Le retour vers les récits précédents pour 2009, c'est là !



Le 7 juillet : petit orage de traine estivale à domicile

Je ne m'étais pas préparé à la venue d'un quelconque orage ce jour là... Et bien j'ai tout de même été servi ! Pour dire que cette saison de traque 2009 fut une très bonne saison : même lorsqu'on n'attend pas d'orage, et bien il y en a quand même, magique non ?
Le ciel n'a cessé de donner des signes de son excitation tout le long de l'après-midi et finalement en début de soirée, les premiers orages arrivent sur l'Essonne. Pas des orages supercellulaires du 25 mai bien sûr, de petits orages sympas, pas méchants et pas très durables, mais la variété des formes confère la surprise de chaque traque, c'est ce qui met un peu de suspens dans l'histoire.
Balade dans les champs derrière chez moi...



On sent tout de même que la couche d'air en basse atmosphère est chahutée : elle consent ainsi à m'offrir un petit front de rafale suivi d'une belle averse bien localisée... Autour, l'air est sec et limpide : contrastes intenses et jolie structure nuageuse au programme...





Puis l'averse passe en une quinzaine de minutes. Le retour du soleil signera la fin de cette fort jolie vaguelette orageuse !

Le 16 juillet : nouvel épisode supercellulaire sur le Centre / Ile de France !

On en a pris l'habitude cette année, à tel point que je ne sais pas comment je réagirai l'an prochain s'il n'y en a pas ! Une supercellule se forme sur le Loiret. Interceptée aux environs de Pithiviers, c'est un spectacle d'orage américain qui nous attend... Pied de pluie, rotor, grosse enclume avec mammas, lumière de rêve... Tout y est !

Une autre habitude cette année : départ de chez moi ! Il faut dire que c'est pratique et que le départ pour les orages devient quasiment instantané. Les compères de traque que nous sommes ne sont d'ailleurs pas les seuls sur ce coup là : c'est en deux groupes que nous partons observer les orages en formation, l'autre groupe étant mené par Xavier DELORME.
Les éléments vont mijoter un certain temps et attendre la fin d'après midi pour commencer les hostilités. Nous partons une nouvelle fois vers Pithiviers : c'est là qui nous devrions croiser le gros système orageux modélisé par GFS. Nous en sommes sûrs, c'est un bel orage qui nous attend !
Le départ va d'ailleurs rapidement se précipiter : une grosse enclume est déjà visible de chez moi, vers le sud. Bingo !
Nous décollons pour le nord du Loiret.
En route, l'atmosphère prend une tournure particulière. L'air est chargé : humidité et poussières dues aux moissons qui s'activent frénétiquement peignent un décor de traque orageuse des grandes plaines américaines. Les moissonneuses tournent et virent dans de grands tourbillons translucides et poudreux modelés par l'agitation ambiante. La lumière presque rasante de ce début de soirée estival est vraiment particulière, chaude et embrumée.



Au sud l'enclume se dévoile : elle est gigantesque ! Enorme ! Et son aspect nous donne immédiatement une première information : il s'agit peut être d'une supercellule ! Elle est dense, ourlée d'innombrables mammas. Entre ceux-ci des éclairs rampent sporadiquement, tels d'énormes araignées fuyant je ne sais quelle malédiction. Nous trouvons un point de vue juste au nord de Pithiviers, pas forcément idéal mais nous n'avons pas franchement le choix. Il faut nous arrêter et nous dépêcher d'installer le matériel.



Sur la droite, au pied de la cellule, un rideau de pluie apparaît nettement, et il est fortement incliné. Il se prépare quelque chose de puissant et de dévastateur là bas ! Et la foudre s'en mêle enfin. Elle pylône fréquemment les champs alentours.



Nous distinguons rapidement un renflement à la base du rideau de précipitations. Le pied de pluie formé rapidement devient dans la minute un beau rotor !



Le souffle paraît d'ailleurs si intense qu'il se détache rapidement du rideau ! Nous imaginons, médusés, la puissance du vent et de la micro-rafale qui ont pu produire un tel déchainement des éléments... Au dessus, un nuage allongé commence à se former lentement : un arcus prend naissance.





Autour de nous, les moissons deviennent fébriles. L'orage qui vient est impressionnant et nous ne sommes pas les seuls à le sentir ! Je surprends même à un moment l'un des moissonneurs à proximité à l'arrêt photographiant le monstre qui arrive par le sud, prêt à l'engloutir avec son tracteur. Il faut absolument mettre au maximum la récolte à l'abri, c'est l'impression que donne cette frénésie d'activité humaine. A l'arrière, le ciel semble indifférent et continue de se charger et de s'assombrir...



Nous apprendrons plus tard que cette micro-rafale aura occasionné de nombreux dégâts quelques kilomètres à l'ouest de notre position : Xavier, alors posté juste en face de l'arcus en formation, en aura d'ailleurs tiré une vidéo tout à fait évocatrice : arbres arrachés, routes coupées par les débris végétaux et les inondations...
En l'espace de quelques minutes, l'arcus se constitue et progresse vers le nord :



Nous prend alors une idée aussi sotte que grenue ! Et si nous tentions de contourner l'arcus par le nord pour nous retrouver sur son flanc ouest, et ainsi profiter de la lumière déclinante du Soleil pour bénéficier d'une vision incomparable de l'animal ! Mais quelle idée ! Et pourtant... Et pourtant nous tentons tout de même la chose... sans succès bien évidemment. Le front orageux avance bien trop vite pour que ce soit possible, l'orage étant assez étendu et les routes loin de permettre de franchir les 60 km/h dans de bonnes conditions météo. Alors, au moment où nous nous sommes retrouvé happés par la bouche géante, bien évidemment, plus question d'aller plus loin. Seule option, trouver un endroit dégagé pour observer l'état de notre environnement et éviter toute prise de risque inutile.
A l'arrêt sur le bord d'une petite communale, au milieu de la Beauce en furie, nous courbons docilement l'échine en regardant, hagards, la pluie "tomber" quasiment à l'horizontale tellement le vent est violent. La voiture est ballotée en permanence : une chance qu'il n'y ait pas trop de turbulence au sol et qu'il ne change pas fréquemment de sens et de force.
Nous n'avons pas d'autre choix qu'attendre que l'orage passe : pas glorieux pour un traqueur d'orages à mon goût.
Une fois le temps plus clément, soit une bonne vingtaine de minutes plus tard, nous pouvons enfin repartir, à la poursuite de l'orage cette fois, ce qui est nettement moins évident, surtout quand il est rapide.
Nous nous arrêtons assez rapidement d'ailleurs, un peu avant Etampes : il nous apparaît clairement que nous n'arriverons même pas à le suivre, car il survole déjà Paris. Nous profitons un moment de la vue de l'énorme enclume boursoufflée de mammas et secouées de nombreux spasmes électriques... quand nous remarquons que la ligne de congestion l'alimentant par le sud ouest s'active également ! Les têtes bourgeonnantes sont très basses et ne semblent même pas avoir atteins le stade calvus que déjà, des coups de foudre surgissent sporadiquement sous les bases !



Mais les choses se calment vite. Il nous reste une dernière option. Filer à l'ouest où d'autres orages semblent avoir éclos. En fait, notre supercellule semble se trouver à la pointe sud-est d'une longue ligne orageuse s'étendant jusqu'en Normandie. Nous filons donc de nouveau, vers Ablis cette fois-ci.
Une fois passé Ablis pour Chartres, nous stoppons dans les champs, un peu à l'ouest. Un petit Cumulonimbus étire son enclume vers le nord et lâche de temps à autre quelques internuageux. Nous arrivons visiblement alors que celui-ci décline doucement, tout comme semble d'ailleurs le faire l'ensemble de la ligne que nous apercevons plus loin.



Les choses se calment finalement en quelques dizaines de minutes, pour finir sous un ciel assez clair et étoilé. Nous tentons une dernière destination avec un retour sur le Loiret ! Encore ! Et oui, et là nous assistons de justesse à l'arrivée d'un monstre, avec un bord d'attaque franc, très étendu et compact, aux rebords lissés, comme un arcus géant ! Nous sommes un peu circonspects devant l'animal tant il paraît démesuré. Nous n'avons cependant pas le temps de l'observer, longtemps : encore moins de le photographier. C'est qu'il file le bougre, et la pluie arrive sur ses talons. Nous repartons vers Malesherbes, avec l'espoir de repasser devant, mais nous stoppons rapidement, tant la course est illusoire.
Le temps de déballer le matériel cependant et prendre quelques images de foudre, très humides, la pluie étant omniprésente. Cela devient même à un moment dangereux : nous pressentons un instant la proximité d'un foudroiement et rangeons en hâte avant d'entrer dans la voiture. Et l'intuition sera la bonne. Louis HECKER, terminant une dernière pose sur les abords du véhicule, capture en image les traceurs d'un éclair qui frappe le champ juste derrière nous, à cent mètres à peine ! Il est plus que temps de se mettre à l'abri...
Ce dernier amas orageux termine la séance. La journée à été riche en phénomènes météo variés et en photos rares pour ce genre d'activité, nous rentrons dans un esprit loin de la morosité.
Ne me manque plus qu'un trophée en fin de cette traque cependant : malgré toutes ces supercellules observées, je n'ai pas encore eu droit à mon mésocyclone cette année, et j'avoue que c'est bien là quelque chose qui manque à mon palmarès. Je croise encore les doigts ce soir là, en me disant qu'avec un peu de chance, le prochain intermède instable sera le bon...


Le 21 juillet : orages nocturnes sancerrois de caractàre...

Cela faisait longtemps que nous n'étions pas revenu en pays sancerrois gouter les orages du Cher. Ce sera sans déception aucune, car une nouvelle fois, l'événement est à la hauteur de nos espérances, avec en clou du spectacle, une cellule extra-terrestre qui va nous secouer un peu...

Et c'est toujours une histoire nouvelle ces départs pour Sancerre ! En route, le ciel et ses nuages nous accompagnent de leurs figures graphiques et évoquent, non sans suspens, la forme que prendra la voute céleste dans le chapitre suivant. Un peu comme un enfant se perd à imaginer lapins et fées dans le ciel ennuagé, nous évoquons intérieurement les gros orages qui se dessinent lentement au dessus de nos têtes, sans pour autant savoir ce qui nous attend vraiment.
Les choses se précisent aux alentours de Montargis, où un premier Cumulus mediocris prend une tournure intéressante : nous avons tous l'impression de voir la zone où entre l'humidité dans le nuage prendre une petite configuration enroulée, comme vrillée. Etonnant pour un si petit nuage ! Bien sûr, cela n'aboutira sur rien de bien concret, mais c'est un premier indice que la nuit pourrait être mouvementée.



Pas trop de possibilité pour ma part, étant au volant, de faire la moindre photo... du coup, arrêt à la barre de péage de l'A77 :



Mais il faut nous hâter. Le ciel est chargé de bancs bien rectilignes de petits Altocumulus castellanus, ces rangées de petites tourelles précédant si souvent l'orage.
Une fois installés comme à notre habitude proche du croisement de la D7 et de la D85 quelques kilomètres à l'ouest de Sancerre, nous posons le matériel sur une petite proéminence en plein pré et passons les minutes qui suivent à observer les premiers bouillonnements troposphériques.
Nous n'attendons d'ailleurs pas longtemps car à peine arrivé sur site, un petit Cumulonimbus salue notre arrivée, quelques dizaines de kilomètres au sud-est de notre position.



Il n'a pas l'air bien costaud, ni très haut, mais il lâche fréquemment de jolies décharges internuageuses. Une petite ligne d'alimentation, plus sombre, se forme juste devant : il y a des chances que cet orage perdure en plus !



L'animal est surprenant. Pas un coup de foudre, rien que des décharges intra- et internuageuses ! Finalement, si, enfin ! Mais se sera l'unique qu'il nous délivrera.



L'atmosphère s'apaise un temps. Nous en profitons pour casser la croute. C'est là un moment que nous affectionnons tous : l'attente, loin du tumulte de la civilisation, perdus dans la verdure à scruter le ciel et l'arrivée du tonnerre, alors qu'autour tout est calme... étonnamment, voire suspicieusement calme...
D'ailleurs les soupçons ne durent qu'un temps. La ligne d'horizon sud-ouest semble soudain se réveiller, et des flashes lumineux apparaissent sporadiquement sur une grande portion de celle-ci. Ces orages sont encore lointains, et nous avons le temps de nous voir venir. Nous profitons de l'aubaine pour échanger et tester le matériel des uns et des autres, discuter technique et autres menus problèmes de photographe quand soudain un orage éclate... dans notre dos !
Pas du tout le même genre d'orage que le précédent. Une vraie pile électrique se réveille quelques kilomètres à l'ouest de la centrale de Gien.
Changement de stratégie, tout le monde de l'autre côté de la butte, pour ne rien rater du spectacle !



La centrale paraît si petite en rapport à la taille du monstre... Elle a la prétention de fournir une grande quantité d'électricité en plus... Voici un Cumulonimbus que cela doit doucement amuser !
Nous ne le savons pas encore mais Xavier DELORME et quelques compères se trouvent légèrement à l'est du monstre. Ils ramèneront de belles images de l'animal, pris sous un angle pour le moins impressionnant !



Finalement, le monstre s'évacue et se calme lentement. Pourtant l'atmosphère a nettement changée autour de nous. L'inspection de l'horizon ouest est sans appel : il serait bon d'aller plus près du couchant pour avoir un meilleur point de vue sur cette ligne qui approche. Mais le tonnerre et ses roulements ténébreux s'invitent à la partie plus rapidement que nous ne l'aurions souhaité ! Nous sommes forcés de nous replier dans la voiture car la pluie arrive déjà !
Bon, partir vers l'ouest nous disions... Mais pas moyen : la boite de vitesse de mon Scenic refuse de s'enclencher ! "C'est trop fort, pas de bol ! Nous allons rater la fête et rester en rade en plein champ pour un problème d'électronique !" me dis-je. De longues minutes passent, et pour une raison que j'ignore, les choses vont se remettre spontanément en place. Le dieu de l'orage et de la foudre est donc avec nous ce soir, malgré les apparences !
Mais ce n'est pas gagné pour autant. L'orage a franchement progressé et il devient carrément inconscient de l'observer de l'extérieur du véhicule sans prendre de gros risques. De toute façon, la pluie finie par tout submerger. Elle est vraiment intense et tombe un long moment. Et le temps passe toujours lentement dans de telles situations.
De plus le vent s'y est mis également. Et il n'a pas décidé de faire dans la demi-mesure. C'est un vent presque violent qui souffle, et en continu ! Notre situation est assez inconfortable. La forte humidité ambiante opacifie les vitres, la voiture est chahutée par ce souffle qui ne faibli pas. C'est impressionnant... Nous scrutons les environs avec l'espoir d'entrevoir quelque chose de particulier sur lequel fixer notre attention... quelque chose apparait d'ailleurs, de temps à autre, au nord de notre position, quelque chose de vraiment intriguant.
Impossible de savoir de quoi il s'agit vraiment bien sûr, mais la suggestion est là, si évidente que personne n'ose même prononcer LE mot tellement cela nous paraît impossible. Les lueurs qui l'environnent sont trop fugaces, alors je décide de poser tant bien que mal mon reflex sur le tableau de bord et de tenter de le capturer.
Trente secondes de poses suffiront à se faire une idée, mais le vent est trop fort et les éclairs trop rares et faibles pour avoir une image nette et détaillée. Mais la photo est surprenante : ce surbaissement très fort de la base nuageuse interpelle : nuage-mur ? Ou... quoi d'autre ?



Nous ne le sauront pas. L'hypothèse de la tornade semble un peu extrême, même si il n'est pas possible de l'exclure totalement. Mais en rase campagne, nous avons certainement été les seuls témoins du phénomène et n'avons pas eu la possibilité de nous rendre sur la zone où il est survenu. Pourtant, nous allons rester marqués un moment par cette vision, tant les conditions régnant lors de cette apparition étaient particulières et tout de même évocatrices.
La chose passe finalement, avec l'orage. Nous sortons la tête de notre abri (tout relatif). Il devient possible de faire quelques images, mais le gros de l'orage est passé, ainsi que cet extra-terrestre entrevu si difficilement.



La traque s'achève avec quelques ultimes prises de vues. Puis c'est le retour, l'esprit une nouvelle fois rempli de belles images et des moments si spéciaux qui font les chasses aux orages réussies. Et je me dis que nous ne sommes alors que mi-juillet : cet été promet encore de belles choses.

Le 23 juillet : Ligne d'averses orageuses sur Cheptainville

Une nouvelle fois, je n'ai pas besoin de bouger bien loin de chez moi pour avoir "ma dose"... Juste à quelques centaines de mètres de chez moi, pour observer le passage de cette ligne d'averses de traine plutôt active, dans le sillage d'une dégradation orageuse frontale déclenchée en après-midi sur le nord-est du pays.

L'histoire (la petite, c'est des hommes, pas seulement celle de l'Homme), se répète : la journée a vu fleurir nombre d'orages sur une large moitié nord de la France alors que j'étais... au travail. Alors bien sûr lorsque je rentre la première chose que je fais c'est ... vérifier l'état de la situation météo !
Mais le ciel est déjà suffisamment évocateur pour que je sois en partie rassuré : il en reste encore un peu pour moi. Et puis je viens de récupérer le Fuji S3Pro d'Henri, ce genre de ciel devrait se prêter fort bien à l'usage d'un appareil offrant une dynamique étendue. Un petit essai sur le premier gros bonhomme visible au nord :



Je devrais pouvoir m'en tirer. et ça tombe bien, car de petits Cumulonimbus assez bas prennent naissance alentour dans un ciel qui a tendance à progressivement s'éclaircir. Bon ça ! Il y aura de la lumière et vraisemblablement un début d'organisation des masses nuageuses par chez moi.
Le miracle opère donc une fois de plus. Une ligne assez compacte et joufflue approche doucement depuis le couchant...



Il est temps d'aller faire une promenade autour de chez moi, histoire de me faire une idée plus précise de ce qui arrive. Et c'est effectivement plutôt sympathique !



Quatre enclumes apparaissent déjà positionnées le long de cette ligne convective, et les deux situées plus au nord sont bien développées. Plusieurs averses localisées se sont de plus formées en dessous.
Je laisse le temps passer en admirant le jeu de la lumière et la couleur de cet impressionnant mur nébuleux. Il y a cependant un petit truc qui cloche : j'ai l'impression que le sommet des cumulifications à du mal à rester structuré et semble par endroit s'affaisser. Il se pourrait que les averses un peu plus haut pompent le potentiel sur l'ensemble de la structure et inhibe ainsi son développement au dessus de ma position.



Oui, c'est bien cela. La ligne passe sans lâcher une seule goutte d'eau... Elle s'est même fort aminci entre temps et présente maintenant l'aspect d'un étroit mur vertical.



Derrière, plus à l'ouest, une autre ligne se présente. Mais elle a perdu cette vigueur convective qui faisait son attrait à mes yeux. Cette petite promenade se termine donc avec quelques photos d'un ciel gris-bleu-mauve derrière chez moi, au milieu des chevaux. Les orages sont passés au large cette fois-ci : a posteriori, le sud de l'Ile de France eut été une destination d'intérêt si j'avais daigné jeter un instant un coup d'oeil aux radars de précipitations et aux cartes d'impacts.

Le 2 août : orages caniculaires ardéchois

Rares sont mes périodes de vacances dans le sud où je ne vois pointer le bout de l'enclume d'un Cumulonimbus. Celui-ci va cependant avoir la délicatesse de m'obliger à me lever à 5h30 ce matin du 3 août 2009. Sous des trombes d'eau, mais pas mécontent des ambiances ressenties. Ces orages auront cependant un avant-goût d'automne, prélude d'une fin de saison proche maintenant... Pourtant je les attendais plus tôt dans la nuit. De retourne de vacances de Sainte Marie de Ré et en passant en plein Massif Central en fin d'après-midi ce 1er août, j'avais pu constater que des orages se préparaient sur la chaine des Puy.



Je me rendrai même compte qu'avec un jour de retard, j'avais droit à une supercellule ! Fort heureusement, les confrères traqueurs d'orage veillent.
Alors au soir, une fois arrivé à Rochemaure, je me dis "c'est bon, ça devrait venir vers moi dans la nuit". Mais non... rien. Le ciel menaçait, puis le soufflé retombait. Je m'étais même résigné à la possibilité (quelle horrible chose), d'avoir pu me trompé en examinant les modèles le soir même. Quand vers nimuit et demi...



Braoouuuuummm ! Un bel orage se manifeste enfin ! L'intensité des impacts de foudre est d'ailleurs parfois démesurée. Ainsi, alors que l'activité électrique redoublait en atteignant la vallée du Rhône, un arc toucha le sol dans une aveuglante lumière dans les environs de Donzère. Une ligne électrique haute tension fut d'ailleurs visiblement touchée par l'impact car dans l'instant, 2 énormes claquages illuminèrent le paysage environnant et l'un d'eux, le plus lointain refusa de s'éteindre dans la seconde !



Un incendie venait-il de se déclarer, la lueur orangée persistant un instant ? Non, et je me rendis alors compte que la chance m'avait sourit : ce n'était pas un incendie, fort heureusement, mais cet amas luminescent se déplaçait lentement vers la gauche tout en décroissant lentement en intensité ! Le phénomène dura au plus 5 à 6 secondes avant de disparaitre. Je devais me rendre à l'évidence, il ne pouvait s'agir que d'un plasmoïde, ces amas de gaz incandescent produits par l'intense échauffement au point d'impact. Je n'avais jamais eu la possibilité d'en observer, ce fut le premier. Je n'eu que le regret de ne pas avoir emporte de caméra vidéo avec moi.
La foudre frappe encore un certain nombre de fois à distance...



... puis l'orage s'apaise finalement en partant sur les Alpes. Il est une heure, temps pour moi d'aller me reposer...
La nuit est de courte durée ! Dès cinq heures moins quart retentissent de nouveaux coups de tonnerre, suffisamment forts pour me tirer de mon sommeil et me motiver à aller jeter au moins un oeil... Du coup, nouveau départ pour mon point de vue favori, à quelques centaines de mètres (mais en voiture, sait on jamais).
Mais l'ambiance cette fois est toute autre. C'est un système très pluvieux qui arrive cette fois-ci, accompagné de bonnes rafales de vent. Il n'est pas aisé de faire des photos très esthétiques dans ce genre de situation :



C'est une ambiance de multicellulaire en fin de vie qui suit dans l'heure, avec une atmosphère très humide et une visibilité des plus médiocres parfois.



Retour au sec vers 6h30. Mais ces orages me laissent sur l'idée que la fin de la saison arrive pour moi, car ils ressemblaient fort à ces vagues orageuses automnales... Avec un peu chance, cette année 2009 continuera de me surprendre et ne s'achèvera pas encore dans la moitié nord du pays.

Le 24 août : épisode frontal "surprise" !

Après une traque "ratée" le 6 août entre les Yvelines et le Loiret (ça arrive, et oui !), survient cet épisode orageux assez inattendu. Inattendu car, comme beaucoup de mes compères habituels, je n'ai pas considéré la situation comme intéressante au départ. Pourtant, je fini par me décider quelques heures avant le déclenchement des hostilités... pour me rendre compte que c'eut été plus raisonnable de m'y intéresser de plus près !
Il faut dire que je m'étais un peu résigné. Les orages du 1er m'ayant un peu donné l'impression que j'arrivais au bout de cette année en termes d'événements orageux, plus le "ratage" du 6 (ce fut surtout le Massif Central qui fut touché)... et pourtant. Ce lundi 24 août, je suis totalement disponible : normal, c'est les vacances. N'ayant rien prévu de particulier, je me décide tout de même de retourner jeter un oeil aux cartes d'impact et de radars de précipitations pour voir si une surprise ne m'attend pas. Les vagues orageuses se succèdent le matin sans vouloir atteindre le Centre. Pourtant, j'ai l'intuition que l'épisode orageux va perdurer et s'étendre jusqu'à arriver en Ile de France voire plus au nord.
Finalement, je me décide vers 15h à lever l'ancre pour Ablis. Je commence ma route en direction du sud vers Etampes. Le ciel n'a pas un aspect bien instable, mais le nuées prennent une allure morcelée et se regroupent en petites lignes ou en petits amas. Du coup je commence à me dire que ce n'est peut être pas une mauvaise idée que d'être parti.
A Etampes, direction plein ouest pour Ablis... Arrivé à hauteur de Authon-la-Plaine, enfin, je n'ai plus aucun doute. Le ciel va me faire un nouveau cadeau !



Je vais devoir assez rapidement trouver un point de vue digne de ce nom. J'ai sur le coup le souvenir d'une vieille tour en pierre, en bordure d'un champ aux environs d'Orsonville... tentons !



"Et bien c'est une très bonne idée !" me dis-je ! De plus la ligne convective qui approche me laisse peu de doute quand à la nature du phénomène météo qui approche : il va y avoir du sport !
Je vois lentement arriver une belle averse...



... L'intensité des précipitations qui s'annonce est plutôt impressionnante ! Mais j'évite la douche car elle me frôle par le nord.



Plus au sud, une nouvelle averse se déclenche. Et là, la foudre se décide enfin à sortir !



Les coups de foudre durent parfois plus d'une seconde. Celui-ci se retrouve à l'identique sur deux images successives prises en mode rafale. L'un d'eux décroît d'ailleurs lentement, en chapelet selon le terme consacré et me laisse le temps de faire cette petite animation avec 3 images collectées sur plus de 2 secondes !
L'orage approche doucement, les coups de foudre se font dangereusement proches et surtout, leur localisation devient très difficile prédire. Il est temps de se mettre à l'abri. De toute façon, comme bien souvent dans ce genre de situation, la pluie arrive.



Je décide cependant de ne pas rester victime de la pluie, et attendre que les choses s'apaisent sans tenter d'en profiter un peu plus. Je décide donc de repartir plus à l'est, la ligne avançant en crabe selon une direction plus sud-nord, je devrais pouvoir repasser en ciel sec et profiter des cellules orageuses remontant dans le sillage des précédentes.
Mais les lignes suivantes infléchissent leur course vers l'est et mon arrêt vers Authon est de courte durée... Alors je décide de repartir encore plus loin : mais c'était sans compter avec la circulation qui, à cette heure de la fin d'après-midi, est très dense en entrant dans Etampes. Je reste du coup bloqué une quinzaine de minutes sous des trombes d'eau. Les rues se transforment progressivement en petits torrents, des deux-roues s'arrêtent momentanément sous le pont de la N20 tellement les précipitations les gênent.
Retour à Cheptainville... Une petite averse assez esthétique m'accueille, mais je sens que le gros de la troupe est passé. Et puis, la violence de la vague orageuse qui vient de passer était à bien y songer sûrement suffisante pour épuiser le potentiel de la masse d'air. Aller, faut se résigner, "il n'y aura vraisemblablement plus rien maintenant" me dis-je sans prendre le temps de regarder l'état des radars et cartes d'impacts... et pars faire des courses dans le supermarché du coin.
Mais visiblement, une surprise peut en cacher une autre, et je me retrouve coincé en caisse quand un nouveau bel orage passe au dessus de l'établissement ! J'enrage : j'ai vraiment fait le débutant sur cet épisode. Je rentre aussi vite que raison le permet pour avoir une chance de profiter du spectacle, mais bien sûr, c'est trop tard. Trop tard ?
Et bien même pas ! Car vers 21h10, une cellule orageuse très particulière vient fermer la ligne qui aura circulée tout l'après-midi au dessus de l'Ile de France. De plus, cerise sur le gâteau, elle va passer au dessus de Cheptainville au moment où elle devrait atteindre son paroxysme ! Il est hors de question que je la loupe ! Décollage pour l'ouest de mon petit village essonnien, en plein champs... Le monstre arrive assez rapidement.
Et dès le début, je sens que j'ai là une cellule orageuse différente de ce que j'ai vu aujourd'hui. La foudre éclate au loin, à encore (au moins) trois ou quatre kilomètres, mais l'éclat des éclairs est intense, en plus d'un bel aspect ramifié.



Et au fur-et-à-mesure que le temps passe, il devient de plus en plus difficile de soutenir leur éclat qui devient aveuglant dans les deux derniers kilomètres. Je suis contraints de passer à F/9, puis F/11 dans un premier temps...





... je fini à F/18 avec le dernier impact qui frappe à moins d'un kilomètre, saturant presque le capteur malgré tout !



je suis un tant soit peu déçu bien sûr : l'impact a lieu dans le champs juste derrière le bosquet, juste là, sur la bordure de celui-ci. J'aurais été quelques mètres plus sur ma droite, c'était dans la boite... Mais on ne peut décidément tout avoir.
Une nouvelle surprise m'attend cependant. L'orage lâche encore quelques coups de foudre tonitruants, qui grillent littéralement mes images même à F/22. Je me suis abrité dans le coffre de mon Scenic : c'est bien pratique : haillon ouvert, je peux continuer à photographier en étant en relative sécurité. Un impact de foudre tombe sur le village, légèrement sur ma gauche, en arrière : la distribution électrique du village saute. Plus de courant, tout s'éteint. Puis brusquement, tout se tait. Seule la pluie continue de chuchoter au loin.
Le mastodonte passe au devant de moi : j'ai l'impression qu'il m'a vu ! Comme pour m'épargner, ou pour se cacher, se sachant observé, il a peut être décider de se faire plus "discret" ? D'ailleurs, une fois passé, continuant sa course vers Bretigny, puis Paris, il reprend de plus belle !
Je repositionne la voiture vers le rond-point au nord de Chept' pour avoir une meilleure vision du nord. Le son et lumière reprend, avec une formule immuable désormais : un internuageux étendu, voire limite spider, puis un coup de foudre.



Cet orage est vraiment un extra-terrestre ! J'ai pris l'habitude de mettre de temps à autre la radio sur les ondes courtes, vers les fréquences où on ne trouve généralement aucune émission d'origine humaine, de manière à apprécier la présence d'électricité dans l'air et les émissions "parasites" émises par les orages : la fameuse "radio-orage" en somme. Les craquements sont quasi incessants pour celui-ci. Mais brusquement, il émet une lueur violente en même temps qu'un craquement puissant secoue le poste de radio, puis plus rien ! Le silence...
Je reste un moment figé. C'est un moment étrange et un peu angoissant. Que c'est il passé ? Comment cet orage qui était si tonique et bavard peut-il d'un coup d'un seul être instantanément réduit au silence ? Il faudra de longues secondes avant que les craquements fassent un retour timide sur les ondes, indication que la pile convective se rechargeait lentement.
Cependant, il commence à être loin et je n'ai pas franchement l'attention de lui courir après, sachant qu'il doit déjà survoler le nord de la Seine et Marne. Je termine cette séance sur une dernière vision lointaine, l'enclume régulièrement illuminée par les inter/intra-nuageux.



Je ne le sais pas encore, mais cette cellule vient de se transformer en un gros système multicellulaire en passant à l'est de Paris. Mais à l'allure à laquelle il fonçait, c'eut été peine perdue de courir derrière...


Le 7 octobre : derniers orages de secteur chaud de la saison

Clap de fin pour 2009, ces derniers orages significatifs sur l'Ile de France vont clore une fort belle saison estivale. Il faut dire que cet été aura été bien différents des deux précédents. Une chasse un peu en demi teinte cependant : beaucoup d'eau, quelques structures impressionnantes, et une course en avant pour devancer des orages... qui n'iront pas jusqu'à nous !
Pourtant, les choses commencent bien. Nous avons une organisation bien rôdée, et il devient facile d'anticiper les bouillonnements atmosphériques et de nous positionner "sur les bons spots". Et cette année nous sommes gâtés car tout se passe souvent à proximité : nous commençons donc par l'observation d'une première ligne orageuse aux alentours de Sermaises, tout au nord du Loiret.



Mais l'orage est faible d'un point de vue électrique. Il passe, arrose bien la campagne beauceronne, puis s'en va.



Un regain de motivation germe quelques instants plus tard, suite à l'appel de Cyril LEROY, avec qui nous partons souvent à la poursuite des gros nuages. Il se trouve vers Chartres et vient de voir passer un orage accompagné d'un bel arcus : et celui-ci fonce sur l'Essonne ! Il n'en faut pas plus pour nous décider, nous partons dans la foulée pour Etampes, où nous devrions pouvoir l'intercepter.
Mais à notre arrivée, l'arcus s'est en partie disloqué. Les éclairs, en arrière, sont rares et noyés, peu intenses donc : la nuit tombant, il devient difficile de se faire une idée de ce qui peut se trouver au delà de cette base fragmentée.



L'orage ne s'active pas vraiment en passant sur le sud de l'Ile de France. L'examen des images radars nous oblige d'ailleurs à un constat : c'est autour de la Belgique que les choses vont prendre forme, trop loin et trop tard pour nous. Elles nous soufflent aussi le chapitre suivant : "la queue de l'amas orageux va longer la Bourgogne dans une ou deux heures...". Il n'en faut pas plus pour motiver la troupe, et nous repartons dans l'autre sens, direction Auxerre.
En route, nous traversons "à rebours" les fortes précipitations qui se sont déclarées sous cette ligne orageuse. il pleut, il pleut... La conduite ne devient pas une partie de plaisir. Quand nous passons enfin devant, plusieurs dizaines de minutes après y être entré, nous nous trouvons aux abords de l'embranchement A6-A19. Nous devons prendre une décision : partir vers le nord direction Sens (songeant que la ligne avance en crabe et devrait prendre son temps pour y arriver), ou plus à l'est encore, vers Auxerre (si l'on considérait qu'elle déborderait jusque là). Nous optons pour la seconde solution... à tort.
Une fois au sud l'Auxerre, un peu plus bas que Nangis, nous regardons au loin les lueurs orageuses nocturnes éclater vers le nord-ouest. Le temps de déplier le matériel au milieu des vignes (rien que pour ces paysages et ambiances orageuses, la soirée déjà valait le coup), et l'attente commence. Mais elle ne finira pas, car les orages resteront bien en ligne sans songer un seul instant se décaler un peu vers l'est. Hormis quelques faibles pluies instables, nous regardons, de trop loin, passer l'objet de notre quête. Cyril et Xavier, ont choisi eux la bonne option : rester dans les environs de l'embranchement des deux autoroutes. Ils en profiterons bien mieux.
Retour assez précoce cette nuit là, un peu déçus bien sûr, car nous n'avons guère plus de doute, la saison est belle et bien finie cette fois. Nous allons devoir maintenant patienter au moins 4 mois avant d'avoir une bonne chance de retrouver un ciel suffisamment instable pour pouvoir repartir sur les routes à la rencontre de ces gros joufflus gris-blanc colériques.



Date de dernière mise à jour : le 28 février 2016.
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