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Saison 2011 (page 3)



Orages du 27 au 29 juin au matin : un bel épisode qui sent bon l'été !

Et comme les orages qui arrivent vont prendre leur temps, il s'agit de bien préparer le plan de cette traque pour qu'elle soit réussie.
Je pars une nouvelle fois en compagnie de mon copilote de choc Olivier MOMON, et nous décidons pour commencer de jeter notre dévolu sur la basse Normandie. Les conditions semblent idéales, le premier phénomène observé (de loin malheureusement) correspondant à la naissance d'une superbe supercellule sur Beauvais vers 19 heures ! Nettement visible à plus de 150 kilomètres, nous sommes motivés !
Cependant alentour le ciel est calme, même si quelques indices laissent à penser qu'il pourrait y avoir tout de même quelque chose d'intéressant dans la nuit qui vient. Nous croisons en effet par endroit quelques bancs d'Altocumulus assez évocateurs.
Comme il semble que l'on ai vraiment le temps... et que la masse d'air instable va entrer par le sud-ouest, nous nous plaçons plus près de l'endroit où ils pourraient débuter. Direction le Perche !
22 heures : ciel toujours très calme...Partis relativement tôt, le temps continuant de tourner lui, la patience du traqueur d'orages commence à être mise à l'épreuve.

22h30 : avançons encore un peu... Les radars de précipitations sur l'écran du portable montrent que les orages restent pour l'instant cantonnés au sud des Pays de Loire. Nous faisons une pose dans notre déplacement en direction d'Alençon :





Indubitablement, c'est instable. Mais pas trop tout de même... L'air est encore assez sec près du sol et quelque chose semble étouffer la convection en altitude.
Mais à 23h30, l'examen rapide des images radars change tout. Un amas orageux vient de se former brusquement et court de la Charente à Laval ! Et ce sont de jolies cellules toutes neuves qui arrivent. Le meilleur poste que nous considérions alors devrait se trouver dans les environs de Verneuil-sur-Avre. Nous cherchons un moment un point de vue dégagé vers le sud-ouest. Difficile tant la région est riche en petits bosquets et bois éparpillés... mais puisqu'il faut bien s'arrêter quelque part, nous atterrissons finalement à quelques kilomètres au nord de Piseux...
Maintenant, c'est l'attente... longue, interminable... qui va nous mener jusqu'à 1h15 du matin. Les premiers éclairs sont alors visibles. Beaucoup d'internuageux et quelques coups de foudre agrémentent la vision des longues rangées d'Altocumulus orageux.



Il semble que l'amas électrique nous longe par le nord-ouest. Nous restons en attente, quelques cellules en bordures semblant vouloir venir plus près de nous.
Le pari est le bon. Les orages approches finalement suffisamment, le tonnerre devient très présent, l'ambiance chauffe !
Mais il y a un mais : ces bosquets que nous avions redouté au départ n'arrangent rien. La foudre a comme toujours la bonne idée de tomber suffisamment loin, et surtout, elle aime se cacher derrière les bosquets :



Se posent donc 2 options : foncer au beau milieu des orages et tenter de profiter au maximum des cellules proches, ou patienter et surveiller l'évolution au sud, qui a des chances de donner quelques orages.
Un nouvel examen des images radars ne laisse pas de doute. Inutile d'aller se cacher au milieu de ces orages, ils sont en perte d'intensité, et cela au profit d'une nouvelle activation instable qui entre vers 3h30 au sud de l'Eure-et-Loir et du Loiret. Nous partons donc directement pour Chartres, voire Pithiviers.
La bonne option en somme. Un premier arrêt dans les alentours de Chartres nous permet de profiter de l'avant-garde d'une nouvelle ligne active passant finalement à moins d'un kilomètre de notre position :



Et puisque nous ne sommes, à 4h30, toujours pas rassasiés d'étincelles et de beaux nuages colériques, nous poursuivons notre course vers l'est et marquons un avant-dernier arrêt non loin de Voves...





Puis de Réclainville pour tenter de capturer la foudre devant le roi Soleil au levé, non sans un certain succès malgré l'encombrement de l'horizon par les nuées et les pluies orageuses :



Ces dernière prises du matin s'avèrent cependant bien laborieuses, la durée des temps de pose chutant rapidement sous la barre de la seconde. La vision de cette nouvelle ligne orageuse née sur le sud de l'Ile de France nous accompagne tout le retour vers Cheptainville.

La journée de travail qui suit ne m'assomme pas suffisamment pour que je rechigne à la traque de ce 28 juin au soir. Car là encore, un gros poisson semble bien pouvoir mordre au bout de la ligne du traqueur d'orages. Le talweg de la veille n'a que peu progressé sur le pays et le nord-est de la France sera du même coup envahit par une masse d'air surchauffée et humide à souhait.
Le départ n'attend pas. Le temps de retrouver Olivier et nous repartons de plus belle pour les contrées champenoises.
Je ne suis que de passage éclair chez moi pour récupérer mon matériel (Madame est vraiment d'une grande compréhension, j'ai une chance inouïe) et direction Sézanne cette fois-ci...
Nous arrivons aux alentours de vingt heures sur un point de vue dominant la campagne sud-champenoise, quelques kilomètres avant Sézanne. La chaude lumière de ce chaud soir d'été nous baigne et enchante la vision des champs de céréales.
Le ciel met son costume des jours de carnaval endiablé, hésitant entre soleil flatteur et nuages torturés, et modèle le paysage au grès de ses humeurs.



Au loin, plus à l'est, une grande bouche s'ouvre lentement.



Finalement, les nuages avalent le ciel goulûement...



Et cette boulimie leur vaut bientôt, sous nos yeux médusés, d'être rapidement victimes de forts ballonnements et autres manifestations de l'indigestion (mais point encore de météorisme... A prendre dans le sens qu'il vous convient).





La lumière s'emballe et joue avec les mammas puis les restes des moissons en contrebas.



Il nous apparait assez rapidement que notre situation géographique n'est pas nécessairement la plus heureuse. A L'est, un gros amas orageux qui remonte en permanence vers le nord, sans déborder vers nous. Au sud un autre amas orageux qui reste obstinément cantonné à la vallée de la Seine, autour de Nogent. Et à l'ouest, quelque chose qui pourrait bien devenir un gros amas orageux dans les heures à venir... Et dans ce cas, nous sommes coincés en plein milieu ! Perspective peu réconfortante : nous décidons de prendre un peu de recul et de rejoindre la bordure des orages situés non loin de Sézanne. Sur place, nous prenons plus au nord, direction Broyes. Ce ciel me parle !



Nous longeons un moment la côte viticole champenoise qui borde Allemant, à quelques kilomètres au nord-est de Sézanne : le point de vue est magnifique su toute la moitié sud de l'horizon ! Cependant, le ciel plus au nord-est encore retient d'avantage notre attention. Arrêt sur le versant mieux orienté, mise en place du matériel...



... et c'est parti !

Mais ce petit avant-goût ne dure guère. Et il faut commencer à s'inquiéter de ce qui vient du sud car le ciel au dessus de nous prend un aspect de plus en plus pesant. Nous remontons donc vers le centre du village et nous postons en bordure de la côte. La vue nous promet de belles choses pour peu que l'orage décide de passer devant nous.
Les impacts de foudre sont visibles au loin, mais l'orage est encore à plusieurs dizaines de kilomètres.



Un grand nombre de cellules actives forment un arc électrique qui nous encercle littéralement. Au sud, un peu plus proche.



Au fur et à mesure que l'onde instable approche par l'ouest, une forme surbaissée devient de plus en plus évidente en bordure avant du mur nuageux. A priori, c'est un gros poisson qui va nous avaler, et il faut s'attendre à un temps significativement violent à l'arrière.



Un arcus, ou un nuage en rouleau même parfois bien individualisé de la base nuageuse, se dessine enfin. A l'arrière comme prévu, l'Enfer :



Un impact vient soudainement frapper une petite colline qui se trouve à deux ou trois kilomètres en contrebas ! Olivier parvient à le capturer : une magnifique prise. L'activité orageuse vient de faire un bond de plusieurs kilomètres d'un coup.
Nous nous attendons donc à voir fleurir un nouvel orage juste devant nous, mais au lieu de cela... c'est au dessus de nous que prend la mayonnaise !
Tout d'abord, un premier claquage, venant des hauteurs d'un Cumulonimbus tout récent, résonne doucement à nos oreilles, une sonorité spéciale, lointaine, un peu métallique. La lueur venait d'au dessus de nous ! M'échappe un "Il est tant de plier et vite", ce à quoi me parvient la réponse classique : "J'fini ma pose !". Je décide de réorienter la voiture, pour essayer de profiter de l'usage du haillon et de pouvoir rester au sec et "à l'abri" avant l'arrivée du déchainement des éléments.
Second avertissement, le même coup de tonnerre, la même lueur, juste au dessus ! "Viiiiite !" Bon ne pas paniquer bien sûr, inutile de courir mais... Olivier à plié et range le matériel. Je pars plier le mien...

BrRrraOOUuuuummmmmmm !!!!



Première impression : comme des picotements dans le bras et les jambes. Le coeur qui part à 100 à l'heure ! Le réflexe : je me baisse d'un coup, et me retrouve presque en boule !
Le tonnerre secoue les alentours quelques secondes. Je repends doucement mes esprits. Ma pose n'est pas finie, pas grave, elle finira sans moi ! Repli généralisé : la foudre vient de tomber quelques trente à quarante mètres sur la droite, sur une antenne surplombant une maison. Tout ce que j'en ai capturé, c'est un petit bout de traceur qui pendait à quelques mètres au dessus de nous (en haut de l'image) !
Il me faut quelques minutes pour m'en remettre : nous avons eu de la chance en fait. Olivier lui, en a l'image imprimée sur la rétine pendant les quinze minutes qui suivent !

Inutile d'ajouter que la leçon est entrée : on bouge. Première idée (mauvaise bien sûr) : essayons d'avancer un peu pour trouver un poste d'observation plus au nord... Après deux kilomètres, arrivé en bas de la colline de Allemant, c'est un véritable déluge, une tempête, un carnage ! Des grêlons de un centimètre environ, drus, portés par un vent furieux et incessant nous arrêtent net. Demi-tour, il faut reprendre de la hauteur avant de nous retrouver en difficulté : nous sommes dans un creux, l'inondation guette.
Mais finalement, même revenu en hauteur à Allemant, l'orage est partout. Il est surpuissant et décape le paysage sur son passage. Des branches volent. La pluie se transforme en seaux d'eau qui refusent de prendre un angle de chute conventionnel, tant le vent souffle. Inutile de tenter de se mettre dos à la pluie donc, même cachés dans le haillon du Partner : l'eau est partout, il nous faut attendre que les éléments se calment.

L'ambiance est folle... non, la Nature devient folle.

Nous pourrons finalement en sortir après une grosse quarantaine de minutes. Retour entrecoupé de poses photos improvisées, mais le ciel est tellement encombré à l'arrière du système qui s'éloigne très vite, que nous mettrons fin assez vite à ces tentatives peu fructueuses.
Clap de fin sur deux jours d'orages forts intéressants et très différents sur les régimes instables qui les auront caractérisés : bien que tous deux étendus et assez intenses, celui de la veille aura été plus esthétique mais beaucoup moins dynamique. Une traque sur deux jours qui permet finalement d'avoir une idée bien diversifiée des orages croisant sur nos régions en période estivale.


Orages du 5 août : structures convectives en Brie

Après ces 2 jours d'orages violents, le ciel respire et aspire à un peu plus de calme... Mais dès ce 5 août, et malgré des températures fraiches pour la saison, un petit épisode instable se profile en début d'après-midi. Une traque orageuse improvisée entre Ile de France et Champagne s'ensuit, principalement dédiée à l'observation des structures nuageuses instables.
Ce n'est pas la vue des images des radars de précipitation qui pour une fois me décide à lever l'ancre. Le ciel au nord, vient de prendre une allure soudainement menaçante et l'averse qui vient de se former présente une base arquée et turbulente.



Intéressante en tout cas. Le soulèvement de la masse d'air près du sol semble tonique :



Pas besoin de plus pour me décider ! Un coup d'oeil aux indicateurs habituels de l'état de la masse d'air et départ pour l'est de l'Ile de France. Premier arrêt à quelques centaines de mètres d'Echarcon : l'averse a pris la forme d'un petit système linéaire qui balaye Paris et sa petite couronne.



Puis nouvel arrêt non loin de Brie-Comte-Robert, après avoir suivi ce mur de congestions qui ne cesse de grossir et de gagner en puissance. Je parviens à trouver un point de vue dégagé sur la route qui part vers Nangis et Provins. Il est tant car l'animal prend de la vitesse et j'ai juste quelques minutes pour l'immortaliser.



C'est un beau front de rafale qui circule devant mes yeux. La lumière revient rapidement par l'ouest, ce qui témoigne de l'étroitesse de cette lame convective. Je repars sur l'est, songeant observer l'évolution de l'orage.
Mon attention reste cependant perturbée par autre chose. Un orage beaucoup plus costaud semble résister quasiment depuis mon départ dans les environs de Sézanne ou Troyes : que faire ? Tenter de le rattraper, il a l'air assez lent ? J'opte un moment pour la surveillance attentive.



Mais en même temps, le ciel alentour continue à évoluer dans le bon sens. Un bel arc instable se forme rapidement à l'ouest de Nangis. Je pars donc pour la raffinerie, en songeant bien profiter de celle-ci pour tenter quelques compositions dont je n'ai pas l'habitude !
Arrivé sur place, un petit groupe de chevreuils m'accueille sous un ciel plutôt malade. A l'est, le beau Cumulonimbus reste vigoureux et je songe un instant m'en rapprocher :



Mais au dessus de moi, un autre théâtre semble se mettre en place et je reste du coup visé aux alentours de la raffinerie, en me disant qu'il y a là matière à faire un peu "autre chose" que ce que je compose habituellement.
L'arc nuageux s'est ramassé sur lui-même. il est étroit, mais la base nuageuse devient épaisse, lourde.



Je recule encore un peu plus à l'est. Les premières averses se déclenchent et jouent avec la lumière du Soleil.



Et brusquement, un fort surbaissement apparaît dans les environs de la raffinerie ! Sur le coup, je me dis que l'orage va éclater dans les instants qui suivent. Le nuage-mur qui se forme est impressionnant, tant il ressemble au soc d'une charrue prête à labourer la campagne !





Et pourtant rien... La mayonnaise ne prend finalement pas, l'averse s'effondre sans un coup de tonnerre, me laissant pantois et indécis. Que faire ? Partir vers l'est et rattraper ce fameux orage qui semble si tenace, ou tenter (et espérer) un dernier coup de chance avec ce qui m'a survolé ? Je repars pour Provins et stoppe quelques kilomètres à l'ouest de la ville. Le ciel reprend son air menaçant. L'arc nuageux s'est reformé et un nouvel avatar témoin de l'instabilité atmosphérique ambiante nait sous mes yeux.



Mais là encore, le rouleau qui vient de se former se déstructure rapidement, et l'averse qui suit n'est même pas significative.
Je songe rapidement que c'est en somme un peu l'arlésienne des orages de ce début août : quelques instances suggestives se présentent sporadiquement, et puis... non, rien. Je reste un moment à regarder l'état du ciel. La nuit sera bientôt là. Mis à part cet orage qui part maintenant sur le nord de Châlon-en-Champagne et commence à être un peu loin de portée pour un résultat trop hypothétique, tout alentour s'étale et disparait progressivement. Il n'en faut pas plus pour me faire comprendre que c'est la fin pour aujourd'hui : je décide finalement de plier. A quand la prochaine ?


Orages nocturnes entre le 21 et le 22 août.

Parti traquer une ligne orageuse bien électrique sur l'ouest de l'Ile-de-France, ces orages nous mèneront jusqu'à Sancerre.
Car au départ, il n'est pas franchement question d'aller courir bien loin chercher sa ration orageuse de la quinzaine... En fait les modèles numériques passent une bonne semaine à titiller le traqueur d'orages, le lançant tantôt dans l'idée d'un bel épisode orageux, tantôt dans l'incertitude la plus absolue. Les nerfs sont tendus mais finalement, une vague instable se dessine ce 20 août au soir lorsqu'un amas orageux pénètre dans les terres entre Bretagne et Vendée. Alors avec le père Moow, nous décollons, accompagnés de ma fille Mirabelle qui ne demande que pouvoir ENFIN pour une fois participer à ce genre de périple endiablé !
Mise en poste à Aunay-sous-Auneau, avec un point de vue plutôt bien dégagé dans toutes les directions et un horizon assez lointain... quelque chose que je ne m'attendais pas à trouver dans ce secteur.
L'orage prend un peu de temps à venir. D'ailleurs, les cellules qui circulent finalement devant nous refusent de s'approcher franchement. Mais le spectacle est magnifique, les premiers éclairs surgissent en environnement sec, puis les précipitations devenant intenses, ils éclatent comme c'est souvent le cas en bordure des rideaux de pluie.





L'église de Aunay-sous-Auneau constitue un décor intéressant. Et un orage passe lentement juste derrière.





La pluie envahi la masse d'air au nord, mais les cellules sont en phase d'essoufflement. Les coups de foudre s'effacent et ne subsistent que de gros flashes noyés sans intérêt photographique (mais l'ambiance reste captivante). Nous finissons par rejoindre Henri BUFFETAUT et quelques compères en repartant vers Sancerre. En effet, un nouvel assaut fortement instable s'est constitué entre temps sur les Charentes et remonte droit sur la région Centre. Sancerre pourrait se retrouver en bordure, et en air sec en plus ! Ni une ni deux !
Nous arrivons presque en même temps que les premières cellules instables. Nous nous installons sur les hauteurs habituelles, à l'ouest de la ville afin de la dominer ainsi que la campagne environnante.
L'ambiance est archi-pesante ! Le vent est furieux cette fois-ci. Les nuages qui avancent rapidement ont des bases basses et tourmentées, déchiquetées. Ils nous avalent rapidement... Cependant, pas de tonnerre, pas de foudre... Pourtant c'est énorme ! Les traqueurs d'orages ne ressentent pas la déception habituelle dans de telles conditions tant le décor est particulier.
Mais l'orage fini par gronder ! C'est le cri tonitruant des éclairs positifs et surpuissants qui raisonne d'abord, accompagné de quelques spiders spectaculaires, rampants sur nos têtes ! Le paysage s'illumine d'une puissante lueur violacée pendant 2 secondes pendant que je surveille l'antenne de l'émetteur face à moi, me disant que pareil éclair aime parfois finir avec un fracassant coup de foudre... Si c'est un superbolt qui tombe ici, nous allons être secoués !



Les conditions de prise de vue sont un moment trop mauvaises. Pluie forte, vent et surtout éclairs puissants et sporadiques, rendent la situation non seulement difficile sur le plan photo, mais également risquée. Repli dans la voiture... ce qui n'empêche pas Moow de capturer un bel éclair positif depuis l'habitacle du Partner !
Quelques minutes passent, puis nous pouvons sortir de notre refuge. Le spectacle prendra bientôt fin : l'humidité à envahi les basses couches de l'atmosphère. Et puis il est plus de 5h30 déjà, et ma fille a abandonné depuis un moment et dort sur la banquette arrière... dures les nuits blanches à 12 ans.


Episode orageux du 22 au 23 août...

...qui débute avec la formation d'une amorce supercellulaire dans les environs de Ablis ! La nuit qui suit sera "chargée", avec plusieurs vagues orageuses se succédant des Pays de Loire au Benelux.

Par contre, l'organisation laisse pour une fois à désirer. Censé retrouver Moow avant le départ, je dois finalement décoller seul faute de pouvoir le joindre (en même temps chercher à joindre quelqu'un sur son portable... alors qu'il l'a oublié chez moi !). Retour sur le point de vue de Aunay-sous-Auneau : une cellule étonnante arrive par le sud-ouest.



Base très dense et étendue avec une structure concentrique en surbaissement, rideau de pluie intense avec pied prononcé... Le radar de précipitation à ce moment là grimpe dans le rouge ! Supercellule ? Difficile de le dire sur le coup, mais l'analyse des images radars a posteriori me laisse d'avantage penser à une amorce supercellulaire non aboutie.
Cela étant, le spectacle est magnifique et fascinant ! De prêt, on dirait vraiment qu'un vaisseau amiral extra-terrestre est en train de survoler les Yvelines !



Le tonnerre gronde, mais reste en altitude. Quelques coups de foudre lointains éclairent l'horizon nord-ouest. Rien d'assez proche pour moi. Le vaisseau passe lourdement armé mais ne fait curieusement pas feu dans les environs. Je me repositionne un peu plus au nord pour l'admirer sur le flanc sud, avant qu'il ne parte au nord de Paris.



La cellule s'enfonce vers le nord. Pas question d'aller me gâcher la soirée en me perdant dans les bouchons autour de la capitale. Je rentre tranquillement... Il est probable que les choses n'en finissent pas là.
Moow me rejoint enfin et nous repartons rapidement pour la Normandie : un long bras pluvio-orageux s'étend jusqu'aux Landes et remonte plein nord. Nous nous positionnons d'abord au sud de Gaillon, non loin de l'A13. Ciel bas, foudre sporadique et noyée, vent et pluie...



Les conditions s'avèrent peu propices à la prise de vue. Repli vers le nord pour tenter de suivre la cellule qui vient de nous longer, mais les nuages bas ont vite raison de nous. Qu'à cela ne tienne, d'autres orages arrivent par le sud : direction Evreux, où nous songeons trouver un point de vue en surplomb au nord du terrain d'aviation. L'ambiance est cette fois-ci bien plus intéressante.
Les bases nuageuses sont tout d'abord assez élevées. La foudre éclate régulièrement et fréquemment sur une zone assez restreinte, en air sec.



Mais à l'arrière de cette bande d'aspiration intense circule pluies fortes et nuages bas une nouvelle fois.



Nous laissons finir la douche et remontons aux alentours de l'A13 photographier la cellule terminale de l'amas orageux alors qu'elle fuit vers le nord.



Il est 3 heures et demi. Mais la fatigue n'est pas encore au rendez-vous... En plus, une dernière langue orageuse vient lécher le bord ouest de la région Centre et se dirige droit vers Chartres, qui devrait même se trouver en bordure est au moment où elle transitera par l'Eure et Loir ! Et nous voila repartis pour la Beauce.
J'avoue ne plus trop savoir où nous avons décidé de nous arrêter sur ce coup là ! La Beauce, avec ses étendues infinies et ses villages qui finissent par tous se ressembler... Au point qu'après une nuit de traque orageuse et les yeux plus souvent tourné vers le ciel que le paysage (nocturne de surcroit), on perd facilement ses repères.
Cette dernière vague c'est faite attendre. Les premières images significatives n'arrivent pas avant 6 heures moins le quart. Le temps d'une petite sieste. Surtout des internuageux au départ, très espacés :



Avec des teintes diverses, le jours se levant franchement peu de temps après :



7 heures trente. Le temps de capturer quelques lointains coups de foudre, effacés dans les nuées brouillasseuses d'un petit matin humide et instable de fin août, il est alors tant de rentrer. Ce périple nous aura cependant bien récompensés. Malgré l'instabilité somme toute très modérée prévue par les modèles la veille même, la dynamique de la masse d'air aura permis d'entretenir un épisode d'une belle ampleur.


Enfin ! Un orage nocturne sur Bromeilles !

Cette nuit du 26 août me permet d'inaugurer enfin ce point de vue que nous avions dégoté avec le reste de la troupe de traqueurs d'orages de la région depuis l'an passé... sans avoir encore pu réellement se faire une idée de la qualité de ce perchoir pour un bel orage nocturne. C'est chose faite !

Les modèles entrevoient la possibilité d'un gros épisode orageux généralisé en seconde partie de nuit. Je me dis qu'il y a même quelque chance qu'il se solde par un épisode de type cévenol, indice que la saison va prendre fin dans mes contrées plus nordique. Alors je ne veux absolument pas rater ce dernier acte, et je ne suis nullement effrayé par l'idée de devoir me lever à 2 heures du matin pour partir à la rencontre de mon bouquet final 2011.
Départ : une heure trente. Que voulez-vous, l'impatience... C'est du costaud sur les radars ! En poste à 2 heures à Bromeilles, une magnifique ligne d'orages forts entre alors sur la région Centre et remonte le flux de nord-ouest assez rapidement. Mais il me faut cependant attendre les environs de 4 heures pour apercevoir les premiers flashes sur l'horizon sud. Les hostilités remontent par l'ouest dans un premier temps : les bases des Altocumulus me donnent un premier indice sur ce qui m'attend : ça sent l'arcus !
Bingo ! Celui-ci se matérialise rapidement sur l'horizon, qu'il barre du sud à l'ouest. Il semble d'ailleurs très bien formé et malgré les rares éclairs qui permettent de le dessinent par rétro-éclairage, je devine sans peine une lèvre énorme et menaçante déboulant vers moi à vive allure. Il reste difficile à photographier un moment. Quelques intranuageux finissent par me donner une occasion ou deux de l'immortaliser, avant qu'il ne m'avale tout cru.



Sur le coup, rien ne succède à son passage. Puiseaux subit quelques assauts électriques, mais rien de très méchant.



Cependant, le gros de la troupe pointe enfin le bout du nez. Et là, c'est une autre affaire visiblement ! Fort rideau de pluie étendu et incliné par endroit, foudre fréquente aux canaux parfois presque aveuglants, je commence à comprendre pourquoi cet arcus semblait si beau et surtout pourquoi il s'est retrouvé aussi distant de la force orageuse productrice. Il a été soufflé par les courants descendants, soulevant très violemment l'air à l'avant et le projetant ainsi comme avant-garde annonciatrice d'un grand chamboulement à venir.





Et il tient ses promesses ! Je me retrouve rapidement pris dans la tourmente. La pluie arrive brutalement, et avec elle un vent furieux et téméraire. Impossible de poursuivre ma séance de photos. Le trépied ne tient plus au vent, la pluie refuse presque de toucher le sol tant il souffle fort ! Je cherche une solution : retourner le Partner et me mettre dans le coffre comme je le fais souvent dans ces conditions, pour tenter de photographier le système de l'intérieur.
Mais le vent est si fort qu'il produit avec l'espace du coffre une aspiration qui fait entrer l'eau dans la voiture ! Une sorte d'effet Venturi finalement, une pompe à vide infernale qui m'oblige à constamment essuyer l'objectif de mon reflex entre chaque pose.
Dehors, le ciel s'amuse. La foudre aussi... avec mes nerfs ! Elle tombe à droite, à gauche, derrière, jamais très loin, parfois à moins de 500 mètres... mais refuse de tomber face à l'objectif, aux alentours de Bromeilles. Je me dis pourtant que ce clocher qui se trouve sur une proéminence devrait être une cible évidente pour la foudre. Pas une fois elle ne tombera dessus. Le village est épargné : c'est tant mieux bien sûr, je ne cherche pas le "reportage-catastrophe", mais en général, un clocher est protégé...



Je parviens tout de même à capturer quelques canaux sinueux à quelques centaines de mètres, toujours en contrebat de la butte sur laquelle est installé le village.
Les éléments se calment vers 5 heures. Dehors, tout est détrempé. La nature environnante a eu droit au grand lavage de fin d'été. J'admire encore un long moment cette grande ligne d'orages partir vers Paris, illuminée sporadiquement de grands éclairs internuageux et de spiders rosis par la distance. Le calme qui s'installe contraste violemment avec l'agitation qui régnait ici trente minutes plus tôt.



Une nouvelle fois, je rentre en cogitant ce constat : Mère Nature aime les surprises. Je m'étais préparé à un épisode certes agité, mais l'ambiance qui s'est installée était (malgré mes maintenant cinq années de traques assidues) totalement nouvelle. Sans doute en partie le fait de me retrouver seul finalement, dans un contexte où d'habitude je me débrouille pour partir avec un autre compère passionné. Seul face à l'orage, il prend une allure bien différente.



Episode orageux du 3 septembre.

Le dernier de cette saison 2011 pour moi, fortes précipitations et gustnadoes au programme.

Et anniversaire de ma fille également ! Il a donc fallu négocier dur pour pouvoir disposer d'un moment pour partir en traque. C'est pour ne pas changer en compagnie de Moow et d'un p'tit nouveau, Bruno GONZALEZ, que nous débutons cette traque alors que les radars de précipitation annoncent déjà la formation d'un bel arcus orageux s'étirant du sud Normandie aux Pyrénées Orientales. Nous choisissons d'abord de tenter notre chance dans les alentours d'Etampes et Ablis, pour nous décider finalement à remonter entre les deux, en direction de Dourdan.
Le ciel est bien menaçant. Les lourdes bases des Cumulonimbus naissants assombrissent brutalement le paysage alors que les premières averses et un petit front de rafale incisif se dessinent plus au nord et à l'ouest.



Les averses autour de nous se multiplient. Nous cherchons un point de vu favorable à l'observation de l'une d'elles, qui semble imposante et devrait donner rapidement de la voix. La foudre vient effectivement après un petit quart d'heure, mais elle est trop disparate et le vent se renforce brutalement, stoppant nette toute tentative de prise de vue. Nous nous regroupons sous le haillon du Partner (décidément, c'est bien pratique !) et observons les grosses cellules qui gonflent plus au nord, encore en ciel clair :



La situation ne nous est guère favorable. Et plutôt que d'attendre que cela passe et que la ligne orageuse nous échappe, il semble préférable de pousser un peu plus à l'ouest où les averses continuent de naitre sans pour autant former de gros amas pluvieux ingérable sur le plan photographique. Après la traversée d'un village inondé, nous stoppons quelques kilomètres au sud de Les-Granges-le-Roi : notre averse est visible à l'est, bien cossue alors qu'une autre nait au sud. Et il semble qu'elle va être imposante aussi !
Et c'est un déluge qui s'effondre devant nous : un beau pieds de pluie se forme même et persiste quelques minutes.



Peu de foudre cependant... La base sombre, plus à droite attire rapidement notre attention :



Cet appendice résulte d'une aspiration persistante qu'il convient de surveiller. Elle change régulièrement de morphologie, mais aucune rotation évidente ne se manifeste. C'est au moment où elle passe droit dans l'axe du sentier qui nous fait face qu'un mouvement ascendant brutal nait à son passage ! Gustnadoes droit devant !



Ces trois-quatre tourbillons (de plus près) persistent l'espace d'une dizaine de secondes. Je n'ai d'ailleurs même pas le temps de procéder à un réglage plus fin de la prise de vue après ce premier shoot "de secours" : le phénomène s'évanoui d'un coup.

La pluie approche progressivement, nous décidons de lever le camp. Une réactivation semble possible à l'arrière de cette première ligne orageuse, car de petits amas faiblement organisés survolent au même moment les Pays de Loire. Un second acte ne serait pas de refus. Nous repartons donc vers le sud, avec un dernier arrêt non loin de Authon-la-Plaine. Une petite ligne de congestions se forme à quelques kilomètres à l'est, et une tête cumuliforme plus vigoureuse en sort rapidement. Nous restons un moment dans l'expectative : que faire ? Il ne semble pas opportun de la suivre pourtant. Le dynamisme de la masse d'air sur les images radars semble d'un coup prendre un coup de fouet ! Cette petite ligne est finalement soufflée une fois passé Paris, au profit d'une autre, cinquante kilomètres plus au nord ! Finalement nous avons bien fait de nous abstenir.

Et cette fois-ci, la saison est bel et bien finie pour moi. Les tentatives repérées plus au sud ne prennent pas. La longue période froide arrive à grands pas avec cette dernière vague orageuse. Les orages de septembre sont tout de même plus rares autour de Paris. Et maintenant... mars 2012 ?





Date de dernière mise à jour : le 28 février 2016.
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