2009 : une année plutôt spéciale !



Et oui, les années se suivent et ne se ressemblent pas en matière de phénomènes orageux. Bien sûr, ma petite expérience et mon manque de recul par conséquent, ne me permettent pas d'apprécier aisément la différence. Mais le petit monde des passionnés d'orages en général s'en est aussi rendu compte. C'est une année très spéciale !
Pourquoi ? Les orages de ce début d'année 2009 sont souvent violents, bien plus souvent que ces dernières années. Aussi, c'est pour moi une chance ! Pouvoir ainsi contempler ces monstres d'énergie et de vapeur dans des conditions particulières, rares voire exceptionnelles dans nos contrées était l'un des paris que, comme tout traqueur d'orages, je m'étais fixé quasiment dès le départ.
Pourtant, ce début d'année est long à produire les premiers orages. Les traines à giboulées sont très rares et on sera passé d'un hiver assez froid (j'ai pu enregistrer des températures descendant sous les -17°C en décembre !) à un printemps relativement doux sans grande transition. Par contre, fait peu commun, le mois de mai à lui seul aura permis le recensement de pas moins d'une vingtaine de supercellules, bien plus que ce que les saisons orageuses précédentes avaient su produire !
Et par voie de conséquence bien sûr (et malheureusement, même si on est amoureux des orages), toute la panoplie de ravages associés, allant jusqu'à la production de grêlons géants, d'un diamètre de 12 cm, sur le nord de la France !

Cela fait maintenant 3 ans que je m'essaye à cet exercice photographique. Si je devais dresser un bilan global de ces quelques années de tentatives de prévision, de courses tantôt effrénées tantôt "pas-si-course-que-ça" et les résultats obtenus, je pense que l'apprentissage porte lentement ses fruits. Des chasses hésitantes, un peu hasardeuses parfois de 2007, j'arrive maintenant au stade où la traque devient "itinérante", où le suivi des cellules orageuses, avec l'aide de quelques outils faciles à mettre en oeuvre tels que les cartes d'impacts et les radars de précipitation via internet pendant les traques, permet d'obtenir un meilleur panorama des orages survenant lors d'un épisode instable, plus complet mais aussi plus diversifié.
Et le photographe s'affirme peut être un peu plus, se cherche un peu moins... Non ?

En Mars...

Et bien en mars pas grand chose par chez moi ! Ce mois de mars bien ancré dans l'hiver ne me donnera quelques ambiances orageuses que le 28, où un ciel de traine assez dynamique parcourt la moitié nord de la France. Enfin les Cumulonimbus, avec leurs enclumes basses et fibreuses des saisons rudes, daignent me rendre visite.
L'épisode commence cependant chez moi, avec la formation d'une jolie averse accompagnée d'un petit front de rafale :



Je pars ensuite rejoindre Cyril LEROY et Julien BATARD du côté d'ABLI (91), nous assistons à l'arrivée d'une ligne d'averses convectives en fin d'après-midi. En route, quelques photos volées aux cieux montrent bien que l'hiver est doucement en train de se retirer, avec une lumière qui change progressivement.





Une petite surprise nous attend : au sud une enclume basse pointe vers le nord ouest... alors que le flux d'altitude est plutôt orienté vers le nord est... La nature aime vraiment nous jouer des tours !



Cette première sortie "nébuphile" 2009 fini sous un ciel rose, grâce du dieu Soleil faite à ceux qui auront eu le courage de lui tenir compagnie malgré les douches plutôt froides.




En Avril...

... recharges tes piles !

Pas juste celles de l'appareil photo, celles du ciel aussi ! Et ce sont des piles "grande capacité", car elles sont longues à charger... Et quand elles se déchargent, surtout cette année, elles ne donnent pas dans la demi-mesure.
Les premiers orages dignes d'intérêt fleurissent ce 6 avril aux alentours de chez moi, vers Châteaudun pour être précis, en première partie de nuit. Pas une situation météorologique exceptionnelle, plutôt un amas instable frontal et humide remontant du sud ouest, mais les premiers éclairs et coups de tonnerre de l'année. La saison se met alors lentement en place, et nous profitons avec mon compère de traques Henri BUFFETAUT de l'aubaine pour reprendre les réflexes indispensables.
La première image de l'année d'un coup de foudre, lointain, noyé dans les précipitations. Mais bien plus tôt que l'an passé, où il m'avait fallu attendre la nuit du 27 avril 2008 pour capturer le premier arc électrique digne de ce nom.
Puis vient la nuit du 14 avril... Tiens ce soir là, repas chez des voisins ! Et puis, le ciel est très indécis, mi figue mi raisin, franchement pas la tournure d'un ciel qui produira beaucoup d'électricité...
Je me dis "Franchement, si il y a un orage..." Mais ma méfiance naturelle m'interdit de pousser plus loin un quelconque pari avec les cieux.
Et c'est à raison ! Car c'est en plein milieu de nuit, encore en plein repas d'ailleurs (ben oui, prenons notre temps), que 4 petits cumulonimbus apparaissent entre Essonne et Eure et Loire ! Et c'est festival sur le bord occidental de l'Ile de France dans l'heure qui suit !
Des orages spéciaux que ceux de cette nuit là. Cyril Leroy et quelques autres, avec qui nous partons souvent à la poursuite des gros monstres nébuleux, photographient presque exclusivement des éclairs positifs, mais à foison !

Les jours qui suivent sont souvent instables. Je suis en vacances en Ardèche lorsque la masse d'air locale décide de partir en ébullition. L'après-midi du 18 apporte son premier lot d'orages diurnes en situation de marais barométrique sous influence d'un flux faible de nord ou nord est. Des orages orographiques apparaissent sur les Alpes et le Massif Central.
Perché sur les hauteurs de Rochemaure, face au château, le profite de la vue sur la vallée du Rhône et le massif du Diois pour prendre ce panoramique des amas cumuliformes bourgeonnant puis maturant au loin.



Des congestions s'épanouissent de-ci de-là, rapides mais étroites, indice d'une faible ressource en basse atmosphère pour nourrir la croissance de ces gros bébés joufflus et goulus en humidité.



La lumière est très douce et le graphisme des nuages est marquant. L'air sec et limpide permet aussi l'apparition de virgas très courtes sous les bases nuageuses. Pas moyen de faire autrement que de tenter quelques portraits :



Au sud, un orage fini par éclater et délivrer quelques rares et insaisissables coups de foudre. Mais le spectacle, avec la lumière filtrante de la fin d'après midi approchant, est saisissant.



L'épisode du jour fini avec un orage nocturne lointain sur le sud du Vercors. Mais le lendemain, le couvert est resservi avec la même sauce : mêmes acteurs et situation très semblable. Un petit orage de grêle passe en après midi sur les collines surplombant la forêt de Saou.



Cet épisode ne prendra pas fin avant le 21 (du moins pour ma part), avec enfin quelques images potables de foudre nocturnes sur les lointaines collines de l'arrière pays drômois, noyées dans la lumière de Montélimar en premier plan. Le 90 mm Tamron, bien meilleur et plus lumineux que mon 70-300 mm, aura bien aidé en la matière :



Finalement, ce mois d'avril m'aura donner une dernière occasion d'admirer un ciel agité. Le 28, un ciel de traine faiblement orageux survole cet après midi là le nord de la France. Chanceux depuis quelques temps, les premières péripéties instables vont même attendre tranquillement que je rentre du travail ! Que demander de plus ?
Je serai ainsi gratifié du passage d'une petite ligne convective, bon rien de monumental, mais quand même... Une belle ambiance. Et les photos au milieu des chevaux, ça a toujours un certain charme !





Le 7 mai 2009 : premier gros épisode orageux nocturne traqué sur le Centre-Bourgogne

L'attente à été longue avant de pouvoir se lancer pour de bon à la poursuite des premiers vrais gros orages. Et pour donner bonne mesure, c'est sur les 2 jours, que les modèles numériques prévoient comme bien orageux sur les régions du centre du pays, que nous décidons de partir avec notre petit groupe de traqueurs.
En effet, un talweg accoste les régions de la moitié nord associé à un petit décrochement de tropopause juste à l'arrière. L'air remontant du sud ouest est chaud et humide juste comme il le faut pour qu'un chasseur d'orages digne de ce nom refuse de rester à se croiser les bras en espérant que ça passe pas loin de chez lui !
Départ en compagnie de mon éternel copilote Henri BUFFETAUT. Se joignent à nous Serge ZAKA et Amaury KERJEAN, et l'équipe file en direction de l'A6 pour rejoindre l'auxerrois où les hostilités devraient se déclencher en début de nuit.
Cela étant, le choix est difficile au départ : une magnifique supercellule vient en effet d'éclater aux environs de Chartres et un magnifique enclume s'étale au dessus de nous. Si le temps ne nous avait pas manqué, c'eut été notre première destination... Qu'à cela ne tienne, si les choses démarrent ainsi, ça promet pour la suite de cet épisode ! Nous poussons finalement notre course jusqu'aux environs d'Avallon (21) et nous postons sur une petite prééminence face au sud. La magie céleste peut maintenant se produire, nous sommes prêt... et Elle aussi !
Le ciel est prometteur, une enclume s'étire, quelques bancs d'Altocumulus castellanus consistants fleurissent et au loin, une belle enclume apparait dans le rougeoiement du couchant.



Et la fée Electricité est à son oeuvre, jetant des sorts de manière anarchique sur la campagne bourguignonne.





L'activité électrique fini par ne devenir plus qu'exclusivement internuageuse et des gerbes d'étincelles rampantes, durant parfois quelques secondes, sillonnent le ciel au dessus de nos têtes... impossible à capturer bien sûr vu leur étendue, et non sans nous inspirer une certaine inquiétude tant nous savons que ce genre d'éclair fini parfois par un coup de foudre puissant ! Seules quelques représentantes plus lointaines se laissent photographier.



L'orage fini par s'approcher dangereusement et les impacts se font désordonnés, imprévisibles. Il est temps de lever le camp. D'ailleurs, la pluie devient gênante, alors autant en profiter pour ce mettre au sec... et là, l'analyse des radars de précipitations nous amène à une nouvelle destination : une ligne orageuse intense arrive sur le sud d'Auxerre. Avec ces points de vue et son paysage, nous décidons immédiatement qu'il faut tenter la chose. Et hop, décollage !
Arrêt aux environs de Nangis, à quelques kilomètres au sud-est de la préfecture de l'Yonne. Déjà, le monstre céleste est bien visible et actif, pas de temps à perdre !



Il fini d'ailleurs par approcher plus qu'il ne le faudrait et nous devons de nouveau lever l'ancre, la grêle se mêlant rapidement à l'affaire !



Nous décidons de prendre un peu d'avance à l'est pour laisser passer cet orage et l'admirer par le flanc sud, au sec : c'est toujours plus agréable !
Partis pour Noyers, en direction de Montbard, nous profitons encore quelques instants de ce qu'il n'est pas trop loin puis il est tant de faire un point météo, histoire de voir où en est cet épisode orageux.
Il nous reste encore de la ressource et nous ne souhaitons bien sûr pas nous en tenir là ! Et oui, des belles cellules convectives naviguent à l'ouest de Dijon et nous sont donc tout à fait accessibles, pour peu que l'on ne perde pas trop de temps. Nouveau départ donc, plein sud, par les petites routes. Le long du parcours, de multiples velléités orageuses se forment, et parfois un Cumulonimbus se forme. Mais l'heure est assez avancée en cette seconde partie de nuit et on sent que le ciel est moins tonique qu'il y a quelques heures !
Nous finissons tout de même notre balade à travers champs quelques part aux environs d'Epoisses. Un joli orage isolé vient d'éclater un peu au nord, et le spectacle de l'alimentation et la base de l'enclume éclairés de l'intérieur par les éclairs intranuageux est de toute beauté : allié à cet air très limpide laissé par les orages précédents, la vision est féérique.



Le dernier orage de la nuit fini par s'évacuer vers l'Alsace, non sans nous permettre encore quelques prises de vue ... et la fatigue de décider de pointer enfin le bout du nez... Départ pour Dijon, un p'tit hôtel, et dodo !

Le lendemain, les modèles voient de nouveau un épisode instable se mettre en place, avec un système orageux qui doit se positionner le long du Jura, au nord est de Besançon. Mais nous décidons que la situation ne colle pas aux modèles ! Du coup, direction Poligny que nous pressentons d'avantages comme une destination de choix pour notre nouvelle journée de traque... erreur.
Les modèles auront raison : et nous passeront l'après-midi sous de jolis ciels instables, sans pour autant voir d'orage plus près que de 50 ou 60 kilomètres plus au nord... Une petite averse orageuse commencera même à se former devant nos yeux, débutant par l'apparition d'un Cumulus déchiqueté formé par soulèvement de l'air humide sur le rebord de notre point d'observation. Mais sans que nous décidions d'y porter grand intérêt... elle attendra même que nous ayons décidé de plier bagage et que nous soyons de retour vers Dijon pour finir de naitre.



On ne gagne pas à tous les coups. Heureusement d'ailleurs, cela rajoute un certain piment à cette activité, un côté imprévisible, malgré toute la technologie qu'on peut emmener avec soit, les modèles, les prévisions, les cartes de suivi électroniques en temps réel... Il restera toujours une part d'impondérable, dame Nature sait comment garder quelques cartes pour elle.


Le 11 mai : formation d'un MCS sur la région Centre.

Une chasse à cour, une vraie ! Du genre de celles où on roule, on roule, on voit plein de chose, mais pas moyen de trouver un bon spot et un endroit temporairement au sec ! Le genre d'épisode où toute la masse d'air se déstabilise en masse sur une grande superficie.

Ce 11 mai, les modèles voient une dégradation d'ampleur naitre sur le sud ouest de la France et remonter vers le nord dans la nuit. Alors notre petite troupe habituelle se décide de se retrouver en fin d'après midi et de partir gaiement sur les routes devancer l'épisode et traquer les grandes étincelles atmosphériques promises par les prévisions. D'autant que ce début de chasse s'annonce sous les meilleurs hospices : une ligne de supercellules orageuses vient de s'allumer sur la Gironde et les Charentes, il n'en faut pas plus pour nous décider !
Le périple commence par un premier arrêt aux environs de la centrale électrique de Beaugency, proche de Mer au nord du Loir et Cher (ça ne s'invente pas !). Nous nous arrêtons un moment en bord de route pour intercepter les premiers noyaux convectifs remontant vers la Loire.
Ces premiers orages s'avèrent plutôt humides : les structures sont mêlées, et rien d'organisé de prime abord. Pas évident à photographier du coup, mais la centrale devient un point d'intérêt pour notre petit groupe. Certains réussissent même à capturer ainsi un beau coup de foudre positif ! Pour ma part, pêche un peu plus maigre, mais les araignées sont un peu ma spécialité :



Comme à l'accoutumée, la pluie vient troubler la séance et il nous faut lever l'ancre. Du coup, nous décidons de descendre plus au sud, dans l'espoir de voir arriver le MCS et les cellules qui pourraient le border à l'avant, avant que celui-ci ne nous engloutisse. D'autant que l'analyse des images des radars de précipitation montre qu'il y a une bande d'air sec entre les cellules que nous quittons et le MCS en formation.
Départ pour l'est de l'Indre, avec l'intention de s'arrêter aux environs de Vierzon et de profiter des rebords de collines du Cher comme point de vue plongeant vers le sud ouest... Oui mais voila, les orages ont décidé de précipiter les choses ! Et tout part d'un coup alors que nous sommes encore en route.
Du coup, une boucle en passant par une petite dizaine de départements, et peu de photos potables au final... Un arrêt un peu avant Sancerre nous permet d'observer un orage s'évacuant vers le nord :



Les bases nuageuses prennent des formes inquiétantes, sans doute liées à la forte humidité en basses couches et à la présence en cela de la Loire et de la centrale nucléaire de Gien :



Finalement, un dernier arrêt au dessus de Sancerre, sur notre spot habituel, nous réserve une dernière surprise. Un tout petit Cumulonimbus prend naissance sous nos yeux. Celui-ci est très joueur : il nous fait attendre tant que nous finissons par remballer le matériel. Alors seulement, il se décide à lâcher une lueur d'excitation... puis rien pendant de longues minutes.



Il va nous falloir 3 arrêts avant de comprendre que nous n'aurons rien de plus... un petit farceur céleste en somme, qui joue à cache-cache et nous titille la curiosité, mais se garde pudiquement de tout débordement, de peur d'être photographier sous toutes les coutures !

Une bien maigre moisson sur ce coup là, mais une balade qui aura été tout de même instructive, ce genre de situation étant loin d'être facile à gérer. Mais si les épisodes suivants veulent bien être différents, ce n'est pas plus mal (et ils le seront heureusement) !


Le 13 mai : épisode d'orages supercellulaires !

Une fois n'est pas coutume, c'est une traque qui commence avec une vision plutôt inoubliable pour un traqueur d'orages franchouillard comme moi... des supercellules orageuses pointent en divers localisations sur une grande partie du territoire sur les images des radars de précipitations ! Une masse d'air très instable et dynamique, mais aussi chaude et limpide qui nous apportera de beaux orages loin jusqu'en seconde partie de nuit !

Nous partons dès la fin d'après-midi pour la direction de Pithiviers. Le Loiret est cette année devenu une destination de choix pour nous, un peu comme l'avait été Sancerre pour les années précédentes. Nous sommes assez pressés ! Nombres d'échos radars sur les sites internet dédiés montre des cellules convectives puissantes déviant du flux directeur dans diverses localisations en Normandie, Centre et Ile de France !
Autour de nous, la Beauce et ses grandes étendues planes ouvrant sur de grandes distances nous permet de voir l'étendue de nombreuses enclumes et de beaux bourgeonnements un peu partout. En direction de Paris par exemple...



... ou en direction de l'Yonne, une grande enclume produite par une belle supercellule :



Arrêt dans les environs de Pithiviers. Au nord la convection prend des allures des grands jours, alors que notre attention se reporte rapidement sur une autre enclume plus à l'ouest, qui semble vraiment tonique :





Le renflement dû à l'alimentation est énorme, impressionnant ! Il s'agit en fait d'une nouvelle supercellule surgit du sud ouest de l'Eure et Loire, qui viendra nous rendre visite plus tard dans la nuit.
La lumière de ce côté-ci du ciel est splendide ! De quoi faire, avec peu, de belles images typiques des ambiances rencontrées sous les enclumes des grands orages américains.



Plus proche de nous cependant, la convection s'organise aussi. Juste à l'est, à quelques kilomètres, un banc d'Altocumulus castellanus grossit et congestionne rapidement.



Le temps pour nous de trouver un point de vue pas trop encombré et nous postons le matériel. La nuit tombe quelques dizaines de minutes plus tard. Et le grand show électrique peut commencer !



Nous poursuivons un peu plus tart notre route en direction de Montargis, pour nous arrêter légèrement au nord-est : là encore plusieurs cellules assez proches offrent la vision de leur structure éclairée de l'intérieur par de nombreux coups de foudre et flashes intranuageux.


Au nord, l'une d'elle reste active un long moment et se régénère en permanence. Elle délivre de petits éclairs extranuageux, qui se perdent dans le grand vide limpide et parsemé des aiguilles acérées des étoiles.





Les amas atmosphériques mousseux et électriques finissent par se tarir. L'oeil en coin sur l'écran du portable pour examiner l'allure des radars... Et vite, direction Pithiviers, de nouveau ! Car la grosse cellule qui se situait à l'ouest quelques heures plus tôt est toujours vaillante. Bien qu'ayant pris l'allure d'un bon amas multicellulaire pas très organisé, l'ensemble est prometteur car il continue de délivrer une activité orageuse soutenue. Il est pourtant déjà minuit et demi, cela fait quelques heures qu'il tourne à plein régime !
Le décor, à l'arrivée est infernal. Une immense voute courbée et turbulente nous surplombe ! Vraisemblablement, un front de rafale vient juste de survoler le nord du Loiret, avec peut être un bel arcus à l'avant...



Pas moyen pour nous de la savoir : le monstre avance rapidement et l'allure du ciel sous ce plafond pesant et très menaçant promet un châtiment à la mesure de cette vision si nous restons trop longtemps sur les lieux. Juste le temps d'une dernière image du cauchemar à venir...



...et nous levons rapidement l'ancre, pour contourner l'animal en colère par l'est. Rapidement à l'arrière de la ligne furieuse, qui déversa un quantité sensible de grêle (en témoigna l'état des route à notre retour), nous nous postons de nouveau, au sud de la ville cette fois-ci.







Nous restons un bon moment à admirer cet orage fuir vers le nord. Non sans une petite pointe d'inquiétude à un moment d'ailleurs, celui-ci passant au dessus de chez moi, avec ma petite famille dedans... J'observais avec une certaine anxiété ce pied de pluie renflé en me disant que cela devait souffler fort là-bas !



Mais ce fut finalement bien moins agité que sur Pithiviers : Ouf ! Cela étant, l'air ambiant refusait toujours de se calmer. Derrière nous, venant donc du sud-est, un nouvel orage. Il est pourtant deux heures et quart ce matin du 14 mai, mais ce qui arrive annonce encore de belles choses.
En effet, à la faveur de quelques flashes disparates dans cette masse convective assez puissante, apparait sous la base un petit rouleau nuageux, très net et bien formé. Visiblement, il y a un petit arcus en formation (ou en fin de vie, difficile de savoir).



Nous décidons de remonter un peu au nord ou nord est si possible, pour l'intercepter. Nous nous postons cependant assez rapidement car c'est un orage d'une toute autre nature qui se révèle : plutôt de type frontal, peut-être un peu plus pluvieux et moins électrique que les précédents, le spectacle est toute même grandiose.





Fin de cette belle nuit d'orages aux alentours de 4h... Plein les yeux, j'ai appris pas mal de choses de cette traque. Au final, fatigué, un peu, mais heureux, beaucoup !



La suite, c'est par là...


Date de dernière mise à jour : le 28 février 2016.
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