Le retour vers le début du récit pour 2009, c'est là !



Le 25 mai : nouvel épisode d'orages supercellulaires intense sur le nord de la France.

Une "pure soirée" comme on dit ! une nouvelle fois les conditions sont réunies pour voir éclore de véritables monstres d'électricité loin de le pluie. Nous n'iront pas courir loin cette fois encore, juste entre le nord des Yvelines et le val d'Oise. Cela suffira pour voir naitre de très belles cellules, dont une de nuit au nord de Paris, supercellulaire, qui nous offrira un spectacle grandiose !

C'est devenu une habitude cette année : départ de chez moi avec la bande en fin d'après-midi. Le moment du départ est électrique déjà ! De la Vienne à la Sarthe, selon un axe sud-nord, une ligne de possibles supercellules orageuses s'est formée brutalement vers 19h. Nous décidons donc de lever l'ancre en direction des Yvelines, le long des bords de Seine entre Meulan et Mantes la Jolie.
Une première cellule ou plutôt deux car il apparaîtra par la suite que ce noyau convectif était en train de "splitter" au moment de la photo (un anglicisme barbare pour dire qu'il s'agissait d'une supercellule en formation...), impressionnante, pousse rapidement dans la direction que nous avions choisie ! La première galère consiste cependant à trouver un point de vu digne de ce nom sur les lieux... pas évident. Nous finissons sur les bords d'un étang, en compagnie d'un petit groupe venu pique-niquer tranquillement, et qui était sûrement loin de s'imaginer qu'ils verraient débarquer une bandes de fêlés avec tout le barda photo... Pour venir leur parler de ce qu'ils craignent le plus de voir venir gâcher leur petite réunion champêtre. "Quoi ? Un orage !? Haaa, non ! Pas maintenant !!" Une chance pour eux : le flux les a protégés le temps de cette escapade gastronomique de salon d'extérieur.



Là dessous, Raphael TRANCHANT un chasseur d'orages des Yvelines, subi les assauts d'une bonne averse de grêle d'assez bond diamètre. Nous décidons d'ailleurs d'aller le rejoindre sur l'un de ses spots favoris.
Arrivés sur les lieux, la première grosse cellule qui remontait du sud Yvelines c'est quasiment effondrée. Mais elle trouve encore les ressources pour souffler un petit front de rafale qui soulève des lambeaux de stratus près du sol. Impressionnant, le spectacle de ces filaments tournoyants devient saisissant lorsqu'ils prennent subitement l'allure d'un tube vertical présentant l'espace de quelques secondes, ce que l'ensemble du groupe considère comme une rotation cyclonique !



Sûrement une farce de la nature, ou peut être une petite tornade de type B, de type gustnado ? Nous ne le saurons pas... Mais nous sommes peu accaparés par la question, car une autre des grosses cellules vues sur les radars lors du départ, alors proche de Chartres, se présente à l'horizon avec une cheminée d'alimentation bien haute et verticale.



Petit à petit, l'électricité se fait plus présente. Mais l'usage du 90 mm est une nouvelle fois fort appréciable, tant les éclairs se font encore lointains.



D'ailleurs, l'activité de l'orage devient rapidement exclusivement intranuageuse. Nous admirons un moment sa structure, qui aurait pu, avec un peu plus de potentiel, donner une supercellule plus pérenne. Bases étendues, lisses et sombres avec cette aspect plutôt subsident, surmonté d'une cheminée assez inclinée et qui donne l'impression d'être torsadée...



Mais nous devons nous inquiéter de la suite ! Et là, il semble qu'il ne faille pas perdre de temps. Un MCS s'organise sur le nord du Massif central ! Si nous voulons profiter de la vision que pourraient délivrer quelques cellules en air sec à l'avant du monstre, il faut bouger vers le nord-est. Ni une, ni deux ! Départ pour le Val d'Oise... pour nous arrêter dans les environs du Perchay, où une averse convective commence à éclore au dessus de nous. C'est d'ailleurs un spectacle agité qui nous attend sur la route : des branches cassées, des feuilles, des graviers et de la terre sur la route. La météo a été pour le moins agitée par ici peu avant notre passage !
Et cela ne s'arrête pas là ! L'orage qui vient d'éclore au dessus de nous quelques minutes plus tôt prend rapidement de l'ampleur...



... Tant et si bien qu'il devient carrément supercellulaire !
Tout commence avec de nombreux flashes intranuageux, assez fréquents. Quand soudain, c'est l'apothéose ! Un éclair extranuageux jaillit du flanc ouest de la bête, sous nous yeux ébahis (et nos appareils photos en action, oufff !) :



Puis un autre, et encore !!! Et là, Henri a eu la bonne idée de me prêter son vieux D70, sur lequel j'ai vissé mon petit (mais costaud) 90 mm... Boummm !





Les deux points de vue se complètent à merveille : un énorme coup de chance en tout cas !
La poussée ascendante dans la cheminée d'alimentation devient infernale. On le devine aisément, juste à l'allure aplatie telle une pile d'assiettes, des nuées situées sur le bas de l'ascendance. Comme un amas de pileus, un forçage monstre, un coup de bélier violent dans la masse compacte qui les surmonte.



Et soudain, la cheminée entière entre en rotation cyclonique ! La supercellule est là, devant nous, énorme, puissante, bestiale presque.



Le nombre d'images collectées me permet de réaliser une petite animation visualisant clairement cette rotation.
L'étage moyen fini par être envahi d'Altocumulus. La cellule disparait derrière un épais voile nuageux qui ne laisse plus entrevoir que quelques flashes de temps à autres. Il est temps de penser à la suite !
Il va falloir jouer serrer. Le gros système multicellulaire qui remontait du Massif Central est aux portes de Paris et avance très rapidement. Toute la moitié sud et sud ouest de l'Ile de France est sous de fortes pluies déjà ! Si nous voulons avoir une chance d'intercepter les cellules convectives à l'avant du système, et qui avance vers la Champagne, il faut y aller maintenant ! D'autant qu'il semble qu'un ou 2 bow-echos (orages linéaires en arc, au déplacement très rapide) survolent le nord de la Bourgogne. A voir absolument si nous en avons le temps !
Direction la Francilienne nord ! Plein est... Pas de bol, nous sommes avalés à hauteur de Roissy par le MCS... De grosses précipitations nous suivent jusqu'aux environs de la Marne. Là, nouveau pépin : une erreur d'itinéraire nous fait encore perdre un bon quart d'heure. Décidément, quand rien ne va dans le bon sens...
Nous arrivons finalement dans les environs de la Chapelle sur Crécy, entre Meaux et Coulommiers. Mais trop tard : l'orage est passé depuis un moment, et il ne nous reste qu'à admirer les dernières étincelles, encore visibles alors qu'il s'échappe vers les régions Nord et la Belgique.
Un éclair, probablement positif au son détonnant du tonnerre et à l'éblouissement produit par la décharge, éclate cependant à un gros kilomètre, comme pour saluer notre témérité :



Il est environ 2h15 ce matin du 26 mai 2009... Il est temps de rentrer, je fatigue, il y a encore un peu de route. Mais c'est avec la tête pleine de belles images et de bons moments passés entre compères passionnés : ça rend toujours les retours plus faciles. Une sacrée soirée, assurément !

Le 1 juin : orages estivaux diurnes sur le Centre

Les voila qui arrivent doucement nos orages estivaux ! De la convection pure, sans participation dominante des aspects dynamiques (malheureusement dans un sens, car c'est plutôt indispensable pour permettre à la convection de se maintenir). Lumières et graphisme des Cumulonimbus symétriques au rendez-vous...

C'est une traque tranquille pour une fois que nous prévoyons avec Henri ! Départ "pépère" de chez moi en milieu d'après-midi, pour être sûr de pouvoir profiter au maximum de cet épisode. C'est un flux de nord/nord-est plutôt lent de plus qui intéresse cette première journée de juin,
ce qui est appréciable : nous savons que nous aurons le temps de nous positionner et d'admirer les oeuvres de la masse d'air en ébullition.
Nous n'avons en plus pas besoin de courir. Premiers arrêts en Centre-Essonne même, non loin de chez moi, où le ciel commence à donner les premiers signes d'activité convective significative. De petits Cumulonimbus bourgeonnent de-ci de-là, le temps d'une petite averse et disparaissent rapidement.



On remarque d'ailleurs que la dynamique d'altitude n'est pas aussi absente que je ne l'avais cru au départ : l'enclume de ce petit nuage d'averse s'étire assez sensiblement vers le nord, indice de la présence d'un vent certain en haute troposphère.
Nous levons ensuite l'ancre pour descendre un peu plus au sud. Une petite ligne orageuse semble vouloir se former sur les environs de Pithiviers.
Sur place, un constat s'impose : nous arrivons à point ! Les lignes nuageuses se sont organisées et des têtes cotonneuses denses et brillantes commencent à prendre, comme ici, les contours flous et filamenteux des enclumes naissantes. D'autres sont déjà assez étendues...



Nous sommes d'ailleurs rapidement rejoins par cette ligne convective. Le temps de nous poster au nord de Pithiviers, et les premiers roulements de tonnerre commencent à remplir le silence de la campagne environnante. Des roulements longs mais un peu cassants, indiquant qu'ils ne viennent pas de si hauts dans le nuage.
La pointe est de la ligne s'active progressivement : un petit Cumulonimbus surgit rapidement des nuées, en même temps qu'une averse se déclenche...



Finalement, la ligne se résous localement en plusieurs petites averses. La lumière du Soleil filtre au travers des nuées et des rideaux de précipitation, jouant avec le vert acidulé de la végétation des céréales dans lequel Henri fini par se jeter, pour mieux gouter la plénitude de cet instant fugace.



La langue d'air instable poursuit cependant sa lente dérive vers le sud. Nous n'avons pas encore assez de ce spectacle, de cette douce lumière et de ce ciel animé, mais sans grande colère. Nous partons donc un peu plus à l'ouest, où les choses semblent se corser un peu plus. En chemin, quelques occasions d'images se présentent : impossible de ne pas profiter de ces quelques rayons filtrant au sommet d'un congestus, et surplombant majestueusement les grandes éoliennes beauceronnes :



Le long du chemin pour Toury, les cumulonimbus se font de plus en plus présents. Les averses se poursuivent en se tonifiant. Nous devons même forcer l'arrêt avant arrivée à destination...



les choses se font de plus en plus conséquentes, et de plus en plus précipitées aussi. Nous observons ainsi un moment des beaux bouillonnements durables en direction du sud de la Normandie :



Mais comme pour tout épisode de convection, surtout en cette période de l'année, il faut savoir compter avec le coucher du Dieu Soleil. Lui seul orchestre les mouvements nuageux tant convoités, aussi nous assistons rapidement et non sans une petite pointe de frustration à l'étalement rapide des dernières ascendances... Au loin, vers l'est un dernier petit Cumulonimbus nous salue, rougi par les froids rayons de l'astre du jour déclinant.





Nous terminons cette sympathique promenade avec un coucher de Soleil aux couleurs flamboyantes sur fonds de filaments de cirrus, derniers vestiges des petits orages de la journée.
Cette chasse me laissera un goût différent des précédentes : fort plaisant, même si la foudre n'a pas été franchement au rendez-vous, mais les ambiances vécues auront marqué les deux traqueurs tout en signant les prémices d'une série d'épisodes orageux souvent caractérisés par la suite par la qualité de la lumière qui les baignera.

Le 14 juin : orages estivaux diurnes sur l'est de l'Ile de France et la Champagne

Un épisode difficile à cerner tant les modèles numériques étaient indécis et capricieux sur ce coup là. Mais nous sommes parvenus à nous retrouver sur l'unique zone convective apparue alors sur la moitié nord de la France. Un joli coup, fort bien récompensé par dame Nature !

En fait ce n'est pas tant que les modèles soient vraiment indécis ce 14 juin, mais ils ne sont pas non plus évocateurs d'une franche dégradation orageuse. Où les orages éclateront ils ? Et quand ? Et puis de toute façon, je doute un peu de l'intérêt de cette situation au départ, me disant que les cellules orageuses qui naitront seront trop éphémères pour donner de beaux orages.
Mais un indice reste constant sur les cartes des modèles, et il n'est pas insignifiant dans ce genre de situation, au contraire ! Une ligne de convergence au sol, zone de rencontre de flux venteux contraires, reste prévue sur la région Champagne pendant l'après-midi et la soirée. Quand deux masses d'air se rencontrent sous l'effet de vents convergents, elles n'ont d'autre choix que de s'élever... et de déclencher ainsi des orages quand l'une d'elle est instable ! Ce qui est le cas visiblement !
L'équipe part donc pour Reims et ses environs en fin d'après-midi. En chemin, le ciel est bleu et limpide sauf... à l'est de Paris, Bingo ! Une grande ligne de congestus s'étire et s'alimente en permanence par l'ouest, livrant de saisissants contrastes sur la campagne briarde. Les averses, parfois denses commencent à se dessiner sporadiquement sous la longue base plombée et allongée. Nous trépignons d'impatience, la lumière étant déjà très belle.
Finalement, arrivée au nord-est de Reims vers 18h30... installation, et c'est parti : quel régal ! Le ciel est coupé en deux. D'un côté, au nord-ouest, grand soleil. De l'autre, une énorme enclume s'étire depuis les environs de Château-Thierry.



Le contraste est violent et donc dur à saisir. Je multiplie les essais, mais c'est loin d'être évident, surtout pour tenter un panorama. Et la compression due au format "jpeg" n'arrange malheureusement rien ici.
Au loin, la ligne continue encore et toujours de s'alimenter, tant et si bien que l'orage provoquera de gros dégâts à Château-Thierry, dont des coulées de boues importantes.



Derrière nous, le ciel se réveille. L'enclume s'étire à perte de vue, et l'air froid qui en descend semble susciter de nouvelles tentatives convectives assez toniques pour atteindre finalement l'enclume elle-même.





Nous restons un moment à admirer ce spectacle énorme, mais de nouveaux gros "choux-fleurs" convectifs nous appellent un peu plus au nord-est... décollage !
La route, pendant une cinquantaine de minutes... puis un point un peu élevé enfin. Il était temps ! L'orage de Château-Thierry est encore là ! Stationnaire, il englouti la ville et ses environs sous des trombes d'eau à répétition. D'ici, le plafond nuageux prend les allures du ciel que l'Enfer voit sûrement tous les jours. L'enclume, lourde, sombre et menaçante, se gonfle de pustules innombrables, de grandes poches prêtes à crever au dessus de nos têtes ! La vision de cette voute est... envoutante !



Et un peu plus au nord, un autre orage, assez violent également visiblement, se déclare également. Moult pileus et fortes poussées ascendantes le modèlent et le transforment au fil de la soirée en un véritable monstre vaporeux.





Les précipitations tentent sans succès, de nous atteindre. Mais le Soleil est de la partie !



Le spectacle est partout autour de nous, il nous submerge, On ne sait plus où regarder tant la Nature a décidé de donner ce soir là !



L'heure avance. Le Soleil s'en va finalement rejoindre d'autres contrées. Le ciel devient lentement plus sombre et les couleurs se réchauffent alors que la lumière se fait plus rasante. On est pas au bout de nos surprises !







Plus tard, un dernier détour un peu plus à l'ouest encore nous mènera vers un dernier Cumulonimbus agonisant avec le jour.
Le retour se fera avec ces belles lumières plein la tête.
Quelle chance me dis je souvent, de savoir admirer des choses qui peuvent paraitre si simples et insignifiantes quand on n'est pas directement (et malheureusement souvent) dessous, mais qui peuvent être si belles et impressionnantes quand on prend le temps de regarder.

Le 25 juin : épisode d'orages caniculaires forts sur l'Ile de France

Comme il se doit pour ce genre de situation, les éléments vont mijoter longtemps avant de concrétiser le débordement attendu par le traqueur d'orages, passant du ciel calme au frémissement nuageux, du frémissement au bouillonnement léger, puis au petit Cumulonimbus "mou du j'noux", et finir enfin en gros feu d'artifice nocturne avec moult éclairs et grosse pluie brutale. C'est l'été !

D'ailleurs je suis une nouvelle fois un peu dubitatif au début de cet intermède instable. Je doute être concerné par l'événement et je ne suis pas certain de pouvoir partir sur la façade ouest suffisamment tôt pour pouvoir en profiter de manière satisfaisante. Mais je me décide tout de même à quitter le travail pour être près aux alentours de 18h30.
L'atmosphère, déjà, est en ébullition ! De jolis amas convectifs commencent à mousser autour de chez moi. C'est du solide !





C'est même étonnant ! Les Cumulonimbus fleurissent en rangs, bien costauds, mais éphémères... L'un d'eux s'éteint, un autre pousse quelques minutes après dans son giron.



L'ami Amaury KERJEAN me rejoint en début de soirée. Je ne serai pas seul pour cette traque, ouf ! C'est que la situation n'est pas évidente à appréhender : nous ne sommes pas trop de deux pour donner un cours satisfaisant à cette aventure. Nous partons rapidement vers Ablis, plein ouest. Là, un petit orage semble vouloir se former.
Mais il peine à grossir. La ligne d'alimentation est assez courte et maigre. Il nous lâche quelques coups de foudre lointain, puis c'est la fin.



Dépités nous sommes... Il semble que le gros du bataillon remonte rapidement vers la Normandie pour donner un gros MCS. Là, je suis moins enthousiaste, sachant à l'avance que ce genre de monstre estival donne de grosses quantités de précipitations, rendant la traque pour le moins hasardeuse lorsque l'on est dessous...
Pourtant, la température et la lourdeur de l'atmosphère ambiante, l'aspect pas franchement instable du ciel, mais en même temps, pas franchement calme, me laissent dans l'expectative... Et si malgré tout...
La nuit tombe. Le ciel est toujours indécis. Quelques tourelles gonflent, puis s'affaisent.



Nous décidons alors de nous rapprocher un peu plus de l'autoroute A10, au cas où il faille partir plus à l'ouest. Cela étant les choses se précisent lentement. La première moitié de la nuit voit ainsi le ciel devenir de plus en plus menaçant et couvert. A l'ouest, sur l'horizon, les flashes lointains du MCS normand rythme notre attente, et un peu notre désarroi. Il semble que nous allons passer à côté du spectacle : là bas, de grandes gerbes d'étincelles célestes illuminent tout le secteur, avec des décharges qui semblent vraiment très puissantes !
Ici, rien. Nous remontons alors encore un peu... direction Mantes la Jolie, où nous devrions être en bordure du système orageux.
Ce n'est qu'une fois arrivés aux alentours de Jumeauville que nous sommes contraints de stopper... pour cause d'orage ! Et pas un petit orage cette fois !
Le MCS à provoqué la déstabilisation de la masse d'air l'environnant comme je l'espérais : du coup, c'est toute une ligne qui s'allume progressivement, barrant l'Ile de France d'ouest en est.
Haaa, enfin !!! Et là nous n'avons pas fait les choses à moitié car nous sommes juste en bordure ! Un bel ourlé nuageux rappelant un front de rafale apparaît, et la foudre se réveille brusquement.
Bouoouummmm ! Déballage du matériel, vite ! La foudre s'abat à 1 ou 2 kilomètres, parfois à quelques centaines de mètres ! Replis stratégique dans la voiture, c'est plus sûr tout de même...





Le terrain a beau être relativement plat et dégagé, pas moyen de capturer un impact au sol : les éclairs tombent invariablement à l'arrière des bosquets. Pourtant parfois, ça ne tombe vraiment pas loin !





La pluie nous avale tout rond. Comme il se doit dans ce genre d'épisode orageux, ce sont de véritables trombes d'eau qui s'abattent sur nous. Nous devons nous décider à tenter de reprendre la situation en main. Ces orages ne sont pas sensés se déplacer rapidement, nous devrions pouvoir les devancer pour profiter une nouvelle fois du spectacle. Nous partons donc plein nord, en direction de Pontoise pour tenter de trouver une plaine dégagée.
La route est inondée par endroit. La conduite devient rapidement un facteur de risque supplémentaire dans ces occasions : nous nous en rendons compte une nouvelle fois.
Nous nous arrêtons finalement dans les environs de Courdimanche, sans être réellement parvenus à sortir de la zone d'orages. Ceux-ci se sont plus rapidement étendus que je ne le pensais de prime abord. Qu'à cela ne tienne, la cellule qui approche est trop intéressante pour que nous la dédaignions : c'est reparti !
La pluie est intermittente et relativement modérée, ce qui nous arrange. Et d'en profiter pour remplir les cartes mémoires de la vision fugace de ces élégantes zébrures excitées. Certaines ont un graphisme magnifique : ces charmeuses dansent devant nos yeux ébahis le temps d'un battement de cil puis se volatilisent, jouant à cache-cache et tiraillant le désir du photographe de les voir de nouveau se dévoiler pour son seul plaisir...





Lentement, la cellule évolue vers un état plus mature et donne progressivement de nombreux coups de foudre simultanés alors que la pluie s'intensifie.



Le mastodonte glisse doucement vers le nord. D'autres cellules se signalent à sa suite. Mais on sent que l'activité orageuse s'essouffle localement. Les décharges prennent la configuration de la fin d'orage : décharges internuageuses, nombreuses par intermittence mais espacées et finissant parfois par un coup de foudre.



Il est 4h du matin passé... La fatigue gagne, d'autant que l'activité orageuse ne persiste plus qu'au nord de la région et nous demanderait un effort important pour la rattraper. Mais à ces heures là, les orages ont pour habitude de se tarir, et la violence de l'épisode laisse peu de place à une reprise en matinée... La progression de cette chasse a cependant été très bonne pour nous. Pourvu que cela dure et que les prochaines soient à la hauteur !

Le 2 juillet : nouvel épisode caniculaire... fuyard !

Une traque qui commence un peu avec l'espoir de tourner comme la précédente : commençant doucement et promettant de bien belles choses... Mais c'est sans compter sur les effets de surprise parfois réservés par la Nature ! En l'occurrence, difficile de suivre des orages qui sautent d'un coup 80 kilomètres plus loin...
Cette fois-ci, je suis fin-prêt pour la chasse de l'année ! Olivier MOMON est venu me rejoindre à Cheptainville. De jolis champignons atmosphériques poussent par endroit, un délice. C'est cela oui, nous allons partir à la cueillette aux champignons, mais pas n'importe quels champignons... nous n'en voulons que des blancs, charnus et SURTOUT... toniques !
Et comme ils poussent devant ma porte, pas besoin de courir. Une première balade vers Echarcon nous donne un bon aperçu de la situation.
Les enclumes sont encore fines et se délitent rapidement, mais cela n'a pour l'instant rien d'étonnant. L'heure n'est pas très avancée et l'atmosphère est sûrement encore trop uniforme en température pour produire de gros orages.



Nous repartons vers Bondoufle. Au nord-est de Paris, un petit amas orageux étale ses enclumes et dresse un pain de sucre vaporeux, indice que les hostilités démarrent progressivement.



Mais une inquiétude persiste. Une intuition nous dit que si nous ne montons pas plus au nord, nous allons nous faire avoir ! Nous nous décidons à repartir pour le nord des Yvelines, où de nouveaux orages semblent vouloir naitre. Et il semble qu'ils soient plus consistants cette fois. D'ailleurs, un arrêt en sortie de Thoiry s'impose ! Impossible de passer à côté de ce gros pépère qui vient de fleurir. Celui-là, il est pour nous !



Et là, première galère : il nous faut un point de vue vers le nord qui soit valorisant pour les photos... hum, pas facile dans les environs de Mantes. Pas mal de petits bosquets, de surplombs s'intercalant devant l'orage. Mais la sortie nord du village de Flacourt nous offre le point de vue rêvé !
L'orage lui, en a profité pour s'éloigner plus qu'il ne l'aurait fallut... Nous tentons quelques images d'ambiance, mais rapidement un constat s'impose : raté !
Il faut repartir encore au nord. Oui, nous partons assez vite, jusqu'aux environs de Magny en Vexin. Là, la pointe sud-est d'une ligne d'orages courant jusqu'au Havre nous accueille. Mais nous avons à peine le temps de poser le matériel : la ligne de dissout dans l'encre noire de la nuit tombant. Quelques éclairs lointains subsistent, mais maintenant c'est dans la Somme qu'il faudrait aller... Et après ?
La raison l'emporte bien sûr, rien ne sert de courir. La ligne orageuse s'est allumée d'un coup entre Lille et Lyon, en passant par Troyes et Besançon. Trop loin pour nous, n'ayant pas la certitude qu'il ne s'agisse pas encore là d'un avant dernier rebond... Une pose lors du retour vers le bercail nous donnera cependant le loisir d'observer les lointains flashes vers le nord et le nord-est.
Les choses tournent court ce soir là. Mais de belles ambiances diurnes auront été captées, et le besoin d'apprentissage continuel du traqueur d'orages sera comblé. "C'est toujours ça de pris" !!! Et la traque orageuse de toute façon, quand elle est faite à plusieurs, est toujours un bon moment passé entre amis. "N'est ce pas ce qui compte le plus quelque part"... je me le demande ce soir là.

Et ça ne s'arrête pas là, La suite est par là...


Date de dernière mise à jour : le 28 février 2016.
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