mm. Dans le cas général cependant, ouverture du 18-70 au maximum (f/3,5) pour les premiers essais, si les éclairs sont trop brillants, je ferme en conséquence (rarement en dessous de f/5.6-6 tout de même).
La suite se joue sur la durée de l'obturation plus courte si la sensibilité du capteur est élevée pour éviter l'apparition de bruit gênant sur les images : pour fixer les idées, à 200 ISO, des durées de plusieurs minutes ne posent pas de problèmes, mais à 640 ISO p. ex., au delà de 10 sec, le bruit, pas encore trop gênant à mon goût, commence à être tout de même significatif.
L'idée est ensuite de localiser la cellule la plus intéressante et de déclencher en fonction de la fréquence des foudroiements : inutile de faire de prises continues si un coups de foudre ne se manifeste que toutes les 30 sec... A l'inverse, en rafale si les éclairs tombent sans s'arrêter et sans interruption, et en prenant soin dans ce cas de ne pas rester ouvert trop longtemps (saturation du capteur !).

De jour :
Je n'ai pas encore une grosse expérience de ce genre d'image, mais pour mes quelques essais réussis de l'années, bien plus facilement et fréquemment qu'avec mon coolpix 4300, mes réglages étaient les suivants. Le capteur étant très propre alors, j'ai pu me permettre de fermer fortement (>f/22) le diaphragme pour augmenter la vitesse d'obturation à des valeurs approchant la seconde.
Le mode rafale performant du D70s, couplé à l'usage d'une carte CFIII (très rapide) et à une bonne détermination de la fréquence de foudroiement m'a permis de faire plusieurs prises intéressantes (dont celles du 8 juillet).
Cela dit, ces essais ont été réalisés dans un contexte d'orage monocellulaire, facile à localiser et avec une zone de foudroiement isolée, donc facile à identifier et à suivre... Il va falloir transformer l'essai.



Date de dernière mise à jour : le 5 mars 2025
Site compatible avec les navigateurs EI7, Firefox 3 et Chrome 5 et versions supérieures. Conception & réalisation Olivier BUHARD.
Optimisé pour un affichage en 1280 × 1000 px ou plus.

Le contenu de ce site est la propriété exclusive de l'auteur.
La copie, intégrale ou partielle de son contenu est soumise à autorisation.
Olivier BUHARD, 2006-2025 ©