2010 : la saison des traques impossibles !



L'art de la traque orageuse n'a jamais été chose facile. Il faut d'abord prévoir l'occurrence des orages avec une précision suffisante dans le temps et l'espace. Ensuite il faut être disponible quand ceux-ci arrivent... pas toujours possible.
Tertio, il faut pouvoir se déplacer et on sait que le covoiturage dans ce domaine aide beaucoup. Je "chausse" en général la casquette de chauffeur, pas nécessairement la meilleure place lorsque les passagers s'esclaffent et piaffent devant un spectacle dont on ne peut profiter que d'un oeil - et encore - et encore moins du boitier photo...
Après vient le moment de trouver LE point de vu, celui qui permettra de capturer l'essence du moment, la substantifique moelle, première pression et tout le tralala, et qui bien sûr doit permettre une belle composition photographique (et oui, photographier le ciel exige de savoir photographier aussi le reste).
Une fois tout cela réglé, il faut trouver les bons réglages. Le photographe averti s'en tire en général bien fort heureusement sur ce plan...

Enfin vient un ingrédient indispensable : une certaine dose de "chance"... Non pas que je crois beaucoup à cette entité impalpable et presque mystique. Certains appelleront cela de l'aléa, d'autres une probabilité... Cette notion pour le traqueur d'orage consiste en fait à "être au bon endroit au bon moment". Et cela, aucun modèle ni aucune carte temps réel de foudre, de pluie... ou même de résistance des queues de vaches en temps de pluie ne saura vous le dire ! Démonstration avec cette saison totalement différente de la précédente.

Aaaahhh ! Le printemps...

Il est long à venir ce printemps 2010. L'hiver ne parvient pas à plier bagage pour regagner ses contrées nordiques et reste cramponné longtemps sur le pays. Des températures fortement négatives persistent jusqu'à mi-mai en Bretagne ou au Pays Basques ! Dans les jours qui suivent c'est 30°C sur le Nord du pays ! Le grand n'importe-quoi météorologique de l'année 2010 commence, et ce n'est que le début !

Après quelques velléités atmosphériques le 25 janvier, et le passage sur le Périgord et le Limousin le 25 février d'un grand système orageux digne des épisode estivaux, c'est le 28 février que la traine emportée dans le sillage de la tempête Xynthia modèle les premiers Cumulonimbus en ciel clair de la saison.



Il faut ensuite attendre un bon mois pour que, le 25 mars, un front froid ondulant et actif vienne survoler le pays et provoque la formation d'amas orageux qui s'organisent dans l'après-midi en ligne et lâchent de grandes quantités de précipitation localement.
J'ai eu ce jour là le bon pressentiment, pensant à apporter mon boitier sur mon lieu de travail. Une belle averse survole Paris en fin d'après-midi et produit un petit front de rafale à l'arrière duquel filtre une étrange lumière jaune-vert...



Le petit ourlet qui borde la ligne m'interpelle : ce premier épisode présente une certaine puissance, un peu inattendue.

Le lendemain, la traine reste trop faiblement instable pour délivrer de véritable orage dans les environs. Une petite promenade me donnera cependant le loisir d'admirer quelques belles lumières, les premières du genre pour cette saison.



Le 29 mars, un nouveau talweg accoste et apporte un nouvel épisode atypique pour la saison !
C'est un flux de sud-ouest véhiculant des orages aux caractéristiques assez estivales une nouvelle fois qui s'abat sur la façade ouest et produit tout un front de cellules organisées linéairement en début de soirée. Sur Cheptainville, je suis servi pour 18 heures ! Une belle ligne bien contrastée car assez étroite et rétro-éclairée par Un Soleil déjà bas et filtrant au travers des rideaux de précipitations localement denses file du sud au nord et me laisse le temps de composer panos et divers cadrages.



La ligne approchant, je vois clairement un étroit bandeau vertical de lambeaux déchiquetés aspirés sous les bases sombres. Je guette un instant, espérant voir se former un petit tuba (pas plus, ma maison est dessous !), mais mes espoirs sont déçus.



La bête continue d'avancer, menaçante...



...lâche quelques coups de tonnerre, un peu de foudre, puis passe sans grand émoi.
Elle fini par dévoiler sa vraie nature, qui de par sa symétrie et la grâce de sa petite enclume échevelée, ajoute une touche finale fort appréciable à cet épisode.



Le 13 avril, je rate de peu un petit épisode de flux d'est qui touche la limite Essonne-Loiret, avec un petit orage relativement électrique
Et pour couronner ce mois d'avril, le 24 est un flop généralisé ! Tout le monde s'attend à voir les orages s'installer en Champagne. Du coup, l'enthousiasme est de mise et nous partons, avec Henri Buffetaut et Olivier Momon en escapade champenoise tâter de ses belles lumières dont elle nous gratifie à chacun de nos passages... Même Patricia, ma femme, vient faire la promenade avec nous, c'est dire comme ça promet d'être intéressant ! Mais au final, rien !
Pourtant la lumière est là ! Et on se dit que quand ça va prendre forme (verticale et consistante s'entend), ça devrait donner de jolie choses...



Le mauvais phasage des paramètres dynamiques et convectifs ne permet l'éclosion que de quelques maigres congestus vite dissipés...



Il y a bien quelques velléités convectives bien sûr, qui se développent ici ou là...





...Mais tout se disloque assez vite, et le Soleil ne nous accompagne finalement plus bien longtemps dans notre quête illusoire et se couche dans un dernier salut rayonnant au dessus d'un petit village champenois des environs de Bourgogne (Et oui...) !



Et c'est alors au tour du 29 avril... mais ce n'est guère mieux sur la qualité des résultats !
Cette fois-ci, c'est un peu plus sûr de nous que nous levons l'ancre. Un talweg assez marqué doit survoler la France, à l'avant d'un front froid peu marqué, auquel vient s'ajouter une dynamique marquée à tous les niveaux de l'atmosphère où moult cisaillements et advection de tourbillon doivent donner des phénomènes intéressants (que je ne nommerais cependant pas, le ridicule ne tue pas, mais restons sérieux...).
Alors je me retrouve en compagnie des compères habituels sur les hauteurs de Puisaye, à quelques tours de roues de mon nouveau Partner au sud de Bromeilles, au sud-est de Puiseaux.
Et la séance débute sous de bons hospices : le couchant nous gratifie une nouvelle fois d'un chaud rayon pastel pour colorer doucement les franges d'Altocumulus festonnant la voute céleste au dessus de nos petites cervelles en ébullition.



Comme à l'accoutumée, l'attente s'installe... Puis dure un peu, puis un peu beaucoup. Puis finalement trop, car "Là franchement à la vue du ciel c'est mort les amis".
Remballage du matériel... Mort ? Pas si sûr. En cours de route, nous nous apercevons que des lueurs lointaines et fugaces tirent l'oeil de l'observateur attentif en direction de Pris.
Un rapide coup d'oeil aux cartes de détection et Bingo ! Il y a bel et bien un orage qui vient de se déclarer sur la région Sud Normandie !
Mais il est bien seul et ne donne pas l'impression de vouloir être bien pérenne. Autant nous arrêter tout de suite et tenter quelques vues de loin, plutôt que courir et arriver trop tard, sans pouvoir profiter en rien à ce vaisseau qui n'a pas de fantôme que l'aspect mais sans doute aussi la durée de vie.



Même pas moyen de faire de belles images avec le ciel étoilé comme sait si bien en faire Pierre-Paul Feyte, à cause du halo lumineux de la ville de Paris qui noie rapidement les étoiles dans son voile orangé. Premiers "éclairs" 2010 sans tonnerre, premier orage nocturne sans tambour ni trompette... chasse un peu frustrante tout de même. Heureusement que nous ne sommes pas allé courir jusqu'en nord Bourgogne comme le préconisaient le modèle GFS...

Traine active du 2 mai

Alors quand, à la suite d'un front ondulant qui n'en fini pas de se tortiller sur la façade ouest, une belle traine active arrive sur la région Centre le 2 mai, je pense "Aahhh, le joli mois de mai" !
Et c'est vrai qu'elle est belle cette traine. Un beau ciel pur au bleu profond, de belles masses cumuliformes et une lumières chaude baignant la scène m'attendent sur un point de vue à quelques kilomètres à l'est d'Auvers saint Georges. 360° au milieu des colzas ! Extra !
Dès mon arrivée, j'ai le loisir d'observer un petit congestus qui passe au sud, premier sage messager des troupes arrivant sur ses talons.



A l'ouest, une ligne de congestions plutôt toniques se met doucement en place en approchant.



Alors qu'au nord-ouest, un petit cumulonimbus à déjà pris forme et engendre un petit orage sous lequel Henri et Olivier, mes compères de traque habituels, ont élus pour poste d'observation pour cet épisode au sommet de la colline de la Revanche, proche de Trappes.



Les éléments bouillonnent dans le ciel. De fluettes écharpes s'échappent de la chape vaporeuse en permanence et titillent mon attention épisodiquement.



Derrière moi, l'averse qui m'avait accueilli se poursuit et célèbre la chute de quelques rayons solaires par une irisation
caractéristique et bienvenue :



La masse d'air évoluant lentement mais sûrement, une nouvelle ligne s'est formée à l'ouest et promet d'être intéressante. J'ai un peu de temps avant qu'elle ne commence à précipiter, je décide donc de m'en rapprocher et pars en direction de Saudreville et Etréchy pour m'installer devant un nouveau champ de colza :



Une petite averse nait à mon arrivée... La lumière est magnifique. Elle filtre doucement entre les volutes et dessine d'évanescentes stries sur le paysage :



Je suis assez proche de la pointe sud de cette ligne : je me décide donc à la contourner, c'est l'affaire de quelques kilomètres, et je pourrais ainsi bénéficier de la lumière du Soleil sur le flanc du mastodonte.
Et de l'autre côté, d'autres averses déjà assez avancées m'attendent déjà !



L'opération est payante. Me voici au sud de la précédente ligne et la vue est idéale. La ligne se présente dans l'axe et glisse doucement vers l'est, à droite.



L'averse prend de l'ampleur et le tonnerre arrive enfin ! Pas fort, ni violent, plutôt un roulement un peu lointain et faible. Mais le spectacle, avec ce Soleil qui me chauffe le dos, est très agréable !



L'heure avance. Le Soleil commence lentement mais sûrement à descendre sur l'horizon.
On sent que la chaleur commence doucement à s'estomper : les nuages en portent la marque. Les enclumes commencent à s'étaler de manière assez générale... Même si certaines tentent de tenir le coup :



Le petit orage qui s'était formé devant moi part doucement vers l'est. C'est le seul à présent à rester assez vaillant dans les environs, sous la forme d'une belle averse. Avec les rayons déclinant, je me dis qu'il y a quelque chance d'avoir encore droit à un petit cadeau de la Nature. Je repars donc dans l'autre sens, à la poursuite de la belle, et me positionne de nouveau sur mon premier point de vue.
Et là, la magie opère de nouveau ! Un petit bout d'arc en ciel pour bouquet final...





Un dernier avatar convectif manifeste sa volonté de perdurer :



Mais ne durera pas bien longtemps. Je fini par rentrer à la tombée du jour, face aux derniers remous de cette belle averse qui m'a occupé une bonne partie de la soirée, et dont les derniers mammas bas et teintés de gris finissent de s'effondrer vers le sol.
Je ne le sais pas encore, mais cette petite sortie entre les Cumulonimbus de traine pourrait en fait finir par s'avérer l'une des plus belles de cette saison 2010...

La nuit du 5 au 6 juin, ou l'ouverture de la valse... des arcus !

Avec juin, je me dis qu'enfin les vrais épisodes orageux vont arriver et que je vais pouvoir profiter pleinement de la saison, planter mon matériel au milieu d'un champ ou au bord d'une route comme j'aime bien le faire et regarder passer un bon gros pépère électrique, lent, photogénique, et au sec s'il-vous-plait, comme l'an passé.
D'ailleurs ça s'annonce plutôt bien pour ce soir là : une goutte froide remonte du sud-ouest et vient comme il est de coutume dans ce genre de situation, déstabiliser la masse d'air bien chaude qui sommeille sur le pays. Henri Buffetaut et Olivier Momon me rejoignent une nouvelle fois pour cette aventure et nous partons le vent en poupe pour la Sarthe. En route, le ciel nous parle des événements à venir : l'instabilité est franche ! Les nuées s'organisent comme attendu en ligne et se fragmentent en galets caractéristiques.



Henri nous suggère une halte au mont de Avaloirs, magnifique point de vue sur la Basse Normandie, quelques kilomètres à l'ouest d'Alençon : et c'est vrai que de la haut, nous passons une première partie de nuit particulière.
L'ambiance est vraiment étonnante, pour ne pas dire étrange. Perdus au milieu des cimes des arbres que nous dominons de plusieurs mètres, la vue porte à plusieurs dizaines de kilomètres. C'est le noir total : au dessus de nous les nuages se déchirent parfois pour laisser apparaitre quelques étoiles. Le regard fini par entrevoir, au nord-ouest quelques flashes sporadiques. Les orages sont trop au nord !
De même, quelques flashes lointains vers le sud ouest ! L'espoir est là ! Cela devrait venir vers nous... mais le temps passe, et rien. Tout semble mourir rapidement avant de nous atteindre. Etonnant ! Un point radar, et la décision vient finalement de partie pour la direction du Mans, où nous devrions croiser les premiers amas orageux.
Nous décidons d'une halte à mi-chemin, le long de la N138, et de faire un détour par la campagne environnante. Les amas orageux semblent en effet s'être significativement approché...
... et même bien plus qu'il ne le semblait de prime abord ! Du coup, branle bas de combat, il faut impératif de trouver LE point de vue... dur dur dans la région. Mais nous nous installons finalement aux abords d'un champ de céréales et avons juste le temps de sortir le matériel.



Et là, bien sûr, tout le monde se met à hurler : "Arcus ! Un arcus !"



Et celui-ci c'est un fonceur ! Rapide, impressionnant... efficace quoi. De plus, l'ambiance est très sombre. Il se laisse plus deviner que réellement voir, ce qui ne fait que rajouter à l'impression monstrueuse et effrayante de l'animal. De temps à autres, la foudre daigne tout de même en dévoiler une petite partie, et la vision de cauchemar qu'il dévoile alors, fugace, presque insaisissable au regard tant les éclairs sont brefs, suscitent une interrogation : "devons nous rester ici ?" Une question que je me pose rarement lors des traques...



Bon... là faut plus rester ! Il arrive trop vite, on va avoir une mauvaise surprise. Un dernier plan...



... et nous filons, au moment où le vent commence à se lever méchamment et les premières grosses gouttes convectives à nous assaillir sans nous laisser la possibilité de trouver un abri autre que la voiture tant le vent les poussent et les rend cinglantes.

Le déluge est de retour ! Reprendre la route n'est pas une partie de plaisir dans de telles conditions. Vent et pluie forts au menu, réduisant la visibilité parfois à quelques mètres. Par endroits, de grandes flaques naissent au milieu de la route, pour ajouter aux difficultés déjà évoquées. L'inondation n'est pas loin parfois.
Nous décidons de poursuivre vers le Mans. Les radars de précipitations nous montre que nous sommes en fait en bordure sud d'une ligne orageuse, sous une cellule puissante et qui, comble de la chance, nous suit dans notre déplacement ! Mais nous n'en voyons pas le bout.
Arrivé à hauteur du Mans une autre surprise nous attend. La pluie s'est enfin calmée. D'un coup, des gyrophares visibles au loin nous font tout d'abord penser qu'un accident à dû survenir. Pas étonnant, vu les conditions... Et puis il y a une épaisse fumée : un incendie ?
A l'approche des lumières dansantes, la vision devient étrange. Il s'agit en fait d'un fort brouillard très local. Et le tablier de la route et tout blanc ! Mais bien sûr ! C'est une grosse couche de grêle ! Au moins 10-12 cm de grêle s'est accumulée par endroit, le contraste de température violent étant à l'origine de cette brume épaisse. C'est plutôt impressionnant !
Nous poursuivons notre route jusqu'à la première sortie. L'idée est maintenant de profiter de l'amas orageux qui nous talonne par l'ouest, alors que se dessinent déjà les premiers alignements instables sur l'horizon.
Arrêt sur un point de vue improvisé quelques kilomètres au nord de l'autoroute, pleine vue de l'ouest à l'est, plein nord. Au dessus de nos têtes aussi, de menaçants rouleaux circulent en évoquant la suite des événements.



Le jour est levé depuis un moment. On voit donc bien ce qui nous vient dessus. Et une nouvelle fois...



... C'est une arcus qui se présente. Il avance rapidement, comme il se doit. C'est un gros renflement qui se forme droit devant nous. Le ciel prend cette couleur vert-bleue très particulière, et qui laisse penser qu'à l'arrière c'est un déluge qui attend de nouveau.



La tension est palpable pour les traqueurs que nous sommes. Même sans être particulièrement à la recherche de la montée d'adrénaline, elle survient bien sûr rapidement. Les prises de vue deviennent frénétiques : il faut dire que le ciel est dantesque et la lumière si particulière :



Encore une fois, il faut se mettre à l'abri. La pluie finie par arriver, ainsi que le vent. Nous reprenons la route. Cette fois il ne nous reste qu'une possibilité : tenter de suivre puis devancer la gueule du monstre pour pouvoir de nouveau profiter de cette vision qu'il faut bien qualifier... d'enfer !
Nous roulons, nous roulons... Nous roulons jusqu'aux environs de Chartres, où nous devançons enfin l'amas orageux. Mais une halte à la station essence s'impose. Et notre bien faible avance s'efface. Une nouvelle tentative s'ensuit. Nous reprenons notre avance vers Saint Arnoult en Yvelines... mais la reperdons rapidement. Ce n'est pas faute d'avoir essayé, ni d'avoir cherché le point de vue qui pourrait à la limite convenir. Car dans le ciel, l'arcus s'était vraiment transformé et avait pris un aspect vraiment intéressant : un bel arcus lisse, multicouche, aux teintes menthe à l'eau et pastels.
Mais là où l'orage peut foncer droit devant lui, nous sommes condamnés à suivre les contours et circuits imposés par le paysage et le réseau routier.
De retour à la maison vers 11h. "Deux arcus monstrueux en une seule nuit, fantastique !" me dis-je. "Pourvue que cela dure !"...

Le 10 juin : Un arcus... et puis s'en va !

Comme il est parfois assez fatiguant de courir à l'autre bout de la région pour photographier un orage, on apprécie d'autant mieux lorsque ce sont ces mêmes orages qui décident de venir nous rendre visite. Et ce 10 juin, ce pourrait bien être ainsi que les choses se produisent avec un peu de chance.
Un front ondulant c'est mis en place sur l'ouest de la France avec le stationnement d'une dépression assez creuse sur le golfe de Gascogne. De l'air instable remonte en permanence du sud et produit depuis la veille moult orages sur le sud-ouest du pays. Des amorces d'orages supercellulaires sont observées par endroits, et l'après-midi un grand arc orageux se forme de Toulouse à Nantes en s'infléchissant vers le Centre. Ce genre de configuration là n'est guère trompeuse : tout cela va sûrement tenir jusqu'ici, pas besoin d'aller galoper la campagne !
Je suis rejoins par Bruno Meignein, un ami traqueur proche d'Henri. Nous avons assez peu de temps pour nous décider à son arrivée : départ pour l'ouest de l'Essonne, les hostilités ne vont pas tarder à se déclencher ! Et pas d'erreur, à peine le temps de faire 3 kilomètres et de traverser le village d'Avrainville, premier sentier sur la gauche, arrêt au frein à main, gros nuage de poussière (bon j'arrête là hein), et déjà...



... Un arcus se profile à l'horizon ! Qui l'aurait cru (un sourire en coin...)
Bien sûr Bruno ne veut pas lui non plus en rater un miette. Il faut dire qu'on voit l'animal arriver à l'oeil, il est pressé, on ne peut perdre trop de temps si l'on veut en profiter un minimum ! 18h49...



Vite vite, pas le temps de peaufiner, il est presque au dessus de nous, il faut que je retente un pano sur l'arc nuageux. Quel dommage de ne pas être exposé à l'est. D'ici pas de belle lumière du Soleil couchant. Par contre, ambiance grise et sombre garantie : ça a un autre charme, c'est beaucoup plus pesant.



18h53. L'arcus nous passe dessus, avec une montée significative de la force du vent, mais pas les bourrasques auxquelles je m'attendais cependant.





La voute turbulente est presque verticale !



La quantité de pluie n'est pas non plus du niveau attendu, sachant qu'un avis de forte pluie avait été émis par Météo-France. Tout cela est tout de même assez étonnant... Bon, et bien peut être que tout cela se joue un peu plus au sud, allons voir !
Arrivés à Etampes, on se rend bien vite compte qu'effectivement, c'est ici que cela a dû être intéressant. Au sortir de la N20 pour reprendre la direction de Pithiviers, la chaussée est totalement inondée ! Une belle quantité d'eau s'est accumulée sous le pont de la nationale, peut être 20 centimètres par endroits.
Cependant, il semble bien que l'orage se soit dissipé définitivement pour ce jour. Mais nous ne voulons y croire. L'arc instable semble vouloir tout de même poursuivre sa course plus à l'est cette fois-ci. Alors direction Bromeilles, ce point de vue testé et approuvé au sud de Puiseaux fin avril. Allons-nous enfin pouvoir profiter du beau panorama qu'il nous offre vers le sud et l'est ? Nous rejoignons d'ailleurs d'autres amis traqueurs sur place, comme Henri ou Amaury
Mais finalement, rien. Les nuages se fragment et s'étalent en larges bancs d'Altocumulus. Quelques rares enclumes lointaines au sud, finissent par se dissoudre dans l'encre de la nuit sans rien nous donner d'autre que l'amère impression d'avoir été trop en bordure des événements météo du jour. Chose que confirmera l'analyse rétrospective des images radars et impacts de ce jour.
Bon. Il va être temps que les vrais orages se manifestent maintenant, l'impatience gagne le traqueur d'orage cette saison ci !



En voiture pour la suite de cette année 2010...


Date de dernière mise à jour : le 28 février 2016.
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