Saison 2012



L'automne météorologique de cette année 2011 n'en fini pas de passer, passer... Il dure jusqu'en fin décembre, période où enfin les températures vont descendre progressivement jusqu'à -12°C parfois sur Cheptainville entre janvier et février. Mais cette saison orageuse 2012 à l'heure où j'inaugure cette page (début juillet 2012) reste chargée de manière dominante des ambiances printanières que j'ai l'habitude de rencontrer avant la mi-mai. Non pas qu'il n'y ai pas eu quelques épisodes bien estivaux. Mais cette dominante, dynamique, aux ciels torturés et chargés de structures représentatives des orages de gros conflits atmosphériques où une masse d'air bien froide déboule du nord pour chambouler celle, plus tiède et tranquille, qui mijote sagement près du sol, n'a pas encore quitté mon domaine de traque habituel, qui s'étend pourtant sur une bonne moitié nord du pays.

Et après l'hiver, c'est le... week-end du 17-18 mars !

Et comme à deux c'est mieux, c'est en compagnie de Olivier Momon, alias Moow que je reprends les hostilités de mon côté. Pierre-Paul Feyte ayant inauguré de belle manière (comme il se doit) la saison 2012 de son côté, je trépigne à l'idée de voir remonter quelques miettes orageuses plus au 'ch-nord'... Notre petite traque locale nous promena de Marolles en Beauce jusque vers Etampes, où l'observation d'un petit front de rafale nous réchauffa le coeur malgré les températures de saison.





Pour une fois, je ne trouve pas mieux que le traitement en noir & blanc pour soutenir cette vision d'un ciel finalement bien gris...
Vient ensuite un mois d'avril chargé !

Dès le 3 avril !

Une goutte froide vient se balader sur l'Espagne avec en embuscade une belle descente d'air stratosphérique bien froid pile sur l'Ile de France. Résultat, c'est un petit système orageux qui part sur les Ardennes ! Plus près de mon terrain de chasse plus directement accessible, un petit orage assez intense sur le plan des précipitations se déclare. Mais je commence bien la saison, je suis coincé à la maison, réduit à observer le dense rideau de précipitations depuis l'étage.

Puis c'est au tour du 11 avril, où un ciel de traine s'installe durablement su la moitié nord de la France. Olivier Momon me rejoins et nous partons pour le nord des Yvelines où une lignes d'averses instables se dessine. Le ciel est vite bouché mais nous parvenons à profiter des dernières lumières à l'avant de la zone d'averses, non loin de Rambouillet.





Plus au sud, nous repérons un petit orage à l'est d'Etampes. La lumière qui nous accompagne joue avec les averses.



Ces dernières fleurissent en ordre dispersé...



...les structures nuageuses sont cossues, mais la dynamique de la traine reste localement "à la traine". D'un côté, les cumulifications grimpent péniblement à cinq ou six milles mètres...





... de l'autre, un bel orage approche par l'ouest et persiste, avec une base étendue et un bord de zone ascendante évoquant un front de rafale épais :



Mais une ligne de convergence qui se forme au dessus de nous dans le sillage de cette cellule étampoise que nous poursuivions nous empêchera de la voir correctement... Fin de traque à Bromeilles, sous les dernières lignes de Stratocumulus partiellement éclairées par le couchant.



Et le 14 avril, la traine est toujours là (et non ce n'est pas un sketch de Robert LAMOUREUX !) Je pars seul cette fois-ci, entre Etampes, Toury et Chartres. Quelques belles ambiances capturées mais les rares orages restent très sporadiques et à chaque fois trop lointains...





Une belle occurrence m'y aura d'ailleurs fait croire : une ligne de convergence se constitue entre Etampes et Pithiviers, avec de belles bases bien lourdes, assez impressionnantes pour la saison.



Mais mis à part beaucoup d'eau, peu d'électricité accompagnera ce gros avorton convectif. Je rentre néanmoins content de m'être aéré significativement : une petite promenade, ça fait toujours du bien !

Le 19 avril : ça, c'est de la traine !

On prend les mêmes ! Mais cette fois en plus tonique tout de même. Une traque sympa mais je pars en solitaire de nouveau.
Après un premier "ratage" sur le plateau situé à l'est de la Ferté Alais, où je me retrouve sous une enclume mourante, je me rends vite compte qu'en fait j'aurais mieux fait de partir plus au sud. Au loin pointent quelques belles enclumes arrivées fraichement à maturité, de quoi profiter encore un long moment de ce tonique ciel de printemps. Je repars illico, plein sud.
Arrivé non loin de Auvers saint Georges, je profite d'un petite pose photo...



Au même endroit que lors du passage de la traine de début mai 2010 !





Cette belle voile fibreuse me titille, je décide d'aller au plus près, avoir une idée de ce à quoi ressemble la base du Cumulonimbus responsable de sa formation. Ce qui m'amène à proximité de Saudreville :



Mais le bel arc nébuleux passe sans un bruit, et me laisse sur une impression de calme étrange... Ce n'est sûrement pas tout, mais que faire ? Le suivre ? Non, il commence déjà à s'étaler. Par contre, il semble que plus au sud, les choses deviennent plus sérieuses. Je me décide à partir un peu plus loin, pour me poser finalement au sud de Boissy le Sec.
Là, je vois enfin arriver une ligne convective bien plus étendue et organisée. Elle se prolonge au nord avec l'averse que je viens de quitter :



Alors qu'au sud, le ciel devient carrément tonitruant !



Une lèvre tendue vers le sol ourle l'entrée des ascendances. La foudre fini par faire son apparition... bien trop sporadique pour que je parvienne vraiment à en capturer une (et la seule qui entre dans le D200 est floue à cause de violentes rafales de vent).
Je reste trois bons quarts d'heure à la contempler, observation agrémentée d'une bonne douche froide et d'un shampoing-coupe-coiffage façon Toffsy. Les averses finissent par s'étendre et prendre un caractère plus stratiforme une fois passée l'Essonne. Je rentre sous de grandes et très basses enclumes, au travers desquelles le Soleil parvient à percer timidement ce qui donne parfois à la lumière et au paysage environnant une coloration dorée en faible luminosité. Je termine sur ces enclumes translucides et la vision de quelques mammas plus à l'est.



Et le 22 avril, la traine... traine encore dans les parages ! Même organisation que le 19. Mais direction Janvry cette fois... pour prendre une belle douche de grésil et plus rien. Y a des traques comme ça, je devais juste avoir besoin de me faire rafraichir un peu !
Pourtant cela aurait pu être plus simple, mais ma gestion de l'événement a laissé quelque peu à désirer... La vision première des averses approchant aurait due me décider rapidement !



Mais considérant que j'avais finalement le temps... je pars trop tard sur les environs de Saclay, essuie quelques minutes de grésil sous une ligne nuageuse bien sombre filant au nord-est à toute allure... puis plus rien ! Ciel bleu. Au retour, je ne peux plus contempler que les reliefs lointains des festivités, non sans me dire que "cette fois, on ne m'y reprendra pas !"



Et le 23 avril : ça se dynamise franchement ! Une perturbation bien active balaye la France en matinée. Juste derrière, un petit système convectif linéaire se forme à la faveur de la constitution d'un jet de basse couche survolant le quart NO du pays. Départ en solo (encore...) pour Etampes puis bifurcation pour Chaloux-Moulineux, où je prends le temps d'observer le petit système d'averses bien linéaire qui approche par l'ouest. Les images radars montrent une jolie barre étroite et intense de précipitations, et la foudre est visiblement de la partie.



Je reprends la route pour un nouvel arrêt en bordure d'un petit noyau convectif devançant le gros de la troupe : un petit rouleau apparaît juste en bordure de la base nuageuse... intéressant.



Il semble d'ailleurs d'après les images radars qu'il y a un petit point de cassure au milieu de la ligne, signe que de possibles phénomènes tourbillonnaires puissent apparaitre à ce niveau. Je repars alors entre Authon-la-Plaine et Angerville. Sur les lieux, l'orage arrive très vite, foudre noyée et éclatant au hasard, bonne douche de grésil voire petite grêle.



Et comme prévu, plus rien... J'essaie de reprendre l'avantage en retournant un peu plus à l'ouest. Mais le ciel entier me fuit. Je profite d'un passage non loin de Villeneuve sur Auvers pour photographier ce qu'il reste de l'orage,



puis me retrouve non loin de la Ferté-Alais, avec un ciel redevenu très calme, le Soleil jouant à cache-cache avec les petits Cumulus humilis résiduels



Bon on est que le 23 avril hein ! Pas de panique...

Puis le 29 avril, vient mon premier épisode orageux de soirée/début de nuit accessible de la saison ! Sauf que je pars de nouveau en solo, précipitamment (boulot oblige), et que j'arrive systématiquement à la fin de la bataille... Un orage fuyant à Meaux, un autre mourant à Sézanne, tenté depuis Château-Thierry. Et la patience me fait défaut aux alentours de 21h30 alors que je me trouve non loin de Reims, à Aougny. C'est au retour aux environs de Meaux, que je constate qu'une ligne orageuse (et très pluvieuse aussi) éclate à l'est de Reims... Bilan : 0 ! Retour à deux heures du matin, pour un spectacle sympa à l'oeil, mais rien dans la boite...
Une situation du mois d'avril pas facile à anticiper...

Le 5 mai : la saison s'installe.

Je rate bien sûr l'épisode de la veille, le 4 mai, sans doute très intéressant sur le plan des structures nuageuses. Xavier DELORME ne le rate pas lui et c'est tant mieux pour lui, et surtout... pour mes yeux !

Par contre je réserve ce 5 mai avec Olivier MOMON à la traque des orages qui pointent progressivement au sud de l'Ile de France. En gardant un oeil sur une ligne de convergence qui semble vouloir s'établir à l'est de la capitale, nous commençons notre périple atmosphérique en partant en direction d'Etampes. De là, nous pouvons observer deux orages bien matures sur Orléans et Châteaudun.



Les enclumes, surtout pour celle qui est sur Orléans, sont très étendues ; ça souffle là haut ! Comme à l'habitude dans ce genre de jeu du chat et de la souris, le chat doit prendre une décision : partir vers le sud à la rencontre de ces cellules, ou faire confiance aux modèles numériques qui prévoient que les festivités vont ensuite se poursuivre sur l'est de Paris ? Bien que ces deux montagnes vaporeuses nous tentent bien, il semble plus sage de partir vers l'est francilien, pour tenter de cueillir les fraiches nuées convectives qui pourraient fleurir de ce côté-ci de notre terrain de jeu.
De plus, nous avons de grosses incertitudes sur le fait que les choses continuent comme nous le souhaiterions ici. Les cumulifications à l'avant des orages semblent peu enclines à partir dans la stratosphère. Quoi que...



En route pour Montereau-Fault-Yonne, diverses manifestations instables nous accompagnent :





Cependant nous passons Montereau et restons interrogatifs. Bon choix ? Les radars semblent nous donner tord au départ : les orages se sont réveillés sur le sud de l'Ile de France ! Et c'est dense ! Cela étant, nous repérons une base nuageuse, un peu plus loin au nord-ouest de notre position :



Direction Nangis ! Je songe un moment à la raffinerie. Un petit orage dans les alentours me dirait bien.
Nous nous retrouvons finalement... sous la ligne de convergence qui prenait à l'est de Paris quelques heures plus tôt, et elle a pris de l'ampleur ! D'ailleurs, elle nous salue avec un premier tuba ! Nous avons à peine le temps de trouver une route un peu dégagé (pour être repérables de loin) et prendre une photo du phénomène déjà sur la fin :



Mais nous roulant encore moins d'une petite dizaine de kilomètres qu'une nouvelle trompe descend vers le sol ! Et cette fois c'est un événement d'une longévité suffisante pour parvenir à gérer à peu près dignement (reste juste le paysage alentour, avec ses éternels fils électriques) :



Légèrement sur la droite de celui-ci, un filament nuageux tente régulièrement de reproduire l'exploit sans transformer l'essai.
Le tube se rétracte. Nous poursuivons vers Nangis, puis bifurquons vers l'est à la recherche d'un point de vue dégagé vers le nord. Arrêt juste à l'entrée de la Croix en Brie.
Une averse toute neuve vient d'éclore sous la ligne de convergence.



Un front de rafale mal dessiné apparait rapidement en bordure du Cumulonimbus...





... et juste derrière, une forme tournicote, se tortille, s'épaissit. Là encore, rien n'en sort franchement, mais cet appendice difforme nous tient en halène un moment (les fils électriques... sur le coup je n'y avais pas prêté attention : dommage).



L'orage prend rapidement de l'ampleur et s'étend. Nous décidons de passer de l'autre côté de la ligne de convergence, sous le mastodonte, pour avoir une idée de ce qu'il pourrait y avoir derrière... ça sent l'arcus.
Traversée humide et kéraunique : les éléments sont en colère, le tonnerre se fait entendre et l'ambiance est comme il se doit, bien pesante. Nous arrivons tout de même, après quelques égarements routiers et ralentissements de rigueur (il en faut toujours un ou deux l'or d'une traque orageuse, sinon c'est trop facile, si si c'est vrai...) "de l'autre côté".

Et là !



Le front de rafale est encore devant nous, mais la voute turbulente est là, au dessus de nos têtes, et il semble qu'il sera difficile de rattraper l'animal. Nous tentons tout de même l'affaire et filons en direction du nord, pour Coulommiers, puis Château-Thierry, puis encore... Mais nous devons finalement stopper car la course n'est pas équitable. Nous on ne peut filer en ligne droite, et nous devons stopper aux feux, péages... Et nous sommes à peine parvenu à passer devant le front de rafale, qu'il nous rattrape déjà. Il n'est d'ailleurs plus très structuré et le ciel à l'avant est brumeux et la lumière fade et sans contraste. Il est tant de saisir un dernier panorama de la scène.



Cette balade orageuse fini un peu plus au nord, entre Château-Thierry et Soissons avec le retour du Soleil. Une traque en tout cas bien diversifiée sur le plan des structures orageuses observées, ne manquait plus que la foudre dans la boite. Mais ça, je ne le sais pas encore, ça va me prendre du temps cette année.

Le lendemain 6 mai est le jour de l'orage improbable de la saison... Et oui ça aussi c'est un incontournable de toute saison de traque réussie (enfin... presque). Une nouvelle en solo... pas loin fort heureusement. Un timide orage nait dans l'après-midi aux alentours d'Orléans et glisse vers l'est assez rapidement. Pas moyen de rester juste à regarder les radars de précipitations et les cartes foudre s'animer... Je veux voir ça de plus près ! Départ pour Bromeilles.
En arrivant sur place je me dis que ça peut même valoir le coup de descendre encore un peu plus au sud... Pour manquer de me faire littéralement avaler par l'averse (ourlée d'un petit front de rafale assez compact), ce qui est loin d'être le but de l'opération !



Retour précipité sur le point de vue de Bromeilles dans le quart d'heure. Mais l'orage mourra rapidement, avant qu'une autre cellule n'éclate un peu plus tard aux environs de Montargis. Trop loin pour que je puisse en profiter davantage.



L'enclume à l'arrière, s'étire sur une grande distance. Les pluies stratiformes qu'elle génère dure, perdure, sans fin... Mais la lumière du Soleil vient finalement illuminer la scène et lui donner une couleur plus chaude qui lui manquait.



La balade aura été jolie avec son lot de lumières post-orageuses et de structures instable plutôt impressionnantes.

Le 20 mai, je rate un bel épisode avec un fort potentiel. Les orages, dont une magnifique supercelllule (fort bien pistée par Bruno Meignen et Vincent Häfliger) éclate vers Troyes alors que, traversant la Bourgogne, je ramène ma petite famille de week-end en Ardèche avec d'énormes Cumulonimbus fort bien structurés au dessus de la tête (en ébullition de frustration)... 2011 bis, où de beaux épisodes orageux m'avaient nargués sur la route du retour de week-end familiaux les 24 avril et 4-5 juin... La poisse en somme.

Le 26 mai : traque entre Montluçon et Moulins

Mais je peux finalement me refaire une santé orageuse ce 26 mai. De beaux orages sont entrevus sur le centre de la France dès le début d'après-midi. Départ en compagnie d'Olivier Momon et de ma fille Mirabelle, tout droit pour Montluçon ou Moulins, à voir en fonction de la situation à notre arrivée sur la zone concernée.
C'est une belle et chaude journée de printemps. Tout le long de la route, des formations cumuliformes évoquent sur notre flanc ouest la ligne de convergence qui devrait se former en fin d'après-midi. Avec les kilomètres apparaissent finalement des structures bien plus avancées :



Des orages qui n'étaient pas franchement attendus finissent d'ailleurs par éclater en Normandie... Si nous avions su ! Mais qu'à cela ne tienne : nous arrivons non loin de Moulins et le ciel est magnifique ! Belle grande enclume au sud avec de beaux mammas bien lourds pendant vers nous :



Tandis qu'à l'ouest, la ligne de convergence mijote tranquillement :



Ce gros noeud qui apparait dans la corde convective nous décide rapidement. Pas la peine de rester sous l'enclume, on veut de la lumière et des nuées toutes neuves. Nous reparons donc vers Montluçon illico. En route, le noeud devient soupape !



Changement de programme : il semble plus intéressant de partir pour l'ouest de Vallon en Sully. Un petit arrêt en cambrousse, la mayonnaise prend bien.



Un arrêt supplémentaire encore un peu plus loin, le Cumulonimbus est arrivé à maturité depuis un petit moment.



Nous finissons dessous ! C'est un orage faible et de peu d'intérêt sur le plan structures une fois vu de près. Le tonnerre est assez peu fréquent. Par contre au nord-est, une cellule qui avait commencé à prendre sur la Nièvre depuis notre départ mais en laquelle nous ne croyons pas qu'elle tiendrait longtemps... nous a bien fait mentir !



Nous nous décidons tout de même à revenir un peu plus près de Montluçon. Le petit orage nous surplombant donne des signes de renforcement au sud et il est peut-être intéressant d'avoir une vision un peu plus dégagée vers l'alimentation du molosse. Retour vers Montluçon...
Arrivés vers Vallon, il nous faut un point de vue d'urgence. Ce qui vient du sud est finalement bien plus tonique ! Une base nuageuse dense et étendue, avec une petite excroissance sur le franc ouest qui descend plus bas... Très bas même ! A plusieurs reprises, nous entrevoyons entre deux bosquets d'arbres nous bouchant occasionnellement la vue, quelque chose qui ressemble à un énorme tuba !
J'enrage un moment : pas moyen de se garer correctement dans ce pays, c'est incroyable ! Finalement, nous trouvons un petit chemin à travers un pré, juste à côté d'une maison. Les occupants sont médusés par notre arrivée, déboulant à toute allure avec notre barda. "Hé ! Regarde ! Des chasseurs d'orages !" lance l'un d'eux. C'est assez amusant sur le coup. C'est en tout cas l'occasion d'échanges amicaux avec les gens du coin, toujours quelque chose de fort sympathique et parfois enrichissant sur les spécificités météo locales.
Mais la discussion est de courte durée. L'animal au sud, ne se fait pas oublier longtemps.



Le tonnerre et les premiers éclairs visibles nous le rappellent. Ces derniers restent toutefois suffisamment distants, et surtout inaccessibles pour qui ne dispose pas d'un dispositif de déclenchement adapté (autre que son doigt sur le déclencheur).



Le renflement sous ce qui rappelle à droite un front de rafale ou même finalement, la base d'une alimentation, refuse de repartir vers le bas : plus de tuba. Pas contre, l'ambiance, oppressante et sombre, laisse présager un orage violent sur le plan des précipitations. Nous décidons, au passage des premières bases et à la levée du vent, de ne pas rester sur place et tenter un repli plus au nord-est. D'une part, peut-être avoir la possibilité de le devancer et d'une autre, profiter des occurrences orageuses qui devraient maintenant se déclarer sur la région située plus au nord de Moulins.

Notre galopade vers l'est sera ponctuée de moult tentatives, parfois fructueuses dans l'interception de cellules orageuses qui seront plus pluvieuses qu'électriques dans la majorité des cas. Certaines cependant, nous offriront un beau spectacle nocturne agrémenté d'arcs électriques puissants et de coups de canon remuant la campagne alentour.



Cette première belle traque nocturne de la saison fini sur les coteaux ouest de Moulins avec l'observation d'une ou deux cellules modérément fortes s'échappant vers le sud-est. Retour vers Chept' accompagné d'un orage mourant sur Bourges.
La saison semble être bel et bien partie pour moi, il était tant !

Le 27 mai : pschitt à domicile !

De beaux petits orages de marais barométrique éclosent entre Essonne et Yvelines en fin d'après-midi. Je pars donc pour une mini-traque, toujours en solo malheureusement, entre Etampes et Ablis.
Mais avec un premier arrêt juste à la sortie de Cheptainville, pour immortaliser la vision de ce petit amas convectif encore jeune.
Il s'agit d'un petite convergence locale, avec un petit Cumulonimbus déjà bien formé sur le sud :



Et un autre qui peine un peu au départ, un peu plus au nord.



Mais qui démarre vite finalement. La ligne de convergence est magnifiquement matérialisée dans ce bel atmosphère bien bleu et dégagé alentour :



Je descends donc jusqu'à Etrechy, puis je bifurque direction Chauffour. Second petit arrêt, la ligne a quelque peu évolué et le Cumulonimbus de droite s'est effondré. Mais pas pour longtemps dirait-on :



La convection à son emplacement reprend de plus bel, et fortement comme en témoigne les pileus qui se forme à son sommet régulièrement :



Je fonce droit vers Ablis. C'est par là bas que les choses vont se jouer dans l'heure qui suit. Ce Cumulonimbus devient vraiment très intéressant, avec une magnifique structure et une alimentation qui grimpe tout droit et sans faiblir.



De plus, l'autre averse est en phase d'étalement. Je prends encore quelques images et panoramas...





Puis je repars aussitôt vers Ablis... puis Rambouillet. Mais trop tard ! Et c'est bien dommage, car une surprise aurait pu m'attendre en dessous. Un autre traqueur d'orage yvelinois a effectivement dépisté un tuba sous cette belle alimentation.

Le lendemain, 28 mai : nouvelle petite offensive, avec beaucoup d'eau entre Milly la Forêt et la Ferté Alais !
C'était d'ailleurs prévu. Ce qui ne m'a pas empêché d'aller avec la petite famille faire un pique-nique impromptu en forêt de Fontainebleau. Un fois celui-ci terminé, nous avons juste le temps de faire une petite balade entre les pins, pour noter finalement que le ciel prend une tournure plutôt "déconseillée" pour les balades en forêt !
Retour à la voiture illico... juste quand les premiers coups de tonnerre se font entendre. Quel timing ! L'orage arrive sur nous. Le temps de se dégager de la zone d'averse et je peux noter plus à l'est, que la convection se généralise.



Madame est au volant. Pas super marrant comme situation, car ce sont des trombes d'eau qui s'abattent sur le petit plateau situé à l'est de la Ferté-Alais. La route est fréquemment inondée (sans doute plus de 10 cm d'eau par endroit !).



Aussi une fois tout le monde à l'abri à la maison, je repars de plus bel pour Bromeilles, qui semble encore relativement bien placé. Je vois en cours de route gonfler un petit Cumulonimbus, qui au final compose une belle coiffe pour le village beauceron.





Mais la convection ne tient pas avec l'arrivée du soir. Retour par Videlles, sous une petite averse et une jolie lumière déclinante.



Le 2 juin : mon premier gros MCS de la saison.

Et bien humide, comme il se doit ! C'est d'ailleurs une traque finalement décidée un peu au dernier moment car je ne la voyais pas se prolonger autant dans le temps.
J'ai d'ailleurs commencé par ne pas trop considérer la situation, me disant d'après les modèles que tout se passerait de jour et que rien de bien structuré ne prendrait forme. Et puis, la journée était réservée à la visite du musée de l'aviation du Bourget, pour les p'tits loups...
Sauf que le ciel m'en avait déjà dit trop sur place...



... Et que du coup, une fois de retour, je me colle de nouveau devant les modèles. "Ce n'est pas bien franc, mais ça se tente... Et puis cela semble d'ailleurs vouloir se concrétiser entre Pays de Loire et Basse Normandie, alors rien à perdre !"
Direction Beaugency et sa centrale nucléaire ! Sait-on jamais...

En route :



Le ciel mijote doucement. Les bancs d'Altocumulus castellanus se succèdent.



Comme toujours dans ce genre de situation, il faut savoir être patient. Et puis seul c'est dur...
Seulement coup de bol, je ne suis pas seul ! Je rencontre sur place Cyle, un fan de météo du coin qui a lui aussi décidé de tenter cette chasse. Et cela tombe bien car une belle cellule remonte de Tours, droit sur Blois !
Nous passons un moment fort sympathique à échanger sur cette passion commune que sont les orages, en attendant que notre proie approche... Sauf qu'elle aura la sotte idée de mourir en arrivant sur la ville.



Clap de fin pour elle. Je sens comme une pointe de frustration monter. Je n'ai pas eu ma dose ! Les radars sont univoques : "Si tu veux de l'orage, faut bouger !". Au choix, le Centre aux alentours de Châteauroux (Henri et Cyril sont par là-bas), ou plus au nord, vers une ligne d'orages qui a pris sur la Sarthes et qui à l'air bien puissante ! Mon choix est vite fait, Vendôme étant bien plus proche. Bien que ne connaissant pas le coin (les cartes me parlent de petites vallées un peu trop encaissées à mon goût), je me résigne tout de même à tenter l'aventure. Mais je ne vais pas bien loin, et m'arrête dans les environs de Saint Bohaire, au nord de Blois.
De là, je vois clairement le sud de cette ligne orageuse rageuse. La cellule qui se trouve au sud est une véritable pile électrique, des flashes et des éclairs en sortent en permanence.



Pour l'instant assez lointaines, elle s'approche doucement...



...puis finalement trop vite ! Je n'ai même pas le temps de chercher un nouveau point de vue plus dégagé vers l'ouest qu'une nouvelle cellule est déjà sur moi ! Elle ne délivrera pratiquement que des éclairs intra et internuageux :



(ça, c'est pour m'appendre à tenter la foudre, verticale, alors qu'il n'y a plus que des internuageux... Dommage, il eu été joli en format paysage).



(Et là, ben j'ai eu du boulot, car je n'avais pas fait attention à un réseau de fils électriques, qu'il a fallu que je supprime. Image significativement retouchée donc...)



L'ensemble de la masse d'air prend localement l'allure d'un énorme chaudron atmosphérique. La moindre nuée part en averse orageuse, le MCS se constitue définitivement... Et il avance vite ! Avec la foudre qui ne se forme quasiment qu'à l'avant, j'ai peu de temps pour tenter encore quelques prises. Je file plein est, en direction d'Artenay, puis de remonter au nord, sur le point d'être englouti par le paquet d'averses.
J'atterri entre Boutervilliers et Boisy-le-Sec. Sous des trombes d'eau, je déplie le matériel et essaye quelques dernières prises. Je pointe vers un coup de foudre tonitruant qui vient de claquer à gauche... pas de bol, le suivant éclate devant moi. Pas facile de trouver la prochaine cellule qui disjonctera. Je parviens tout de même à capturer quelques impacts et intranuageux mal camouflée, dont cet impact à arcs subséquents multiples qui m'éblouira presque pendant plusieurs secondes !



Le retour se fait sous la pluie accompagné de quelques impacts noyés et de flashes s'éloignant rapidement. Je ne suis pas bien loin de la maison, c'est le bon côté de la chose, car il est déjà 4h30 du matin, et je fatigue.

Une nouvelle occasion orageuse se présente à moi la nuit du 17 au 18 juin, mais il va falloir être patient car les premiers éclairs ne devraient pas pointer le bout de leurs traceurs dans mon secteur avant cinq heures du matin d'après les modèles numériques. Je prépare tout de même tout le matériel, radioréveil à quatre heures, les modèles (GFS principalement) prévoient de jolies choses en sud Ile de France ! Sauf que... Madame me réveille à 3h30, les orages sont déjà ici... pas le temps de partir et me poster correctement. Flop-traque... Ben oui fallait se lever à 2h. Dommage car il y avait de belles choses sur le sud Essonne. Olivier Momon lui, ne les a pas ratés.

Puis c'est la nuit du 20 au 21 juin qu'il me faut suivre ! Un peu le même topo sur le plan horaire d'ailleurs. Alors là je ne voulais pas me planter mais par contre, la situ était bien moins franche... Décollage à 3h15 pour Authon la Plaine puis Sainville.

Résultat : un bel arcus et que des éclairs intranuageux. Mais une ambiance très intéressante d'orage de toute fin de nuit !



A la levée du jour, il reste encore quelques miettes électriques et un joli rouleau compresseur barrant la moitié du ciel.



N'ayant pas la possibilité de partir en traque le jour suivant, je capture tout de même depuis mon lieu de travail l'arrivée des orages de l'après-midi. Au programme : à l'avant, un front de rafale mal structuré sur Paris (mais qui prendra de belles formes sur la Champagne), une bonne mais courte douche, et plus rien.



Nuit du 28 au 29 juin : un bel épisode nocturne

Beau mais pas simple à gérer... Car comme souvent cette année, je suis obligé de partir tardivement. Avec dans l'idée de me positionner vers Troyes dans un premier temps car GFS prévoit du gros en milieu de nuit sur le nord de l'Aube. Mais je change d'avis au dernier moment : direction Reims finalement. Alors que je prends le volant, je constate qu'un amas instable assez tonique a pris au nord de Paris et part tranquillement vers la Champagne. Sauf que je ne vais faire que courir après, les cellules les plus à l'ouest s'étalent au fur-et-à-mesure que j'approche...
Pourtant tout le long du chemin le ciel me laisse espérer.



La grosse enclume à gauche fini pourtant par se désagréger et de nouvelles cellules orageuses se déclenchent plus au nord. Il me faudrait déjà être entre Reims et Ardennes pour que cela vaille le coup.
Je décide alors d'un autre coup à tenter. Direction Châlon-en-Champagne : il semble que quelques débordements convectifs veuillent finalement s'installer sur l'est de la Marne, les radars se réveillent lentement et quelques points bleus se forment sur place. Et là aussi le ciel est plaisant et favorable.





Je reste un long moment à admirer les nuées sur l'ouest de Châlon. Cependant, je suis peu convaincu que quelque chose de significatif sorte réellement de ces avatars nuageux pas franchement énergiques et peu enclins à grimper dans les hauteurs.
Plus au sud, à l'est d'Auxerre, de nouvelles cellules viennent relever les troupes qui campaient encore plus loin. Bon, c'est donc plus au sud que je devrais me trouver... Vers Troyes (ben voyons) ! Redépart, plein sud.
Sur place, je cherche un point de vue qui me permette de profiter de l'approche des orages sudistes. L'idée me vient de tenter les abords des lacs de la forêt d'Orient ! Je me positionne proche de l'évacuation nord du lac du Temple. Mes orages arrivent... Mais pas de chance, ils ne monteront malheureusement pas jusqu'aux lacs. Je les observe, lointains sémaphores clignotant et circulant du sud vers l'est, sans réduire la distance à moins d'une trentaine de kilomètres environ dans le meilleur des cas.





Je suis quelque peu déçu par ce coup de malchance. Le point de vue sur le lac aurait pu donner des images intéressantes. Le ciel me rejoue momentanément le coup du "si tu m'cherches, tu m'trouves"...



... puis les nuées les plus proches se dissipent... sans que je prête bien attention à ce qui vient derrière !
Je redescends finalement de la digue artificielle. Il va falloir songer à rentrer a priori, les derniers orages sont passés à l'est, pas la peine de tenter une course poursuite dans laquelle je ne serai pas gagnant.
Sauf que... une fois arrivé à quelques kilomètres au nord de Troyes, un premier flash, assez puissant me fait presque sursauter !
Les orages éclosent finalement sur Troyes même vers 1h ! Du coup, panique ! Où vais-je me poster pour essayer de profiter de cette nouvelle ligne instable, totalement inattendue, qui vient de se déclarer. Je cherche un moment la route du moulin de Dosches, sans la trouver. Du coup, arrêt au premier point de vue (a priori) potable... Et là je ne trouve rien d'autre sur le coup que les abords d'une ligne très haute tension !
Les premiers coups de foudre sont fréquemment noyés ou cachés derrières de denses rideaux de précipitations :



Et les orages circulant vers le nord, mon point de vue finit traversés par... les fils de la ligne électrique qui me surplombe (et lance, à la faveur des coups de foudre et du vent, moult grésillements et claquements inquiétants). Inutile donc de préciser que ces images ont demandées un travail important de retouche, les câbles métalliques étant très mal placés dans la composition.



Je "sauve" la soirée ainsi, mais il aurait été possible de faire bien mieux : je me rends compte une fois l'orage suffisamment éloigné, que je n'étais qu'à quelques centaines de mètres du superbe point de vue du moulin que je cherchais quelques heures auparavant. Je shoote encore quelques images de lointains crépitements kérauniques...



... et je décide qu'il est temps de rentrer. Le dépit m'ôte jusqu'à la motivation de visser le 90 mm sur mon second boitier, tant la soirée a été difficile et ma gestion de l'épisode peu satisfaisante. Et puis, il est trois heures trente.
Retour vers cinq heures à la maison, avec des orages faibles naissants sur le sud et l'ouest Essonne. Je trouve encore un peu de courage et tente d'intercepter une cellule faible dans les environs d'Etampes... qui s'effondre à mon arrivée... "Bon aller, stop pour cette traque". Il faut savoir s'arrêter.


Par ici, la suite de cette année 2012...


Date de dernière mise à jour : le 28 février 2016.
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