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Saison 2011 (suite)
L'avorton orageux du 7 mai...
Après cette surprise du 6 mai, nous sommes prêt à croire un peu à tout ce que les modèles sont disposés à proposer. Alors même si pour ce 7 mai, le modèle GFS ne prévoit qu'un faible épisode convectif très localisé, nous décidons avec Olivier MOMON, Bruno MEIGNEN et Vincent AFFLIGER de tenter le coup et partons pour le sud ouest de la Beauce.
Installés dans les environs de Toury, nous attendons alors patiemment, après un brin de discussion avec le propriétaire du champ où nous avons choisi de stopper, la venue de l'onde convective... Et elle arrive !

... et même, elle passe devant nous ! Un joli banc d'Altocumulus bien ondulé, avec quelques tourelles basses et vite évaporées au dessus. Bien sûr dès qu'elle apparaît, nous sentons immédiatement que les choses ne vont pas se passer comme prévu. L'aspect subsident du banc nuageux, ainsi que sa faible dimension tant horizontalement que (surtout d'ailleurs) verticalement et son aspect globalement effiloché font rapidement retomber le suspens. C'est une séance photo paysage qui s'ensuit donc :

Après de brèves retrouvailles avec nos éternels compères Henri BUFFETAUT, Cyril LEROY et Xavier DELORME un peu plus à l'ouest, nous rentrons chacun remballer le matériel et scruter les modèles numériques dans l'attente d'un orage plus... orageux !
Il en faut bien qui ratent de temps à autre, pour savoir réellement apprécier les traques prolifiques.
Le 19 mai : épisode diurne de marais barométrique
Il y a des jours où le traqueur d'orages reste vissé devant l'écran de longues minutes à scruter les cartes d'impacts et de précipitation et à espérer qu'un orage viendra frôler la zone "raisonnablement" géographiquement accessible, mais que rien ne vient... et il y a les jours où on se dit qu'il n'y aura rien à portée et qu'on part vaquer à d'autres occupations et qu'un soudain coup de fil vient vous propulser sur les routes aux trousses des Cumulonimbus. Comme par exemple ce 19 mai 2011...
Dire que je ne scrute pas les écrans n'est d'ailleurs pas tout à fait juste : disons plutôt que je regarde d'un oeil discret sans croire que cela s'approchera suffisamment. Les orages positionnés sur la Bourgogne ne semblent de plus pas vouloir durer au delà du début de soirée, et comme je ne suis pas rentré tôt du travail, je ne pense pas pouvoir en profiter... Erreur !
Une petite mais tonique cellule orageuse fini par éclater vers Orléans. Au départ, je la considère avec assez peu d'attention, tant l'ensemble des orage que je peux voir sur le secteur Bourgogne/Centre ont l'air faibles et assez courts. Mais avec le temps, elle semble tenir... tant et si bien que Olivier MOMON me passe un coup de fil. "Ben t'y vas pas ?". Et là bien sûr, un nouveau coup d'oeil aux animations radar... "Ha ben si elle tient le coup !" Ni une ni deux décollage pour Bromeilles, elle devrait passer par là dans l'heure qui suit.
Les affaires prennent vite bonne tournure. J'ai à peine le temps de faire 2 kilomètres qu'à l'entrée d'Avrainville, une première surprise m'attend : un "horse shoe vortex" (tourbillon en fer-à-cheval pour les non-initiés) s'est formé au dessus du village et me nargue alors que je suis au volant...

Le fer à cheval est déjà bien formé, il y a des chances que le phénomènes ne dure pas... L'arrêt est donc urgent. Juste le temps de faire quelques photos et au bout de 3 minutes, plus rien.
Qu'à cela ne tienne, je suis déjà bien heureux d'avoir pu observer pareille chose : maintenant, direction Bromeilles pour le plat de résistance.
En cours de route, les choses se précisent. Le beau bébé orléanais se présente entre les nuages de l'étage moyen qui se déchirent suffisamment pour me permettre de voir un peu plus loin. La base a l'air élevée et l'alimentation tonique : effectivement, cette traque est prometteuse.

Et à l'arrivée dans les environs de Bromeilles le ciel se pare des couleurs chaudes du couchant... "Belle promesse d'une traque réussie", me dis-je.

Une fois au sud de ma destination, sur ce prometteur promontoire maintes fois visité mais jamais encore éprouvé pour quelconque traque orageuse de ma part. Mais là, enfin !

La foudre ne se montre pas franchement mais le tonnerre lui, donne occasionnellement de sa voix grondante et menaçante. L'ambiance est très sombre, l'orage face à moi, plein est, déverse ses flancs chargé de pluie et me masque l'immensité de la plaine Loiretaine. Au dessus de moi, l'intrusion d'air sec par l'ouest est brutale et commence à déchiqueter l'écheveau vaporeux, à tel point qu'un fuseau se forme et vient flirter avec les environs du sol... Etranger vision, qui dans les circonstances d'un orage plus violent n'aurait pas manqué de mener à l'inquiétude.

Le ciel se dégageant par l'ouest, la lumière revient progressivement ainsi que la vision lointaine. Pour démasquer une autre bel orage, un peu plus lointain mais visiblement bien plus tonique.

Au dessus, le ciel bleu et limpide à prise possession de la voute céleste. L'amas orageux apparaît maintenant dans sa totalité. Les couleurs brulent le nuage alors que le ciel autour le fige. C'est un magnifique contraste qui s'offre à moi et malgré le manque de lumière au sol, bloquée par quelque banc de Stratocumulus dans mon dos, le ciel à lui seul est un spectacle qui se suffit à lui-même.

L'alimentation se désagrège progressivement, privée d'humidité par la brutale descente d'air stratosphérique pilotant le soulèvement orageux à l'avant.

Il est temps de penser à la suite. Olivier me contacte pour me proposer la poursuite de l'orage situé plus à l'est. Celui-ci est cependant déjà dans les environs de Montargis, il ne va pas être évident d'y arriver suffisamment tôt. Mais je tente tout de même.
Je ne résiste cependant pas à la contemplation de cette lourde enclume que je viens de quitter et qui depuis la route vers Montargis prend une teinte rosée et se charge de mammas.

Une fois arrivé dans les environs de Montargis se pose le problème du point de vue qui me permettra d'observer confortablement l'orage. Je trouve finalement une zone largement dégagée et en surplomb au sud de la Venise du Gâtinais, juste à la sortie de Mormand sur Vermisson.
L'orage c'est cependant relativement éloigné et il est déjà 22h30 quand je peux enfin commencer les premières photos. L'orage semble d'ailleurs doucement en déclin, partir plus à l'est serait sûrement peine perdue. Je profite donc de ces derniers moments à pouvoir admirer la belle structure côtelée sous laquelle point occasionnellement une lueur rosée.

Je tente quelque captures d'éclairs lointains en vissant le 90 mm sur le boitier... mais l'orage arrive au bout et ne lâche plus que quelques internuageux entortillés.

23h... Il est temps de plier et de rentrer. Les orages en ont visiblement fait autant...
Le 21 mai : bel épisode orageux de type estival
Comme à l'accoutumée, les premiers gros orages (potentiels) de cette saison sont attendus par notre petite troupe de traqueurs sévissant sur le forum
Phototormenta. Et comme à l'accoutumée, les discussions y vont bon train sur ce sujet, oh... bien une semaine à l'avance.
Et c'est un bel épisode qui se dessine. Sur les modèles tout y est en tout cas pour que cela vaille le coup. De plus, la dégradation prévue devrait réellement se concrétiser sur la région Centre, c'est-à-dire à ma porte !
C'est donc une nouvelle fois en compagnie d'Olivier MOMON que nous partons par ce chaud samedi après-midi à la rencontre des ciels instables. Une fois vers Toury, nous stoppons un moment pour profiter des premières belles visions que ceux-ci nous offrent.

Nous nous trouvons juste à la limite au nord-ouest de la zone d'intérêt. Au dessus, ciel dégagé ! La lumière va donc pouvoir nous profiter.

La convection pure est à l'oeuvre : les ascendances ne dévient pas...

... mais elles sont puissantes, et les forçages au travers des couches de l'atmosphère plus résistantes à leur développement se traduisent par la naissance de beaux empilements de pileus ! L'énergie disponible est très importante, les orages vont avoir de la ressource et pourront durer !

Nous nous postons au beau milieu des champs de seigle au beau vert acidulé pour profiter au maximum de cette symphonie céleste.

Il nous faut tout de même nous rapprocher sensiblement. Les choses doivent prendre une tournure intéressante de plus près. Nous empruntons l'A19 un moment...

... "Ahh oui, il est sympa vu depuis l'alimentation celui-là !"
Nous nous arrêterons cependant rapidement pour remonter en direction de Pithiviers. Le ciel est maintenant bien chargé et les nuées autour de nous bouillonnent, comme il se doit... à gros bouillons !

Le temps de se poser à la sortie de Pithiviers-le-Vieil, et nous pouvons enfin déguster ce premier plat convectif qui s'annonce déjà copieux. Vers l'ouest et le nord, les averses débutent.

Ce beau bébé va d'ailleurs lâcher de fortes précipitations de pluie et grêle sur le nord de l'Essonne... Je crains d'ailleurs un moment pour ma petite famille qui doit se trouver au même moment quelque part en dessous. mais l'orage ne semble pas extrêmement violent. Pourtant l'alimentation est belle et grimpe droit !

Mais elle se trouve assez vite coupée de ses ressources en humidité. Ce qui produit cet amalgame un peu paradoxal, où se côtoient le pileus, marque d'une puissante ascendance, et la base totalement déstructurée, signe de l'épuisement de la convection localement.

Mais la seconde ligne d'alimentation ne trompe pas sur l'occurrence d'éventuelles prolongations.
Au sud, un autre beau Cumulonimbus approche. Celui-ci également a toutes les caractéristiques d'un bel orage : belle alimentation, ascendance puissante, longévité... tout y est !

Et encore un beau forçage en direct ! Un petit pileus à 21h03...

...vite transpercé une minute plus tard. La séquence s'étend sur 10 minutes ensuite.

Au nord, le "beau bébé" continue sa progression vers Paris.

Le choix n'est donc pas trop compliqué : lui courir après, avec ce que cela implique de traquer un orage en zone dense sur le plan urbain, ou bien se positionner tranquillement sur le [bord du] chemin de ce second avatar convectif et attendre qu'il passe ? Facile ! Direction l'est de Pithiviers.
En route, le soleil ajoute un trait de lumière rose sous l'enclume convoitée, nous invitant à une nouvelle pose photographique de bord de route (une autre façon de dire "improvisée dans l'urgence")...

Nous nous arrêtons finalement à quelques kilomètres de Yèvre-le-Chatel. Le mastodonte rassemble ses dernières forces avant l'assaut. Et comme par magie, il se décide juste en nous passant devant !

Au début les coups de foudre sont assez espacés, mais rapidement, la machine infernale s'emballe et c'est un festival d'internuageux qui sort alors des entrailles de ce Béhémoth.

Il fini par s'éloigner suffisamment pour que nous commencions à devoir envisager un nouveau déplacement. Partir plus à l'est semble la bonne option, tant d'autres cellules se forment et circulent dans cette direction. Nous stoppons cette fois à quelques kilomètres à l'ouest de Nemours.
Là une surprise nous attend. La nuit noire autour ne nous laisse au départ que deviner cette forme massive qui arrive par le sud-sud ouest. Mais au bout de quelques minutes, de petites étincelles s'y forment sporadiquement... Au départ, d'une fréquence moins que marquée pendant une quinzaine de minutes, rapidement ensuite les microdécharges apparaissent au sommet de ce nouvel orage. Elles deviennent finalement assez fortes pour pouvoir être capturées, diaphragme ouvert au maximum.

Et puis d'un coup !

L'éclair positif n'était pas attendu si tôt ! S'en suit alors pendant plus d'une heure tout un florilège de coups de foudre et d'éclairs en tout genre. Un régal !

L'orage s'éloignant vers l'est une nouvelle fois, nous tentons un petite progression au delà de Nemours pour prolonger le plaisir... Les orages, c'est comme un Finger de Cadbury, ce n'est jamais assez long pour le passionné. Sauf qu'il faut maintenant se rendre à l'évidence : on arrive au bout de cet épisode.

L'orage se désagrège une heure plus tard. Bien que la convection s'organise dans la foulée un peu plus vers la Champagne, le déplacement de ces nouvelles cellules semble plus rapide. Il faudrait être rapide... Retour un peu après 2 heures du matin, avec les yeux-qui-en-clignotent-encore ! Des comme ça, j'en r'veux !
Le 30 mai : arcus en Beauce
Comme il se doit en cette période de l'année, l'arrivée d'un front froid à proximité d'une masse d'air présentant un potentiel instable marqué produit ce grand chambardement atmosphérique qui me pousse dehors. Comme je n'aime pas traquer les orages seul, c'est une nouvelle fois une joyeuse bande qui décolle pour le nord de la Beauce et cette fois-ci Vincent HAEFLIGER et Basile DUCOURNAU nous ont rejoins. Le ciel est une nouvelle de bel augure et notre premier arrêt au nord de Pithiviers va durer un peu. Et pour cause : un petit arcus se dessine et la lumière qui s'annonce pourrait donner à la scène un éclat et une chaleur superlatifs.

L'orage passe un peu au loin, plus à l'est... qu'à cela ne tienne finalement, l'ambiance en tout cas est fort à propos :

Mais il faut savoir être mobile si l'on veut profiter au maximum d'un épisode orageux, c'est une leçon que nous avons appris et révisé à maintes occasion. Alors un cruel dilemme (cette fois-ci) s'offre à nous : partir pour l'est, où un MCS va aborder Auxerre dans une grosse heure, ou bien partir sur l'ouest où une dernière cellule ferme la marche et semble vouloir faire de la résistance ?
Les discussions s'engagent sur les points de vue des uns et des autres. Au bout de dix bonnes minutes de débat passionné, décision est prise de partir pour Auxerre... Mauvaise idée... avec un arrêt optionnel sur Bromeilles pour "faire un point"... Bonne idée !
Une fois sur notre promontoire favori, force est d'avouer que nous aurions dû partir pour l'ouest. Une petite cellule tente bien de donner de la voix, un peu plus au sud ouest. La lumière est belle, elle filtre au travers du rideau de précipitation en lui donnant une belle teinte orangée. Olivier ne veut pas la rater non plus :

Mais elle restera assez peu tonique, et finira par rapidement se désagréger. Entre Eure-et-Loir et Loiret, la dernière cellule meurt assez rapidement à son tour, alors que nous tentons de la rattraper.
Bon. Les modèles ne suggèrent-ils pas un nouvel épisode pour début juin déjà ?
...
Début juin...
Malheureusement, je ne profite pas comme j'aurais souhaité le faire de cette première vague orageuse du 4 juin 2011. Les orages ne font pas bon ménage avec les réunions de famille. Mais je profite cependant de mon périple en direction de Genève pour immortaliser les prémices de ce qui se jouera la nuit suivante sur les régions Centre et Ile de France.
Jusqu'au niveau d'Auxerre, les Cumulonimbus fleurissent un peu partout, de manière désorganisée. mais on sent déjà en ce milieu d'après-midi que les hostilités sont loin d'avoir réellement commencées, et que le décor ne fait qu'être planté pour le show nocturne :

Au alentours d'Auxerre, les choses se précisent cependant : le nuage qui apparaît prend rapidement de l'ampleur et malgré cette enclume qui paraît encore bien faiblarde, son envergure le surclasse par rapport aux autres :

Pas de doute, il y a là "autre chose". Et une fois passé la préfecture, je peux effectivement constaté que les éléments semblent à l'oeuvre pour qu'un potentiel déchainement de pluie et de vent balaie la belle campagne bourguignonne. Ce front de rafale torturé et très menaçant en témoigne :

Mais ma course sur l'autoroute en direction de l'Ain ne m'autorise pas à en profiter d'avantage. Plus au sud, après avoir essuyé une bonne averse inondant partiellement la chaussée centrale, le ciel reste calme jusqu'au lendemain 5 juin en début d'après-midi.
Alors bien sûr, sur le chemin du retour, je scrute, je surveille, je "zyeute" en tout sens... et je garde l'espoir que les orages qui reprennent dès midi tiendront jusqu'en milieu de nuit, pour pouvoir en profiter à mon arrivée.
Les gros nuages gonflent un peu partout, mutant régulièrement au stade de Cumulonimbus avéré. Du Jura jusqu'en Puisaye, ils m'accompagnent dans mon déplacement vers Paris :

Mais ils sont bien plus rapides que moi et à mon arrivé au niveau d'Auxerre, je me rends compte que c'est à Paris qu'il faudrait que je me trouve au même instant. L'horizon entier au nord est barré par une longue barrière de Cumulonimbus et de beaux flashes rosés l'illuminent régulièrement : mais bien trop loin pour que je puisse en faire quoi que ce soit...
Un peu déçu sur ce coup-ci. On ne choisi pas, mère Nature décide.
Suit le "no storm land" de juin 2011...
Le mois de juin s'avère ensuite pauvre en événements instables : ça tombe bien, j'étais disponible pour en profiter...
Une soirée faiblement instable le 13 puis une traine "molle" viennent tout de même entretenir le feu qui couve depuis deux semaines le 18 juin. Cette dernière ne délivrera rien de bien spectaculaire cependant, et je me limite à quelques prises de vue à domicile :

Puis après ces amuse-gueules et un petit orage le 22 juin au matin dans un MCS mourant, un nouveau vide orageux suit jusqu'au 27 juin. Puis tout bascule soudain pour un épisode orageux qui s'étendra de la nuit du 27 au 28 juin jusqu'au 29 au petit matin !
Et pour le découvrir, il suffit de suivre le lien.