Le retour vers le début de ce récit,
c'est là !
Ciel instable et arcus du 2 juin. Cheptainville.
L'épisode suivant est d'ailleurs totalement improvisé car pas franchement prévu au départ... et pas suivi en tout cas.
Une fois rentré du travail, je me décide à jeter un oeil un peu plus assidu à l'évolution du ciel, car j'ai vu toute l'après-midi de jolies velléités convectives apparaitre, sans jamais toutefois aller jusqu'à concrétiser un événement orageux franc.
Et dès le début de soirée, une ligne de Cumulonimbus commence à monter du sud vers ma position. Je me décide donc de partir en recherche d'un coin sympa avec un vue dégagée, et me plante avec mon matériel dans les champs au sud-ouest d'Avrainville. Le ciel est déjà bien couvert et à l'est, un peu à l'avant de la ligne, un congestus monte brusquement !

Mais les tentatives successives s'éteignent progressivement, pas un coup de tonnerre, pas une goutte de pluie au final. La masse d'air est bien trop sèche en basses couches, le carburant manque vite et la formation des belles balles cotonneuses s'arrête.
La ligne de Cumulonimbus fini par arriver sur moi. J'avais remarqué en route la formation d'un rouleau nuageux à l'avant de celle-ci : peut être un arcus allait-il s'offrir à moi et me permettre de faire quelques photos intéressantes ?

Il en manque peu pour que l'arcus se forme vraiment, mais il est évident que l'air trop sec ne permet pas au rouleau de se former complètement. Même les averses à l'arrière sont rares et peu abondantes.
Le spectacle aura été sympathique tout de même... mais vivement le retour des vrais orages !
Nuit du 23 au 24 juin... belle série d'orages secs sur les régions Centre et sud-Champagne.
Du soir au matin, enfin !
Et pourtant, ça ne partait pas si bien que cela... Soit, les modèles étaient porteurs d'espoir pour l'amateur de ciel coléreux, les indices d'instabilité, les caractéristiques du flux (ou plutôt de l'absence de flux marqué car la situation était proche du marais barométrique), et du coup, "nous ne nous sentîmes plus de joie" pour plagier un corbeau bien connu...
Et de prendre donc les devants, voyant un grand soir se lever, avec des éclairs partout, accompagnés de fronts de rafales et autres événements orageux que je n'oserais même citer, tant cela pourrait paraître exagéré (comme d'habitude en telle situation d'ailleurs ;) ).
Et direction Sancerre, devenu notre terrain de chasse de prédilection depuis un certain temps, avec le ferme espoir d'y rester toute la nuit, sous des orages titanesques bien sûr, cela va de soit !
Une fois sur place pourtant, la situation est bien moins reluisante. Etalement généralisé des masses nuageuses au dessus de nous, bancs de stratocumulus disséminés, une faible pluie vient même nous narguer, longtemps après le passage du nuage fautif que du coup, nous ne voyons pas dans le ciel bleu qui nous surplombe.
Nous serions nous trompé ? Comment les modèles auraient-ils pu à ce point être dans l'erreur ? Incompréhensible... et déconcertant, à un point tel qu'aux environs de 23h, pris d'une lancinante lassitude, nous décidons de plier bagages et de rentrer. Morne retour par l'A77, contrairement à ceux que nous avions pu faire jusqu'à présent.
Soudain, un hurlement tinté de surprise mais aussi d'une pointe d'espoir provient d'un de mes passagers à l'arrière : Alex vient de sortir de sa torpeur ensommeillée et scrute l'horizon ouest où un flash vient de lui chatouiller la surface de la rétine ! Et ce n'est pas une illusion liée à un quelconque délire compensateur du chasseur contrarié, mais un orage vient bel et bien de se former quelque part sur la limite entre le Cher et le Loiret !
Alors pour une surprise ! Du coup, nouvel itinéraire, avec décision unanime de partir pour l'est de Nemours oû la ligne orageuse qui enfle semble vouloir se diriger. Nous nous arrêtons un peu plus tard non loin de Préaux, en Seine et Marne, au milieu des champs.
J'adore cette ambiance ! L'attente de l'arrivée de l'orage, ce moment de calme et de sérénité trompeuse, que la nuit amplifie, les sens et l'attention tous tournés vers l'événement sans doute encore lointain, encore faible, mais tant attendu : le murmure tout d'abord... Un faible roulement, sourd, longtemps après avoir entrevu un éclat de lumière teinté souvent d'orange ou même de rouge !
Mais nous sommes prêts ! Trépied déployé, déclencheur à la main, réglages préliminaires faits depuis les premières secondes de notre débarquement...
Et enfin la voici ! Une belle ligne de Cumulonimbus, étroite et dense, avec des bases nuageuses plutôt engageantes pour celui qui sait apprécier ce que d'autres trouveraient hideux et effrayant. Un orage sec ouvre le bal, avec de beaux impacts assez ramifiés et finissent de brosser ce joli tableau que nous avons réussi à composer avec le village au sud.

L'orage passe devant nous et nous laisse le loisir de l'admirer un bon moment. Cependant, le chasseur d'orages à souvent du mal à se satisfaire d'une petite heure de cette vision féérique. Et puisque l'épisode semble vouloir se poursuivre encore longtemps, pourquoi ne pas en profiter encore ?
Nous repartons donc à la poursuite du mastodonte. Nous n'allons d'ailleurs pas très loin. Arrêt quelques kilomètres plus loin, aux environs de Passy, oû une cellule orageuse délivre des décharges ramifiées et proches avec une belle fréquence !
Après quelques ratages sur les réglages, je parviens à caler mon appareil et c'est reparti pour de nouveaux cris d'extase pendant un bon moment !

La nuit semble vouloir se poursuivre sous de bons hospices pour nous. Nous tentons de suivre cette nouvelle cellule, mais elle va rapidement nous faire faux-bon. Nous décidons alors de partir un peu plus à l'est, en direction de Sens, afin d'être certain de ne rien rater si une éventuelle reprise de l'activité électrique se décidait à éclore. Et grand bien nous a pris !
Ce n'est que quelques kilomètres avant l'arrivée vers l'autoroute que les hostilités reprennent. Du coup, nous décidons un coup audacieux (pour moi en tout cas, qui suis habitué à tout autre chose d'un point de vue photographique). Un petit chemin se présente sur la droite, vers un champ céréalier. Un peu plus loin, un château d'eau... Tentons !

La course poursuite finira un peu plus tard, à l'aube, avec la vision lointaine d'une dernière cellule s'éloignant vers l'est, quelque part en direction de Troyes, alors que nous rejoignons l'autoroute A5.
Du soir au matin... cela faisait longtemps, un an en fait !
Episode d'orages caniculaires le 01 juillet.
Quelque part dans le Drouais...
Une chasse qui à l'inverse de la précédente commence bien, mais fini par un beau flop !
Un vaste front froid accoste en Europe de l'ouest le soir de ce 1 juillet. A l'avant, la masse d'air est assez uniforme, faiblement dépressionnaire... Et puis il a fait chaud ! Les modèles sont aussi à la fête, alors pourquoi pas nous ?
Ni une ni deux, le téléphone et quelques coups de fil, un suivi rapide sur le net et quelques messages sur les forums pour voir si je ne suis pas le seul à frétiller comme un ver dans une pomme trop mûre, et l'affaire est dans le sac.
Départ pour le drouais... alors que je pressentais plutôt l'Eure et Loir au départ, mais dans ce genre de sport, il faut savoir changer rapidement d'avis ! Et en effet, grand bien nous a pris. La ligne orageuse est étroite, et assez brève. Arrivés à Houdan, elle se dessine assez nettement, avec une belle ligne de Cumulus congestus un peu au sud-ouest, remontant lentement vers la Seine. Nous décidons donc de la devancer, direction Mantes la Jolie, pour nous arrêter finalement à mi-chemin.
L'activité électrique vient en effet de se déclencher, le contact téléphonique avec quelques compères placés de l'autre côté de la Seine nous confirmant qu'il est temps pour nous de nous positionner.
C'est assez proche, tout juste 4-5 kilomètres, et ça ne fait que commencer... et ça vient vers nous !!! Ouille !!!

Une vingtaine de minutes ainsi, avec quelques beaux éclairs qui zèbrent le ciel finalement à moins de 2 kilomètres de nous... puis d'un coup, plus rien, à part la pluie qui vient rapidement envahir notre point de vue.
La soirée s'annonçait bien. L'arrivée du front froid était un message porteur d'espoir pour nous, et nous murmurait une suite plutôt prometteuse. D'autres orages étaient prévus... Oui mais voila, pas nécessairement là oû on les a attendu !
Arrivés au terme de cet orage, nous repartons au sud de Dreux, se disant que le point serait intéressant pour attendre la seconde vague d'assaut. Mais nous avons été vite déçus. Une cellule lointaine, plus au sud encore, éclate à notre arrivée et ne dure pas. Qu'à cela ne tienne, d'autres semblent vouloir se former sur la Sologne et remontent vers le sud-est du Loiret... Filons !
Mais badaboum ! Pas mieux. Perdus quelque part aux alentour de Nemours ou Montargis (je ne sais plus bien... ça veut tout dire !) nous voyons notre ligne orageuse, sur l'horizon, s'allumer, vaciller, puis s'éteindre, telle une bougie céleste dont la mèche humide refuse d'accepter la flamme. Déception.
Pas moyen de transformer l'essai de ce début de soirée. Et finalement, nous ne le transformerons pas. les orages resteront cette nuit assez lointains, épars et discrets, il aurait fallu aller courir plus loin encore, dans le sud des Pays de Loire, ou à l'inverse remonter vers les Ardennes.
Tant pis... une autre fois !
Passage d'une ligne orageuse violente sur le Centre. Nuit du 28 juillet, Sancerre.
Avec la fin du mois de juillet commence à approcher la période des orages que j'appellerai "post-période caniculaires""... toujours plus costauds et durables, annonciateurs des changements qu'opérera l'arrivée de l'automne encore en gestation...
C'est l'arrivée d'un front froid, dans un contexte globalement variable sur le pays, qui provoque ce nouvel épisode. A suivre l'évolution des modèles avec Henri, nous avons pris nos dispositions pour traquer ces orages depuis quelques jours déjà. Et puis, il semble que le Centre et la Bourgogne soient de nouveau les terrains de jeu qu'il nous faudra favoriser, pour notre plus grand bonheur !
Départ en début de soirée en compagnie, en sus, de notre ami Louis Hecker : direction, Sancerre ! En chemin, un beau ciel instable nous accueille déjà aux environs de Montargis ! Et les lueurs du couchants ajoutent une touche colorée fort plaisante au tableau, nous ne résistons pas à quelques arrêts rapides de ci de là pour profiter du spectacle.

Derrière la couche de nuages encombrant l'étage moyen se profilent, éclairés par le soleil en déclin, de belles têtes congestives, de gros choux-fleurs bien denses et énergiques... du type fort apprécié par le chasseur d'orages !
Un peu plus loin, de petits Cumulonimbus isolés parsèment le paysage... L'un d'eux attire notre attention, au dessus de la centrale de Gien, et un second, plus au sud, par son aspect photogénique :

Mais il est temps d'y aller cette fois ! Nous pressentons l'arrivée prochaine de la ligne orageuse qui commence déjà à déverser son flot d'électrons et d'eau sur le Massif Central. Nous arrivons à notre point de vue de prédilection, sur les hauteurs à l'ouest de Sancerre.
Commence l'attente...
Les yeux rivés sur l'horizon, espérant voir s'animer de vacillantes lumières sur cette limite entre notre univers plat, morne soudain, et celui du magicien céleste, menaçant mais fascinant. Les écrans de portables pour voir le déplacement des cellules convectives, les zones d'impacts de foudre, l'évolution des cartes des modèles, il faut bien l'avouer, il nous faut bien ça pour rester serein. Le noir de la nuit... Pourtant ça ne devrait plus tarder, nous devrions commencer à apercevoir quelque chose, quelque part vers le sud ou le sud-ouest...

OUI, ça y est !!!

Le bord ouest d'un grand rouleau nuageux, probablement un arcus ou ce qu'il en reste se détache sur un fond parfois éclairé par les blêmes et fugaces lueurs tant attendues. Les voila, nos orages !
Une grande ligne active barre tout l'horizon, du sud-est au sud-ouest. Les flashes apparaissent, de plus en plus nombreux en divers endroits, et nous permettent de voir clairement l'arrivée du rouleau nuageux, qui semble vouloir garder cette apparence menaçante, telle une bouche géante en colère dévorant le paysage.

Des formes singulières apparaissent dans son giron... Sur le coup je crois même voir, à tort, un mésocyclone !

Mais non, la soucoupe ne semble pas vouloir concrétiser ce soupçon, je reviens vite à la réalité. Remarquez au passage l'inclinaison des stries laissées par les précipitations...
Cela dit, la mayonnaise prend rapidement. La foudre s'en mêle enfin...

... Et très vite la situation dégénère ! L'arcus nous passe par dessus, et vent et pluie ne sont pas en reste. C'est déluge et fortes rafales qui suivent donc, et nous sommes contraints de nous cacher dans la voiture, qui se retrouve ballotée par les bourrasques.
Mais la situation pas si mauvaise en fait. Le vent inclinant fortement la pluie, nous pouvons orienter la voiture de sorte à disposer d'un côté sous le vent et d'ouvrir les vitres pour tenter quelques captures de foudres proches.

Comme toujours, après la pluie... la fin de la pluie. Nous pouvons de nouveau sortir de notre refuge pour planter le trépied. Et ça tombe bien, car les enclumes de cette ligne orageuse livrent un spectacle splendide, un peu à la manière des orages du 1er au 2 août de l'an passé.
Les enclumes actives s'illuminent de grandes décharges rampantes, et les pylônes que j'avais vues un peu plus haut me donne l'envie de m'en servir pour mes photos.

Du nord au sud-est, au dessus, tout le ciel est en feu ! Nous ratons le déclenchement à plusieurs reprises sur de superbes gerbes électriques au dessus de nous et de Sancerre, mais le spectacle est très beau.

Les choses finissent par s'essouffler dans le milieu de nuit. Retour vers Paris...
Mauvais retour... Une grosse frayeur sur la route. Un camion traverse quelques minutes avant notre passage le terre-plein de la N118 au niveau de Massy. Sur le sol, les débris, invisibles dans l'obscurité, vont être les derniers rencontrés par ma petite mégane... Clouée sur le bitume, ma petite titine ne verra plus d'orage : bonne pour la casse. Une chance que nous n'ayons pas été blessés, et surtout que nous n'ayons pas été là au moment de l'accident du camion.
Ami traqueyr d'orage, aussi n'oublie pas ce petit conseil : la traque aux orages comporte bien des dangers, mais lorsque tu commences un peu à cerner ceux que le ciel te réserve si tu n'es pas vigilant, n'oublie pas que d'autres peuvent t'attendre au moment oû tu ne t'y attends pas, et qu'alors le ciel n'est pas ton unique "ennemi"...
Orages du 31 juillet, depuis Cheptainville.
Et oui... une fois n'est pas coutume, "traque" à domicile, plus de voiture oblige. Et rentré un peu tard du travail, je rate un appel de mes collègues de chasse habituels qui partent pour le sud du pays champenois.
C'est un peu la mort dans l'âme donc que je me décide tout de même à sortir le nez dehors quand je vois passer à l'est ce système orageux... pas franchement moyen de voir de près, et étant en bordure, la pluie vient fréquemment m'empêcher de trop m'éloigner de chez moi.
La soirée se soldera tout de même par 2 ou 3 prises lointaines, mais l'ambiance y est. C'est l'essentiel !

Bien sûr ce n'aura pas été le seul petit orage que j'aurai vu cette année 2008 qui ne me donne pas une belle moisson, mais il semble que du côté de Troyes, certains que je connais bien ont ramené de très belles choses... ainsi que des soucis de voiture :( La loi des séries s'applique donc bien aussi aux amateurs d'orages.
Gros système orageux (type MCC probable), nuit du 6 au 7 août, entre Loiret et Essonne.
Enfin, pour finir cette année orageuse en beauté, nous avons eu droit au 'Big One' ! Pas encore l'orage monumental, supercellulaire, tornadique, mais plutôt, pour confirmer encore un peu plus l'arrivée prochaine de l'automne, le gros système orageux peu fréquent sous nos latitudes, très électrique et étendu, mais aussi très humide : on ne peut pas tout avoir non plus ! Ce fut un peu un bouquet final. Un peu précoce malheureusement, mais la séance à valu le déplacement.
Au départ, bien sûr... les modèles numériques s'affolent sur le net, et les chasseurs d'orages frétillent ! Et il y a de quoi car c'est vraiment un gros gibier qui semble vouloir traverser le pays dans la nuit de ce mercredi 6 août.
C'est de Paris que je décolle en compagnie d'Alain BENNETEAU, et après un arrêt aux environs de Montparnasse pour récupérer encore deux ou trois larrons en fête, nous partons pour le sud de l'Essonne dans l'idée de commencer à admirer les prémices de cette folle nuit promise.
Premier arrêt à Etampes, au ... MacDO ! Et oui, c'est pratique MacDO, il y a possibilité de se connecter sur l'internet pour faire un petit point sur la situation météo (c'est à peut près tout ce qu'on y trouve de bien d'ailleurs...)
A la vue des images radars et de cartes d'observation, ce n'est pas évident pour tous les participants. Cependant les esprits retrouvent vite leurs dispositions 'positives' une fois sortis car à l'ouest, vers le sud des Yvelines, un gros congestus a fleuri et semble plutôt énergique.
Nous décidons de descendre un peu plus au sud. Les environs de Pithiviers s'avèrent un point de vue intéressant : ville et grand château d'eau proches, des éoliennes plutôt photogéniques au sud, les grands étendues de la Beauce qui permettent d'avoir une vision lointaine... D'ailleurs, notre congestus à l'ouest s'est transformé en un magnifique orage, qui va perdurer pendant toute la première partie de nuit. Nous allons même un temps regretter de ne pas avoir choisi de s'en rapprocher tant il semble stable et intense, mais le choix aura tout de même été bon.

L'heure avance, et enfin commencent à fleurir sur les cartes foudre les premières zones d'impacts intéressantes... encore loin car localisées sur l'extrême sud-ouest de la France, mais le système semble enfler en progressant vers nous, et "il y a encore de la ressource" pour reprendre une expression souvent citée dans ces situations.
Oui mais voila... ça n'avance pas assez vite au gout de certains : ça risque même d'arriver trop tard ! Dur-dur pour maintenir le moral des troupes au beau-fixe avec un beau ciel étoilé sur la tête ( ! ) et quelques nuages en étalement non loin.
Alors s'engagent quelques parties de photos improvisées du paysage alentour, au crépuscule puis à la faveur de la lumière des lampes au sodium de Pithiviers.

Alain teste son tout nouveau Pentax K20D... Belle bécane ! mais y a un truc qui cloche : pas moyen de débrayer la réduction du bruit... pas top pour la photo nocturne. Nous sommes déçus par Pentax sur ce coup là.

Mais avec l'arrivée de la nuit, les possibilités s'amenuisent progressivement, ainsi que la motivation pour certains.
Je me mets même à douter au bout d'un moment : la vague orageuse va t'elle arriver jusqu'à nous ? Se pourrait il qu'elle s'effondre en seconde partie de nuit et que nous ne soyons plus que des chasseurs de pluies stratiformes ? Quelle pensée horrible ! Les données météo suivies en temps réels semblent indiquer que non, mais les mauvaises surprises sont régulières avec les orages.
Minuit... les choses se présentent pourtant bien. Les petits points rouges des cartes d'impacts s'accumulent sur les Charentes et le Limousin. C'est encore loin, mais ça progresse. Pourtant une intuition nous vient : les hostilités ne devraient plus tarder à se déclencher.
Et effectivement. Minuit et quart, et les premiers éclairs sont enfin entrevus à l'horizon ouest. Et c'est brutalement tout l'horizon ouest qui s'illumine ! En l'espace d'un quart d'heure, une longue ligne convective se met en place à partir du nord de l'Eure-et-Loir et s'étend sud-nord, jusqu'à la Manche ! Elle verra son activité électrique s'établir quasiment instantanément. Bien sûr, le moral du chasseur d'orage, qui évolue selon une loi de type "inversement proportionnel à la pression atmosphérique ou presque", remonte immédiatement au plus-que-beau-fixe.
Et vraiment, ces éoliennes sont bien placées ! Que du bonheur pour le photographe !

La ligne orageuse s'intensifie avec le temps et les foudroiements deviennent très réguliers et localisés. De quoi tenter d'autres cadrages sans avoir peur de rater un éclair en particulier.

Au bout d'un moment, l'activité électrique décide de ne plus quitter les sphères lointaines de notre bon vieux "plancher des vaches", et même de ne plus vouloir quitter le même petit coin de ciel... assez étonnant : les inter-nuageux signent nerveusement sur le parchemin nuageux, comme si ils commençaient à trouver notre présence agaçante...

En effet, il ne faut pas se laisser piéger par l'arrivée soudaine éventuelle d'un orage sur les lieux... D'ailleurs, devant nous se dessine progressivement une nouvelle ligne d'altocumulus instables, avec quelques têtes bourgeonnantes assez consistante pour nous alerter. Il va être temps de changer de quartier...

Départ pour Malesherbes... A peine arrivés en sortie sud de notre destination, la nouvelle ligne s'allume ! Le ciel est superbe. Les rangs d'Altocumulus instables bourgeonnent et se chargent de tourelles au dessus de nos têtes, sur le fond violacé illuminé par les nombreuses décharges intranuageuses en arrière. Un nouveau régal nous attend, mais dans un autre genre.

A l'ouest, c'est la douche ! Nous avons bien fait de nous décider. Le rideau de pluie est dense et les foudroiements, fréquents, auraient été difficiles à capturer.

Les basses couches sont vraiment très humides. les coups de foudre perdent vite leurs belles ramifications, certaines zones se retrouvent partiellement inondées, et un petit nuage-mur (non rotatif) se forme devant nous.

C'est une chance cependant pour nous, car la ligne active se déplace encore sans se rapproche ou s'éloigner. Au Zénith, les grondements caverneux et nombreux rythment la séance de photos, cadencés par les flashes omniprésents provenant des nimbes excitées. Alex est figé devant le spectacle mais je suis pareil, paralysé par l'ambiance et la beauté du phénomène.

Les précipitations sont abondantes. Le rideau de pluie apparait nettement, de bordure franche, et le rétro-éclairage intérieur par les coups de foudre permet de très bien le visualiser.

L'humidité, très forte, fini par envahir les basses couches avec l'arrivée de ces intenses chutes de pluie. Au sud, une nouvelle ligne arrive... Et cette fois elle fonce droit sur nous ! Nous avons quelques minutes de répit pour pouvoir remballer rapidement le matériel et les premières grosses gouttes convectives commencent à nous doucher ! Re-départ pour le nord de Malesherbes dans l'espoir de devancer la pluie. Mais c'est en vain car les éléments nous devancent rapidement. La masse d'air se résoud d'un coup en intenses précipitations jusqu'à Paris. Le vent est très fort également. Le traffic de l'ami Moow est balloté par épisode et les rafales se font fréquentes et insistantes. Ce fut quand même un moment impressionnant !
La traversée de Malesherbes est évocatrice de l'ampleur des événements météo juste avant notre passage : branches cassées, poubelles renversées, portions de routes partiellement inondées...
Mais l'orage ne s'arrête pas pour autant. Autour de nous, les coups de foudre continuent, parfois à moins d'un kilomètre... Il serait bien de tenter d'en capturer un ou deux... mais peut être pas très prudent ?
Mais les éclairs restent insaisissables. Tombant tantôt devant tantôt derrière, il est impossible de savoir comment et oû cadrer pour avoir une chance de capturer le prochain. Et un autre tombe à 600-700 mètres ! Raté ! Et la pluie, dense, qui gêne la visibilité...
Retour finalement au levé du soleil. Et là encore, un rappel de prudence s'offre à nous : une nouvelle fois, un semi-remorque a traversé le terre-plein central de la N20 et nous nous retrouvons bloqués un moment. Mais cette fois, pas de casse fort heureusement.
Avec ce dernier orage fini ma saison 2008... 7 août, et puis plus rien ! Une saison vite écourtée par un été en demi-teinte, avec des températures automnales et la fuite des conditions nécessaires parties se réchauffer loin vers le sud de l'Europe. A l'année prochaine amis traqueurs d'orages, ça va être long ces sept mois de calme météo...