Saison 2011



L'hiver 2010-2011 passe finalement assez rapidement pour le traqueur d'orage impatient que je suis à l'arrivée du printemps. Un printemps météo qui arrive d'ailleurs assez brusquement. Février s'annonce déjà sous de bons hospices, avec deux épisodes de traine forts sympathiques sur le plan photo.

Février, la reprise des hostilités !

Je les ai tout de même attendu ces premières traines de fin d'hiver ! La déception engendrée par la saison 2010 ne doit pas se réitérer cette année, alors pas question de rater l'arrivée d'éventuels orages sur l'Ile de France...
Alors je suis sur le pied de guerre ce 15 février quand arrive un petite ligne convective sur l'Essonne en fin d'après-midi, d'autant que je suis en vacances, et qu'en plus il ne m'est pas nécessaire de courir pour l'observer. C'est vers 18h10 qu'arrive un petit front de rafale mal structuré suivi de près par un étroit rideau de pluie. Le soleil reviendra rapidement.





Puis vient le 26 février, avec une traine plus tonique cette fois. A l'arrière d'un front étroit et faiblement pluvieux en fin de matinée, l'après-midi s'achève avec le passage d'une petite ligne d'averses produisant sur l'Essonne un joli Cumulonimbus bordé de mammas bien pesant et bas, soulignés par la lumière déclinante d'un soleil de fin d'hiver en ciel pur.



De l'autre côté, plus à l'ouest une nouvelle ligne tente de se former aussi :



L'averse se décale vers l'est. L'Ami Olivier MOMON (Alias Moow) m'ayant rejoint pour l'occasion, nous décidons de suivre un peu ces nuageries turbulentes quelques temps pour profiter d'une éventuelle reprise d'activité orageuse. Départ pour Itteville, nous nous postons en bordure d'un champ, avec une vue plutôt dégagée sur l'est. Le soleil est tout de même sur le point de se coucher, l'ensemble ne tiendra pas longtemps sans doute :



Dernière vision avant qu'une nappe de nuages à l'étage moyen ne nous en masque la vue, c'est terminé pour aujourd'hui :



Retour à trouver les chemins boueux... nous finissons par embourber le Trafic du père Moow en bordure d'un champ de betteraves. Il nous faudra attendre le lendemain pour enfin parvenir à l'en sortir. Et oui, il y a toujours quelque chose d'autre à faire que des photos pendant les traques orageuses, on est sûr de ne pas s'ennuyer ainsi !


Fin mars, puis avril...

Les orages attendent ensuite le 26 mars pour pointer de nouveau le bout de leurs enclumes, et de plus lors d'une rencontre de notre petite équipe de traqueurs d'orages (cimentée par le forum Phototormenta)... Une vingtaine de passionnés débarquent à la maison pour un barbecue-party ! Outre une bonne après-midi passée à deviser sur nos expériences communes, à se payer de bonnes tranches de rigolades (y a pas d'autre mot...) et visionner les photos de saisons précédentes, nous profitons de la mise en place d'un régime d'orages faibles qui s'établissent juste au nord !
Hop, tout le monde dans le jardin ou dans les alentours à profiter de l'événement... Pour des passionnés d'orages, franchement, cela ne peut tomber mieux !



Le lendemain, partie remise. Le marais barométrique qui s'est établit ces derniers jours est soudainement chahuté par un petit goutte froide centrée sur le proche Atlantique. Ce 27 mars voit donc s'établir une ligne d'orages le long d'une zone de convergence barrant la France de la Bretagne à l'Alsace en cours d'après-midi. Tout d'abord parti pour Pithiviers, j'atterri finalement à quelques kilomètres de Voves, non loin de Châteaudun.
La vision qui m'attend n'est pas franchement inattendue. Un arcus c'est formé, très étendu et bien structuré :



L'animal barre l'horizon d'est en ouest. De plus, le conflit entre les masses d'air au nord et au sud rend la situation particulière : d'habitude, ces mastodontes ont tendance à foncer droit devant eux avec l'étalement et la progression de l'orage... Ici, non ! L'arcus reste près de trente minutes devant moi, sans avancer ni s'éloigner, c'est impressionnant !



Il décide au bout d'un moment à m'avaler, en même temps que l'activité électrique diminue significativement. Le sillage turbulent m'envoute, c'est le cas de le dire !



Les précipitations m'effleurent un moment, puis tout s'étale.
Mars s'achève sans nouvel événement orageux majeur à ma portée. Cependant, je sens déjà que la saison orageuse de l'année 2011 sera une forme d'antithèse de la précédente... et ben tant mieux !

Arrive le mois d'avril. C'est le grand calme jusqu'au 24 avril, et ça tombe bien car je pars pour une dizaine de jour pour un voyage au Vietnam ! Cependant, dès mon retour les orages ne me laissent pas le répit que j'aurais aimé, et je rate un premier épisode d'orages en flux d'est la nuit du 24 au 25 avril. Six jours plus tard, le 30 avril, quelques averses pointent sur la campagne alentour, mais rien ne perce vraiment. Une petite averse se déclenche à quelques kilomètres de chez moi, et s'étale au bout de 10 minutes !




Le 1er mai : pas QUE la fête du travail...

...mais aussi celle du traqueur d'orages. Il faut bien trouver moyen de rattraper le fait que ce premier mai tombe un dimanche ! Mais la probabilité que les orages viennent nous rendre visite me fait bien vite oublier mon pont perdu pour l'occasion. Nouveau départ en compagnie d'Olivier MOMON, Henri BUFFETAUT et Bruno GONZALEZ pour la Basse Normandie, où une ligne de convergence entrevue par les modèles météo numériques laissent penser que nous avons quelque chance de voir de belles choses.
En cours de route, le ciel prend une tournure intéressante. La convection s'installe, et bien qu'un manque évident d'humidité se fasse localement sentir...



...nous restons optimistes. Il faut dire que les orages sont déjà présents quelques dizaines de kilomètres plus au sud...
Nous nous installons quelques kilomètres au sud de Breteuil-sur-Iton. Face à nous, un petit front de rafale pas très bien structuré, plat, s'étend vers le sud-est :



Le point de vue n'est pas des meilleurs. Cela étant, il ne nous empêche pas de faire un rapide constat : si cet orage n'est pas d'une grande loquacité sur le plan kéraunique, il est enclin à donner des phénomènes tourbillonnaires intéressants. Ainsi, on note de ci quelques appendices suspects, sans pouvoir réellement déceler de rotation dans ces fins prolongements nébuleux...



Devant nous nait une zone d'aspiration intense, qui fait monter rapidement les lambeaux de stratus et autres fractus nés de ce soudain soulèvement de la masse d'air locale :



Un peu plus tard, c'est carrément la base du nuage qui s'anime devant nous, et un envoutant enroulement nous captive une petite minute, le temps de quelques images pour un petit montage assez évocateur (petit time-lapse au format WMV):



La foudre bien sûr, hante elle aussi les lieux, mais reste trop erratique pour être facilement capturée. Finalement, la pluie s'inviter à la partie. Mais de toute façon nous touchons au bout de cet épisode. Le ciel, très torturé sur le chemin du retour, garde l'empreinte de cette sècheresse en basses couches, et les nuages prennent parfois avec la subsidence qui s'établie plus haut, des formes de soucoupes volantes assez étonnantes.


Le 6 mai : orages inattendus en Beauce

C'est le jour de la traque surprise. La surveillance des modèles météo plusieurs jours d'affilé a fini de me convaincre : les orages qui sont attendus ce 6 mai devraient concerner au plus près la Sarthe en fin d'après-midi. Ils seront hors de ma portée, inutile de tenter une traque qui risquerait de se transformer en course infernale.
Pourtant, aux alentours de 21 h 30, le suivi des images des radars de précipitations me montre que quelques cellules orageuses viennent jusqu'à s'aventurer dans le sud de l'Eure-et Loir. Sur le coup je ne suis toujours pas franchement convaincu : je me dis que ça ne va pas tenir le coup, et que "le temps que j'arrive, y aura plus rien"...
Et pourtant ! Cyril LEROY me passe un coup de fil pour savoir si je suis sur le terrain... "Hein ? Quoi ? Pourquoi t'y va pas ?" Alors évidemment, à la tentation qui pointait déjà un peu vient s'ajouter ainsi un bon souffle de motivation. Je décolle autour de 22 h, direction Chartres.
En chemin, j'observe les premiers flashes au loin, sur tout l'horizon sud-ouest, avant même d'arriver à Etampes ! La motivation grimpe d'un coup. Plein ouest pour passer par Ablis, puis au bout d'une cinquantaine de minutes, arrêt quelques part entre Chartres et Coltainville.
Deux cellules orageuses toutes jeunes m'accueillent : pour une traque pas prévue, je suis plutôt gâté. Elles sont encore à plusieurs kilomètres mais délivrent déjà quelques beaux coups de foudre. Des éclairs internuageux barrent parfois l'horizon entier devant moi :





La pluie s'annonce, et le vent se renforce soudainement au bout d'une vingtaine de minutes. J'ai juste le temps de grimper dans le haillon de mon Partner pour me mettre à l'abri en continuant la séance photo, qu'un dernier coup de foudre s'abat à un peu moins d'un kilomètre sur ma gauche ! Dommage, je cadre droit devant... Mais le plaisir de sentir la proximité de l'orage alors que je n'attendais au départ rien de cette soirée est irrésistible. L'orage fini ainsi, je repars une quinzaine de minutes plus tard après avoir constaté que toutes les cellules orageuses alentour s'étalaient.
Décidément, la loterie de la météo est imprévisible. Les traques improvisées sont bien souvent plus intéressantes que certaines séances prévues de plusieurs jours... La surprise reste l'un des ingrédients des traques d'orages que Dame Nature entretient et réserve à qui se donne la chance de la savourer...


la suite de cette année 2011...


Date de dernière mise à jour : le 28 février 2016.
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